mercredi 27 janvier 2010

Regroupement de vidéos sur l'autisme

Une famille de six enfants autistes http://health.discovery.com/tv-specials/other-videos/amazing-families-vod-autism-family.htm Voici mes vidéos de sensibilisation à l'autisme :
Avril 2012


2011- MIeux comprendre le trouble envahissant du développement




2010-Autostimulation chez l'autiste


L'auto-stimulation chez l'autiste by mamaly04


Décembre 2009 - Autiste ? Enfants avant tout !


Décembre 2009 - 11 minutes dans le monde de l'autisme

Janvier 2009 - Message d'espoir - Tommy



Septembre 2011

Une série de vidéo à voir : http://health.discovery.com/videos/autism-today/





Ajout février 2011 :


Comme une bombe from Petits Trésors on Vimeo.

Ajout mars 2010 :





Voici différents vidéos fait par d'autres parents :

Ajout 2010-01-28
Detecting autism before age 2  - À voir, il y a des explications sur les signes entre enfants typiques et TED et exemples !

Watch CBS News Videos Online

Autism screening - le CHAT en vidéo, pour mieux comprendre



Ces autistes sévères qu'on croyait déficients, un superbe vidéo d'espoir !

Autisme mode d'emploi - activez les sous-titre pour la traduction



Daniel autiste - 0-4 ans



Vidéo de Stephan Blackburn - Dieu merci les autistes sont là


Dieu merci ! Les autistes sont là ! from Stephan Blackburn on Vimeo.

Autism is not sad


À voir absolument - comparaison de comportements entre NT et TED
http://www.autismspeaks.org/video/index.php - séries de vidéos sur l'autisme

L'autisme - parlons-en !

L'autisme - parlons-en! from Guylene Dhormes on Vimeo.

Images de sensibilisation

Autisme et TED - Images de sensibilisation from Guylene Dhormes on Vimeo.

mardi 26 janvier 2010

Sur pause

PAUSE !

C'est le sentiment que j'ai de ma vie actuelle.

Ce message je le partage, ça parle un peu de moi, pour faire changement !


Avant d'avoir les enfants j'avais des projets. J'avais déjà mon idée comment je voyais mon futur.

Trois enfants. (quatre était mon idéal mais pas celui du papa) Je me voyais au travail et ensuite maman à la maison après la naissance du troisième. Je me voyais ouvrir éventuellement une garderie en milieu familial.

Tout a basculé à la naissance de ma fille. Difficultés d'intégration à la garderie, ma carrière tombait rapidement sur pause, 2-3 ans plus vite que prévu.  Entre les deux premiers je n'aurai travaillé que quatre mois à temps partiel et plus du tout par la suite.

Tommy est né, et la minie par la suite.  Je n'envisageais plus nécessairement de laisser mon emploi. J'aurais aimé trouver un compromis, moins d'heures semaines et recommencer le travail un peu avant les deux ans de la minie.

Ce qui devait arriver arriva... Tommy a eu son diagnostic, les démarches de la grande ont débuté et la minie grugeait toute mon énergie restante, rendant un retour au travail à ce moment impossible.

J'ai laissé mon emploi...  ça a été difficile, je l'appréciais beaucoup et oui je l'avoue sans hésiter que parfois ça me manque.

Alors que la minie n'était pas encore née, je m'étais trouvé une passion pour la maternité.  J'ai décidé de suivre une formation d'accompagnante à la naissance et j'aurais aimé suivre cette voix. Tommy avait à ce moment 7 mois et nous étions loin de nous douter de ce qui nous attendait.

Encore une fois, la même chose que pour mon emploi s'est produit et j'ai laissé tombé. Manque d'argent, manque d'énergie, manque de temps.

Ma grande commence l'école en septembre cet année. Mon garçon devrait commencer la garderie (temps plein ou partiel ce n'est pas encore décidé) en septembre aussi. Je vais me retrouver à la maison, seule avec la minie et probablement une éducatrice 12hrs semaine.

Vous comprendrez que nous ne sommes pas non plus riche ! Notre situation financière est très ... limite... juste ce qu'il faut pour arriver.. et certains mois, on arrive pas.

Je me sens donc coupable. Je me sens coupable de ne pas amener de sous dans le foyer. Je me sens coupable d'être à la maison avec les enfants alors qu'il semblerait que la garderie serait la solution pour leur développement (en partie là ! pas totalement)  Je vois arriver septembre rapidement... et je ne sais plus. Je me sens coupable de probablement être à la maison avec la minie seule en septembre... sans autre enfant, sans revenu, à quoi bon ? Un milieu stimulant serait mieux pour elle non ?


Ma vie se dirige vers quoi ?  Je me sens sur pause. J'avais des projets, des projets abandonnés.


Une garderie comme mon projet initial ?  J'ai maintenant à peine l'énergie pour m'occuper de mes loups, comment ferais-je pour gérer ceux des autres entre les "probables" rendez-vous, déplacements de tout genre ?

Retourner au travail dans mon domaine? Ça exige trouver une garderie pour tout le monde, retrouver un rythme de vie qui n'était pas agréable du tout avec des horaires de fou dû au voyagement. Même si j'adorais mon travail, je n'y étais pas heureuse physiquement (problèmes de dos, maux de tête plusieurs semaines par mois, insomnie...)

Accompagnante ? Alors qu'en 2007 c'était peu connu, l'accompagnement à la naissance est devenu une vraie mode, presque tournée au ridicule (désolé si j'insulte quelqu'un ici ce n'est pas le but) alors que toutes les nouvelles mamans veulent maintenant suivre la formation et être accompagnante. J'aurais adoré recommencer ce cheminement, mais je ne suis pas certaine qu'il reste vraiment de la place dans ce marché saturé, qui exigerait une disponibilité que mon chum ne peut avoir.


Je sais une chose. Je ne peux retourner dans un travail de bureau.  Je n'ai pas l'énergie pour partir mon projet de garderie tel que désiré depuis toujours, mais j'aurais bien pris un ou deux enfants. Par contre les exigences des parents semblent aujourd'hui très élevées face à celle qui "garde" leurs enfants et je ne suis pas certaine de vouloir m'y plier pour le moment.

Je sais que je veux aider. Une des choses qui m'avait le plus attiré dans l'accompagnement à la naissance c'était le désir d'aider et d'informer les gens. De les informer pour qu'ils puissent être maître de leurs décisions.

Je suis aussi analyste dans l'âme (certains l'auront peut-être remarqué !!), raison pour laquelle je travaillais en informatique programmation et analyse !


Tous les soirs, j'écris ici, je fais des lectures la plupart du temps sur les troubles de développement. C'est ce qui m'occupe présentement.  Mes autres passions sont sur pause. Je ne me sens pas mal pour ça ne vous inquiétez pas... mais je me cherche.

J'aimerais bien trouver le moyen de repartir, de ne plus être sur pause... mais pour le moment je n'y arrive pas... je n'arrive pas du tout à voir vers quoi ma vie se dirige.

lundi 25 janvier 2010

Les doutes s'envolent



Un petit peu à la fois.


Les doutes. Vous savez, ces doutes quand on commence des démarches. Doutes à savoir "est-ce que je me trompe", "est-ce que ça va passer?" ... peu importe les doutes qui peuvent nous traverser l'esprit à ce moment.

Quand j'ai commencé les démarches d'évaluation de la minie, des doutes, il y en avait une tonne !

On parle d'une petite qui semblait bien se développer... Qu'est-ce qui se passait donc avec elle ? Qu'est-ce qui me mènait à consulter ?

J'ai fait les démarches au privé. Avec des doutes.

Les plus gros doutes que j'avais étaient concernant l'évaluation au privé. Est-ce que je "forcerais" un diagnostic malgré moi ? Pourquoi ne pas attendre au public ? Est-ce que je vais sans le vouloir influencer un diagnostic qui s'avèrerait erroné ?

La minie est embêtante, je le répète à chaque fois que je parle d'elle ici. Elle a des particularités fluctuantes.

La minie je le dis encore, n'est pas comme son frère... et donc, pour des parents avec un enfant autiste sévère, les doutes s'installent.

En novembre, alors qu'elle n'avait pas encore 25 mois, l'écart et les difficultés de la minie n'étaient pas SI apparentes pour nous. Un enfant peut très bien avoir quelques petites difficultés et les rattraper soudainement.

En novembre, la minie affichait quelques particularités... mais pas tant que ça. Les doutes étaient là...et si je faisais tout ça inutilement (et on sait qu'au privé ça coûte $$$$$)  ?

Comme j'ai spécifié dans un précédent message, des études ont démontré que les traits les plus "évidents" d'un trouble envahissant du développement apparaissent généralement entre 2 et 3 ans. Avant, les professionnels doivent se fier surtout sur le retard du langage, difficultés d'interaction et de communication.

Les traits "évidents" d'un trouble envahissant du développement, c'est un peu ce qui enlève, un à la fois, les doutes. Les doutes où on se dit "peut-être qu'on se trompe".

Pour la minie, les traits "évidents" sont apparus peu de temps après le début de mes démarches, peu de temps APRÈS SES DEUX ANS.


Les alignements

Je me rappelle de mon premier rendez-vous chez l'orthophoniste, elle me demande si la minie fait des alignements ou est attirée par les choses lumineuses, qui tournent. Je réponds sans hésitation NON.

Deux jours plus tard ? La minie fait son PREMIER alignement, devant moi, alors qu'on travaille les demandes avec les casse-têtes. Elle tourne à l'envers chaque morceaux et les aligne. Je suis litéralement bouche bée. Surprise de la voir faire, je pense à un hasard.

Hasard qui finalement n'en est pas un. Je regarderai même un vidéo que j'avais filmé avant ce premier alignement pour constater qu'elle regroupait déjà un peu ses objets, mais c'était passé inaperçu.

Hasard qui aujourd'hui fait parti de son quotidien. Elle aligne les casse-têtes, les bonhommes, les cartes, les autos... et j'en passe.


Les maniérismes, mouvements stéréotypés etc..

Avant de débuter les démarches je n'avais pas vraiment remarqué. Je ne cherchais pas non plus de "problèmes" à ma fille donc je ne scrutais pas ce genre de choses. Les maniérismes m'ont été pointés par certains personnes lors du visionnement des vidéos que j'avais préparé pour expliquer mes inquiétudes et que j'avais apporté à l'orthophoniste. Les quelques personnes ont tous vu la même chose. Maniérismes au niveau des mains et des doigts, regard en coin et une sorte de flapping "atypique"... seulement avec sa main plutôt que le bras au complet qu'on voit dans le flapping typique du TED.

Pour moi ce n'était pas si évident si on compare à Tommy qui fait énormément de flapping et bats des jambes. La minie ne le fait pas. Par contre, aujourd'hui quand je la regarde aligner ses objets, là où Tommy ferait du flapping, elle joue avec ses doigts, les bras près du corps, lèvres pincées. C'est toujours le même regard, le même comportement lorsqu'elle termine un alignement.


Le trouble de langage

En novembre, la minie avait pour moi un RETARD de langage. Elle n'avait pas beaucoup de vocabulaire, commençait tout juste les phrases de deux mots, mais ne communiquait pas avec nous. Dans ma tête c'était un retard.

L'orthophoniste au premier rendez-vous a tout de suite remarqué l'écholalie. Oui j'avais vu qu'elle répétait, mais pas tant que ça et je mettais ça sur le dos de l'écholalie d'apprentissage. Ce n'était pas encore très clair, elle en faisait un peu, avec de la "persévération" (répéter un mot ou une phrase sans arrêt).  Le soir quand je suis revenue chez moi j'ai "allumé".  La minie répétait toujours les mots plusieurs fois. "veux veux veux" "auto auto auto".  L'orthophoniste et le neuropsychologue en viennent au même constat... elle fait de l'écholalie, persévération et a un trouble de communication évident. Son langage est stéréotypé.

En novembre, elle n'avait pas beaucoup de vocabulaire. Comme plusieurs enfants, ça a débloqué... et depuis ce temps ce langage stéréotypé est rendu ÉVIDENT. Elle répète, répète toute la journée, tout ce qu'elle entend. Elle fait de l'écholalie immédiate et de l'écholalie différée (qui je l'avoue me fait sourire régulièrement !).  Le trouble de langage est bel et bien réel.


D'autres comportements sont apparus graduellement. La façon dont elle fait rouler les voitures, la tête collée sur la table pour regarder les roues, et sûrement aussi apprécié la sensation du roulement en faisant aller l'auto en va et vient. Quand elle dessine, encore la tête collée sur la table, à regarder la mine du crayon !

Ses difficultés sociales. Les acquis qu'elle gagne et perd. Le bye bye qui est si difficile malgré que je le travaille avec elle maintenant depuis 3 mois intensivement. Je travaille l'arrivée de papa, le départ de la visite... et ça reste si dur pour elle. 


La minie a maintenant 27 mois.  Trois mois sont passés depuis le début des démarches, trois mois pendant lesquels... les doutes... un petit peu à la fois... s'envolent.



* Ne pas oublier que je parle des doutes d'un "faux" diagnostic, et non des doutes sur le futur de la minie... seul l'avenir nous dira ce qui nous attend pour elle... je ne mets aucuns doutes sur ses capacités et les grandes choses qu'elle pourra accomplir. *

samedi 23 janvier 2010

L'HIVER

Ahhhhh ce bel hiver Québécois !




 Avant d'avoir des enfants j'appréciais quand même bien l'hiver. Enfant je pouvais passer des heures à patiner au parc devant chez moi. J'adore la sensation de bien-être lorsqu'on entre d'une belle heure dehors, rafraichit par l'air pure de l'hiver.

Avec des enfants typiques, l'hiver peut devenir frustrant les premières années selon le caractère de l'enfant. Certains aimeront ça, d'autres non. Pas besoin que l'enfant ait un trouble diagnostiqué, pour que l'hiver tant aimé tourne parfois au cauchemar.





Par contre, généralement on parle du cauchemar des deux premières années ! Celle où c'est dont compliqué mettre l'enfant dans son banc d'auto avec la grosse suit d'hiver qui prend toute la place. Celle où bébé est inconfortable et arrive à peine à bouger. Celle où l'enfant ne comprends pas que garder les mitaines dans les mains est préférable pour ne pas avoir froid.


Habituellement (je dis bien habituellement), après 2 ans, l'enfant commence à apprécier un peu plus l'hiver. Commence à comprendre le plaisir de se rouler dans la neige, faire un bonhomme de neige. Apprécie les promenades de traineau.

Les parents commencent à ce moment à réfléchir aux sorties, glissades, patinage peut-être l'année suivante ?

L'enfant commence à savoir quoi faire dehors !



Cet année c'est le premier hiver "autonome" de ma grande. Celui où je n'ai pas "trop" à me battre pour l'habillage et celui où je peux la "shipper" dehors seule sachant qu'elle va savoir comment s'amuser dans la neige ! ENFIN.  Je me rappelle des années précédentes où la pauvre chouette avait peur de seulement "piler" sur un banc de neige ! Elle paniquait à chaque fois qu'elle calait dans la neige.






L'hiver dernier a été long. Je l'ai passé majoritairement à m'arracher les bras à tirer le traineau, seule activité qui nous permettait de rester dehors sans une crise après 15 minutes.

Cet hiver la minie est plus grande, j'avais donc espoir que ça se passe mieux et pour l'instant on s'en sort assez bien.

Le début de l'hiver n'a pas été sans embûches par contre. Surtout celle des bottes d'hiver. Après 2-3 tentatives avec les grosses bottes pour jouer dehors, j'ai dû me résigner à acheter des bottillons à la minie. Elle hurlait d'être prise dans les grosses bottes. Comme il ne faisait pas encore froid, jusqu'avant Noël, je n'avais pas essayé les grosses bottes pour Tommy. Horreur ! Il a hurlé AVANT même que j'aie le temps de lui essayer. Rien à faire je ne peux pas lui mettre. J'ai dû encore une fois me résigner à l'achat de bottillons.  On va laisser faire les sorties dans les plus gros froid alors ! Heureusement cet hiver je suis présentement gâtée pour la température.

Sortir dehors dans la neige avec les enfants est plus simple, par contre ils ne savent pas plus quoi faire rendu dehors. Ils sont plantés debout, à regarder partout... tombent par terre, pleurent (surtout la minie).

J'ai eu la joie, une journée où la neige était molle, de voir Tommy prendre plaisir à faire le tour de la cour, et rire quand ça calait un peu ! Une première à 3 ans et demi !

Bien entendu je ne suis pas rendue aux projets de patinage, on repassera notre tour une autre fois ! Si la santé peut nous le permettre on profitera plutôt des glissades grandement appréciées l'année dernière. (non pas eu le temps encore d'y aller!)

Cette année je suis tout de même contente de pouvoir sortir les enfants, sans trop de larmes, même si ils ne savent pas comment s'amuser.





Cette année la température me gâte au point où hier j'ai pu joindre le meilleur de deux mondes... Celui de l'air frais de l'hiver, une belle heure dehors... et des enfants plus qu'heureux lorsque j'ai pu déneiger les balançoires pour qu'elles soient utilisables ! Un bon moyen de rester plus d'une heure dehors... sans crise de larmes.






vendredi 22 janvier 2010

La minie, les rapports et la suite...


Plus d'un mois d'attente. Avec Noël, les congés, les rapports devaient arriver seulement en janvier... et ils sont enfin là !

Même si on sait déjà pas mal tout ce qu'il y a à savoir, lire les rapports et le voir par écrit officialise beaucoup de choses et permet de pouvoir commencer les démarches suite au diagnostic.

J'avais peur que les rapports ne décrivent pas bien notre situation. Probablement parce que je suis habituée aux rapports super détaillés du centre de pédopsychiatrie. Quand on paye cher au privé, on a comme une petite inquiètude d'avoir mal investit notre argent.

Finalement, j'ai 8 pages de rapport. C'est quand même complet je trouve. Ça décrit pourquoi on a consulté, nos observations, leurs observations, l'ADOS, L'ADI-R, le développement cognitif, la conclusion et recommandation. J'ai 3 pages de l'orthophoniste.

J'avoue que ça m'a un peu fessée de voir le tout sur écrit. Pour moi elle n'est pas si pire si je compare Tommy qui est autiste sévère non-verbal, mais pour eux elle a quand même une atteinte sévère.

Tommy était évalué à 9 mois de compréhension, elle se situe entre 12 et 18 mois, tout dépendant de l'outil utilisé. Avec le PEP-R que j'avais simulé à la maison, je la situais à 14 mois, l'orthophoniste, sans être précise la situait à 18 et le neuropsychologue la situait à 12 mois (griffith test), bref c'est dans les environs de. L'expressif se situe dans les environs de 18 mois (orthophonie), mais reste que sa communication est très pauvre, oui elle a le vocabulaire, forme des phrases mais en terme de communication c'est loin d'être de son âge. C'est une grosse partie de l'écholalie (elle a aussi commencé l'écholalie différée il y a quelques semaines). C'est un retard sévère là aussi.

L'ADOS elle cote au-dessus du seuil critique de l'autisme pour toutes les sphères. Son diagnostic TED n'est pas spécifié... il préfèrait attendre une réévaluation avant l'école, mais elle cote autisme à l'ADOS et ADI-R. Elle a les maniérismes qui ont été noté (regard en coin, extension des doigts, flapping atypique (qui s'intensifie je trouve d'ailleurs surtout quand elle est contrariée)

Pour ce qui est de l'autonomie c'est semblable à son frère au même âge. Lors de l'évaluation de Tommy, le vineland le mettait en retard pour l'autonomie. Selon mes observations, elle est au même stade que son frère. Elle a un retard semblable à Tommy en ce qui concerne la motricité globale. L'évaluation d'ergothérapie sera à faire.

Alors c'est une étape de faite officiellement. Je ne sais pas à quoi m'attendre dans les mois à venir, je suppose que ça va se préciser. Tommy c'était pas mal plus clair. Pour la minie le portrait me semble à moi trop flou, étant donné la comparaison que je ne peux m'empêcher de faire avec son frère.

Nous entrons maintenant dans une nouvelle phase, celle des papiers, des demandes de toutes sortes. Je vais attendre impatiemment que la demande soit transmise au CRDI et prier qu'ils ne me causent pas de problème pour accepter la demande de service. Je suis comme une "pionnière". Les diagnostics TED posés par un psychologue (ou neuropsy) ne sont permis que depuis décembre. Le CRDI a donc la décision finale à savoir si l'évaluation est suffisante et fiable pour qu'ils acceptent la demande.

Par moment je trouve ça difficile avec la cocotte. Depuis le début je vous la décrit comme une enfant dont les particularités sont fluctuantes, et ça continue. Des jours elle semble vraiment réceptive et avec nous, d'autres c'est difficile.

Elle perd parfois des acquis. Comme si un apprentissage lui faisait perdre des choses qu'elle savait. Elle pointait bien, c'est rendu difficile, je dois encore plus deviner ses besoins. Par exemple, hier elle voulait des biscuits. Elle vient me voir, dit biscuits, biscuits en regardant un peu partout, me tire par la main et m'amène proche de l'endroit où étaient les biscuits. Moi je la connais, je savais ce qu'elle voulait, mais mes tentatives de lui faire le demander correctement ont échouées. Elle tournait sur elle-même, se balançait, répétait biscuit mais n'arrivait pas à rendre sa demande plus précise, ne me regardait pas et ne pointait pas en direction de la boite. Je travaille intensément le bye bye depuis des mois. Certaines semaines on dirait que c'est acquis, et la semaine suivante c'est à recommencer.



Les questionnements me traversent l'esprit. Je n'arrive pas à comprendre ce qui se passe avec ma cocotte. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi je vois son développement comme dans un film, vous savez la scène où il y a un gros plan sur la personne et que tranquillement pas vite le plan s'éloigne de plus en plus. C'est comme ça que je me sens avec une petite puce, pour qui je ne sais pas du tout à quoi m'attendre !

lundi 18 janvier 2010

Pourquoi je ne l'ai pas vu venir ?

C'est une question qui traverse l'esprit de la plupart des parents en démarches pour un diagnostic, ou qui ont obtenu le diagnostic récemment. La question mène souvent à la culpabilisation. Pourquoi je n'ai rien vu ? Pourquoi je n'ai pas remarqué l'évidence ?  On se sentira coupable du temps "perdu" à ne pas avoir été assez "vite" pour remarquer qu'il  y avait un problème.

Lorsque les spécialistes nous mettent devant les particularités de notre enfant, que les tests montrent à quel point les difficultés sont évidentes, on se sent comme si on avait été aveugle.

Pourquoi ? Pourquoi ce qu'on a pas vu nous semble si évident par la suite ?

Prenons au départ les "caractéristiques" les plus communes de l'autisme. Celles qu'on retrouve un peu partout sur Internet...  qui je l'avoue ne donnent vraiment pas le portrait global de ce qu'un TED peut être.


SIGNES LES PLUS CARACTÉRISTIQUES DE L'AUTISME :

- Il est fasciné par les objets qui tournent

Vous avez peut-être vu votre enfant être "un peu" fasciné par les objets qui tournent.  Il s'amuse. C'est un bébé. Avant deux ans, on le voit comme un petit bébé qui y a trouvé un intérêt sans que ce ne soit nécessairement envahissant.  On pense alors au cliché autisme : "ben non un autiste, il regarderait le fan tourner pendant des heures, pas seulement 5 minutes."

Votre enfant n'a peut-être pas eu du tout cet intérêt (comme c'est le cas de la minie). Ce n'est pas une "obligation" à l'autisme ou au TED. Certaines études démontrent aussi que les plus grands signes de l'autisme, les plus flagrants et inquiétants apparaissent pour la plupart APRÈS 2 ans.

- Il obtient des résultats inégaux dans les mouvements précis


L'enfant peut paraitre maladroit (exemple tomber souvent), avoir une démarche particulière, avoir un peu de retard au niveau de la motricité fine et global.  Puis alors ?  Je ne connais pas beaucoup de parents qui se questionnent à 18 mois sur la démarche de leur encore "bébé".  Ma minie a une démarche particulière, ça ne m'a jamais sauté aux yeux pour autant.  UN je ne m'y connais pas en ce qu'est une "démarche normale", DEUX, elle n'a que deux ans, pourquoi je me demanderais si sa motricité, sa coordination est normale à 2 ans ?  Tommy courrait et tombait beaucoup. Il est maladroit tout simplement.

- Il ne craint pas le danger

Quel danger ?  À la lecture de ce critère on pense, il n'est pas conscient du danger des marches ? de la piscine ?  La minie savait à 14 mois qu'il fallait être prudent devant des marches et Tommy aussi (je ne me rappelle plus l'âge).  La grande a 20 mois par contre se lançait dans le vide devant des escaliers, sans la conscience de la chute qui l'attendait.  On devra les ramener à l'ordre parce qu'ils vont dans le milieu de la rue. Suis-je censée savoir à quel âge c'est normal ou pas ? Les dangers ça s'apprend, alors où voir qu'il y a une inquiétude ?  L'enfant apprend comme tous les autres alors on ne s'en fait pas avec ce critère.


- Il établit difficilement des contacts avec autrui

Il est indépendant. Il est timide. Ça ne lui tente pas aujourd'hui.
Surtout pour les mamans à la maison, on ne voit pas nécessairement ce qui "cloche" autant que des enfants dans un groupe à la garderie. Il est moins sociable que les autres, il passe pour un peu peureux ou sauvage, point. À la maison ça va bien, il établit un bon contact avec maman et papa (ou pas ça dépend). On fait des jeux, on joue à coucou, on joue à la poursuite...


- Il établit difficilement le contact visuel

Honnêtement, entre nous. Combien de fois dans une journée vous êtes vous questionné sur le contact visuel de votre enfant ?  Moi, avant mes enfants et de m'y connaitre sur le sujet ? JAMAIS.  Tommy jouait avec nous, avec un contact visuel par moment, assez pour que je ne remarque pas vraiment les fois où il n'était pas là. La famille ou les amis vont le penser encore une fois timide tout simplement, ou indépendant.


- Il est hyper actif ou hypo actif

C'EST UN ENFANT !  Il est tranquille (hypo) qui va se plaindre ? Je suis certaine qu'il va avoir ses moments plus actifs dans la journée. Il bouge beaucoup ? Il a de la vie, il est heureux, de bonne humeur.


- Il s’adonne à des jeux obsessionnels

On parle ici d'aligner les objets, d'être rigide et toujours avoir le même jeu de façon répétitive. C'est une des caractéristiques qui appaitra pour plusieurs enfants, selon les études, après deux ans. Ce fut le cas pour mes enfants. Les deux ont commencé les alignements, les rigidités dans le jeu après deux ans. Avant rien n'était assez flagrant pour qu'on se pose la question. Encore ici, en étant à la maison ça parait moins qu'un enfant à la garderie. Notre enfant a ses intérêts, on ne se questionne pas vraiment sur "le problème" avec ses intérêts et jeux.

Tommy avant deux ans aimait mettre des objets un par dessus l'autre. Pas une pile parfaite, n'importe quoi sur n'importe quoi. Je ne me suis pas demandé si c'était normal.  La répétition, les alignements, les particularités sont venus après 2 ans. Il a commencé à aligner ses céréales, une céréale par barreau de chaise. Il a commencé à jouer à lancer les cailloux sur le patio pour le bruit que ça faisait, lancer le sable comme stimulation.  La minie a commencé à aligner quelques semaines après le début de mes démarches, vers 25 mois. Ses rigidités dans le jeu sont apparues vers 22 mois mais je ne me suis pas posé de questions. (elle voulait toujours jouer assise à la table... et puis? qu'est-ce que ça dérange?)


- Il éclate de rire sans raison valable

C'est un enfant, encore là dans le jeune âge, comment peut-on juger de  ce qui est drôle ou pas pour eux ? Il rit dans des situations étranges, c'est seulement mignon mais surtout IL RIT... quoi de plus plaisant. Et on pense au cliché... "Un autiste qui rit ? Qui est de bonne humeur ? Ben non il devrait se balancer dans un coin."


- Il semble être sourd

Personnellement je n'ai pas vraiment remarqué. Non il n'était pas avancé au niveau des consignes, répondre à son nom, mais je mettais ça sur le compte du "il est un peu en retard, c'est pas grave, ça va débloquer". On le croit indépendant. Il est occupé, ça ne lui tente pas de répondre, il n'a pas entendu... Pour la minie, c'est fluctuant et encore une fois ce n'est pas un critère absolu et obligatoire dans le TED.

- Il résiste aux caresses


Non. Mes enfants ne "résistent" pas aux caresses. Je n'aime pas ce critère qui comme pour les dangers n'est pas assez précis. L'enfant TED peut être très affectueux (même trop, toujours chercher le contact), il peut ne pas rechercher le contact sans réagir ou il peut mal réagir si on essaie d'avoir un contact avec lui.  Tommy et la minie était dans le "sans réagir".  Je ne vois pas pourquoi je me serais posé de question à 18 mois à ce sujet, moi non plus je n'aime pas faire une colle à n'importe qui !

- Il fait des crises de larmes, est désemparé sans que l’on sache pourquoi

Ah ! Ça oui !  C'est un enfant, il a des peines, on ne comprend pas toujours pourquoi. Il fait des crises imprévus. C'est un enfant un peu plus difficile, ça va passer ! (se dit-on)


- Il résiste aux méthodes conventionnelles d’enseignement, présente des anomalies du langage (écholalie, absence de langage)

Oui, mais rare qu'on le réalise avant 2 ans et peut-être plus tard selon le sévérité du diagnostic de l'enfant. On remarque un retard de langage (comme plusieurs enfants normaux). On remarque qu'il ne s'intéresse pas aux mêmes choses que les enfants de son âge. (il est un peu différent sans plus).

La minie répétait (en écholalie) mais à 18 mois, ce n'était pas assez prononcé pour que je puisse douter que ce n'était pas de l'écholalie d'apprentissage.  (écholalie d'apprentissage = bébé de 11-12 mois qui répète les mots qu'on lui apprend. Écholalie non fonctionnelle = "c'est quoi ça ?" réponse du bébé = "quoi ça")


- Il semble insensible à la douleur

Ici ça peut être aussi le contraire. Il peut réagir trop fort à un simple frôlement. La pensée qui a dû traverser l'esprit des parents concernés ? Il est fait tough (pour un enfant insensible) ou il est "moumoune" (pour un enfant hypersensible) !


- Il résiste aux changements de routine

Mes enfants ne sont pas très rigide aux routines. Je réalise par contre que ça peut être très subtil et on ne s'en rend pas toujours compte, puisque nous avons nous-même des routines. Qui sont les premiers à instaurer la routine, bain, histoire, dodo ? Ce sont les parents. On la refait jour après jour. On ne pense pas la changer, donc avant qu'on réalise que l'enfant réagit mal si on y déroge ?

La minie est celle qui semble le plus réagir aux routines. Du moins à 14 mois et encore jusqu'à 20 mois c'était ma constatation. Par contre, je ne trouve pas que c'est SI envahissant que ça et quand on lit encore une fois sur le sujet, on tombe sur des exemples parfois terrorisant, qui nous fait dire "Ah non c'est pas ça ici !"


- Il préfère s’isoler

Il préfère jouer seul. Il est autonome c'est agréable non ? Encore une fois en sortie, il est seulement timide, plus gêné que les autres enfants. Il ne connait pas la grande tante là-bas donc préfère se tenir à l'écart. Qui ne reconnait pas l'enfant tout à fait "normal" d'un ami ?


- Il exprime ses besoins par des gestes

On dit dans la documentation TED, que l'enfant a un retard de langage qu'il ne remplace pas par le langage non-verbal ! Et ici on dit qu'il exprime ses besoins par des gestes !  Vous êtes mêlés vous ? Moi oui. Je comprends la nuance après beaucoup de lecture, mais ce n'est pas le cas des parents qui commencent tout juste à se renseigner sur le sujet.

Un enfant TED aura un retard au niveau de l'acquisition du pointage.  Il a un retard de langage(ou pas, encore une fois c'est variable). Lorsqu'on parle qu'il exprime ses besoins par des gestes, c'est surtout qu'il nous utilise. Il nous prend la main, la pose sur la poignée de porte par exemple pour aller jouer dehors. Ou nous pose la main sur l'interrupteur pour qu'on ferme la lumière. Il exprime son besoin par un geste NON CONVENTIONNEL.

À 9 mois, la minie me prenait la main, l'ouvrait et me mettait un jouet dedans pour me le montrer. Mon garçon a ce moment qui avait 2 ans,  ne faisait AUCUN geste. Alors c'était impressionnant pour moi de voir la minie insister pour me donner un jouet. Elle partageait, pourquoi je m'en ferais avec la façon dont elle partageais ?



Alors vous avez vu la liste DE BASE... qui se promène partout sur Internet. Une liste assez de base, pour que plusieurs parents d'enfants TED (non nécessairement autiste) ne soient pas certains du futur diagnostic de leur enfant. Une liste où TOUT peut être expliqué par autre chose qu'un trouble.

La liste ne parle pas de degré. La liste ne parle pas des nuances et subtilités dans chacunes des caractéristiques. La liste ne décrit pas le petit TED de haut niveau, qui a développé un assez bon langage, n'a pas de retard de développement apparent.

Alors pourquoi vous n'avez rien vu venir ?

Parce que quand vous regardez votre enfant, vous voyez UN ENFANT. Un enfant qui est un être unique, qui peut avoir ses petites difficultés comme n'importe quel autre enfant. Un enfant qui va "débloquer" avec le temps.

Vous n'avez rien vu venir... parce que vous n'étiez pas renseigné, parce qu'on ne peut pas tout savoir. L'enfant n'arrive pas avec un guide d'utilisation. Il n'arrive pas avec un "check engine". C'est à nous d'y voir et sans connaissances suffisantes, tout s'explique par le développement d'un enfant "normal", un peu différent.

Vous n'avez rien vu venir, parce que vous aviez en tête le "cliché" bien connu.

Vous n'avez rien vu venir, parce que si on se fie à la liste plus haut, elle est loin d'être complète.

Je pourrais y rajouter une tonne de choses, et les expliquer autrement un à la fois.

Les troubles de sommeils  - je connais plusieurs amies dont l'enfant normal à des troubles de sommeil

Les troubles d'alimentation - il est juste un peu difficile, ça va passer avec le temps

Le flapping et autre maniérismes - ça peut arriver après 2 ans. Ici ça s'est intensifié après 2 ans. De plus, le flapping peut être très normal chez un bébé d'un an lorsqu'il est content. Certains autres maniérismes comme ceux de la minie sont trop subtils et comme on ne passe pas notre temps à scruter tous leurs gestes, on ne les voit pas jusqu'à ce que ça s'amplifie, ou qu'on nous pointe dans la bonne direction.

et j'en passe.

Quand je passe en revue dans ma tête les souvenirs de mes enfants, OUI j'ai remarqué toutes les choses qui font leur diagnostic. Comme n'importe quel parent, NON je n'ai pas mis ça sur le compte d'un trouble sérieux, mais celui d'un enfant qui se développe tout simplement un peu hors de la norme.

J'ai culpabilisé lors des démarches de mon garçon. Je n'ai pas culpabilisé lors des démarches de ma fille.

Aujourd'hui je sais. Je sais que nous sommes des parents qui avons des enfants avant tout. Des enfants en qui- je ne le répèterai pas assez-on a eu confiance.

samedi 16 janvier 2010

Vous souvenez-vous ?

Vous souvenez-vous de ce temps où tout était plus facile ?


Je m'en souviens, quelques fois, lorsque je regarde mes photos, mes vidéos.

Je me souviens de ce temps où j'étais dans l'ignorance.

Je me souviens de ce temps où pour moi tout était temporaire. Ce temps où les particularités de mes enfants étaient normales et de passages.

Je me souviens de ce temps où je ne me questionnais pas autant.



Et vous ?

Alors en souvenir aujourd'hui de ce temps qui me semble maintenant si loin, et qui ne reviendra jamais, voici quelques photos !



La photo de tous les espoirs.
Celle où on ferme les yeux et on essaie d'imaginer le bébé en devenir. Son apparence, sa couleur de cheveux, ses yeux...




Le grand jour qui arrive. La fin d'un chapitre.



Le début. Celui où on s'apprivoise.
Où on apprend à connaitre le nouveau membre de la famille. Celui où on commence à rêver sur les premiers sourires, les premiers rires, les premiers pas..
(la minie à ses premières heures)



Le moment où notre bébé n'est plus, où on constate comment elle grandit.
(grande soeur pour la deuxième fois dans cette photo précise)



Ces moments où on contemple notre famille.
Ces moments où le futur ne peut qu'être beau pour eux. Où tous les espoirs sont permis.
Ces moments où on les imagine jouant ensemble plus vieux (se chicanant aussi parfois).
Ces moments où on rêve des futures sorties familiales... le vélo, le patin...
(une des rares photos des trois enfants ensemble)

La grande !




Comme j'avais expliqué précédemment, je vais commencer à mettre ici aussi les nouvelles de ma grande. Mon petit trio quoi !

Finalement je garde quand même son blog à elle pour ceux qui voudraient y lire son histoire, dans l'ordre !

Une petite présentation rapide ?

Ma grande a 5 ans. Elle va commencer l'école en septembre 2010. C'est une grande mystérieuse, comme le dit si bien le titre de son blog, une enfant pour laquelle on ne se questionnait pas vraiment, mais qui a toujours eu ses petites particularités. Elle a des particularités pouvant être associé à un TDAH, elle a des traits dans l'Asperger, elle a des difficultés sensorielles (dont hypersensibilité auditive et insécurité gravitationnelle), elle a des difficultés motrices et des difficultés de compréhension des situations sociales.

Lorsque j'ai commencé les démarches de mon garçon, un médecin me faisait part de ses observations sur ma grande et une possibilité de TDAH (trouble déficit de l'attention avec hyperactivité). Comme les difficultés avec ma grande allaient en s'empirant, on en a profité pour poser des questions au pédopsychiatre qui évaluait notre garçon en novembre 2008, pour finir avec une évaluation en pédopsychiatrie en juin 2009 pour la grande.

Ce n'était pas prévu et c'était le début de plein de questionnements par rapport à la grande, à ses comportements, qui on le croyait, étaient temporaires et normaux pour son âge.

Aujourd'hui malgré moi je me questionne, je ne sais plus ce qui est normal chez un enfant et ce qui ne l'est plus.

Je ne sais plus ce qu'est un trouble ou ce qui est passager.

Je SAIS une chose, il n'y pas d'enfants parfaits. J'ai toujours fait confiance à ma grande, et les démarches que nous faisons sont pour l'aider du mieux qu'on peut avec l'entrée scolaire qui arrive très rapidement.

Parfois je me sens coupable, j'ai peur d'être jugée, d'être celle qui cherche un problème inutilement. Je dois apprendre à vivre avec ces sentiments et les combattre. Je fais le mieux pour mes enfants tout simplement.


Alors voici ma grande, tel que décrit hier soir... un petit résumé de ma grande et ses 5 ans !
***** provenant de - http://la-grande-mysterieuse.blogspot.com/2010/01/la-grande-1-plus-tard.html

Il y a un an... malgré moi, croyez-le, je commençais des démarches pour ma grande.


Au départ je cherchais seulement à ce qu'on me rassure face au médecin qui m'a parlé d'une possibilité de TDAH. Tout d'un coup, je pouvais peut-être avoir des explications sur certains de ses comportements. Sur ses angoisses, ses peurs extrêmes, son agitation.

J'ai abordé le sujet avec le pédopsychiatre, la psychologue et tous deux m'ont dit de voir avec le CLSC.

Le CLSC a observé ma grande et a recommandé une évaluation en pédopsychiatrie.

Malgré que ce soit EUX qui aient recommandé l'évaluation, j'ai eu l'impression qu'on ne nous a pas pris au sérieux.

Je pensais à une possibilité d'hyperactivité et soudainement plusieurs parents d'enfants TED me disaient "on dirait la jumelle de mon enfant".

J'ai fouillé un peu et j'ai trouvé et trouve encore beaucoup de réponses de ce coté. J'ai eu des conseils sages et on m'a dit que si c'est là que je trouve le plus de réponses, alors je peux essayer d'utiliser les outils proposés pour aider ma grande.

C'est difficile, je ne sais pas trop quoi penser. En dedans de moi je sais bien qu'on ne peut pas tout inventer ce que je raconte. Je n'ai pas adapté mes observations selon mes lectures sur le sujet, c'est après que j'ai remarqué les ressemblances entre mes observations et les descriptions faites dans certains textes.

Suite à l'évaluation que je considère "désastreuse", j'ai décroché. J'ai passé de belles vacances, j'ai fait de mon mieux pour aider ma fille, j'ai vu des améliorations incroyables pour certaines de ses difficultés. C'était derrière moi, jusqu'à l'entrée scolaire.

Le diagnostic récent de la minie avec un TED non spécifié (pour le moment) m'a un peu chamboulé.

À Noël, j'ai eu, je l'avoue, une petite déception. Oui son jeu imaginaire s'est un peu développé depuis l'année dernière. Je pensais même que c'était réglé. Ma fille ne joue pas "comme on s'attend" pour son âge, mais c'était beaucoup mieux.

À Noël je lui ai acheté une maison de petshop avec les figurines. Première chose qu'elle trouve en explorant le jeu ? Le plateau qui tourne !!! "C'est le fun hein maman ? Regarde, on fait ça et ça tourne."

Lorsque toute la visite quitte après le déballage de cadeau, elle décide de vouloir jouer avec sa maison. Et ça commence-voix aigue et un peu nerveuse inclus- "Mamaaaaan... qu'est-ce que je fais ? Il va où ce bonhomme là ? Et lui ? Et ça, ça sert à quoi ? Mamaaaaaan c'est quoi ça ? Pourquoi c'est là... ça veut dire quoi ? Mamaaaaaan, est-ce qu'il va là le bonhomme ?" - Pincement au coeur... alors que je pensais que ça allait mieux.

Les fêtes ont été tranquilles, la puce était malade. Nous n'avons eu qu'un souper après le jour de l'an.

Ma fille, contrairement à l'année dernière est moins angoissée. Elle peut enfin passer les portes chez la visite sans risquer de pleurer ou de s'accrocher à moi en panique.

Pendant la fête elle a eu toutefois quelques petits défis. Celui de gérer son angoisse alors que les garçons faisaient exprès de "pincer" les ballounes, ce qui l'angoissait de peur qu'elles pètent et aussi parce que le bruit du pincement lui faisait mal aux oreilles. Elle a eu un petit moment de panique (bien à elle) lors du repas. Son papa a décidé de changer de table pour manger. Elle l'a suivi pour le rejoindre. Quelqu'un (ou elle ? je n'ai pas vu la scène) a placé l'assiette de Maellie sur le bord de la table, pas à coté de celle de son papa. Elle était en larmes, pas capable d'expliquer pourquoi elle pleurait autant, la bouche pleine de nourriture. Pourtant le siège à coté de son papa était vide, mais elle pensait que quelqu'un la "forçait" à s'asseoir où on avait déposer son assiette.

Elle joue, enfin avec les amis. À vrai dire, elle a une préférence, un petit garçon bien timide. Les jeux doivent être simples, ils vont préférés les constructions, dessins, casse-têtes.

À la maison c'est la même chose, elle peut passer des soirées à dessiner, jouer à l'ordinateur, chanter des chansons en courrant, sautant, tournant. Elle se fait encore et toujours des scénarios incroyables lorsqu'elle joue "dans son monde imaginaire" (qui consiste exemple à une voiture, elle la tête en bas sur le divan et ne me demandez pas de vous raconter le scénario... je n'y arriverais pas). D'autres fois, elle semble jouer "normalement" comme une enfant de son âge.

En sortie elle se fait remarquer toujours autant. La petite "qui en a dedans". Plus de stimulis, plus difficile à contrôler. Je me rappelle d'une journée où je magasinais seule avec elle les jouets pour la fête à la minie, et Maellie toute fière de faire tourner des "bucks" de bière sur la table du marché au puce. Moi qui doit la tenir, à deux main afin qu'elle se contrôle. Surveiller qu'elle ne me montre pas toutes les autos qu'elle voit, la retrouver avec un jouet en bois avec des grelots à le faire tourner dans les airs...

Ses manies, mettre les choses dans sa bouche et les mains "là où il ne faut pas" sont toujours aussi présentes. Je dois la surveiller constamment et j'ai découvert tout à fait par hasard son attirance vers les choses métalliques. Un aimant... je suis au magasin, devant un comptoir d'apparence métallique et puce est attirée malgré elle... elle s'approche, je la recule, elle se rapproche, veut poser ses lèvres sur le comptoir alors que moi je dois réussir à surveiller et payer mes achats. Ça explique probablement l'attirance envers les poignées d'épicerie, ou le gros coup de langue donné sur le tapis de service à l'auto lorsqu'on quittait l'épicerie, avec un "miam ça goûte bon" de sa part.

Sa voix aigue est... toujours aussi aigue !

La compréhension m'inquiète encore sur certains points. Une journée je quittais la garderie, l'éducatrice me dit de ne pas oublier que les pantalons que Maellie porte ne sont pas à elle. Je réponds que c'est ok on va les enlever avant de partir. Je tourne les yeux... puce est assise par terre, dehors, une journée de novembre, à se déshabiller parce qu'elle m'a entendu dire qu'on enlèverait les pantalons.

On essaie de lui montrer aussi à faire attention à ce qu'elle dit aux gens, qu'on doit dire des choses gentilles, mais elle s'obstine lorsqu'on essaie de lui explique ce qui est gentil et qui ne l'est pas ??? "La grosse madame s'en va dans le bureau". Papa réplique de ne pas dire ça que ce n'est pas gentil... "Ben oui papa, c'est des choses gentilles ça". Elle s'en est souvenue puisqu'il y a eu un épisode très désagréable à ce sujet durant l'été. Je l'ai donc averti de dire des choses gentilles aux gens si elle tient absolument à leur parler. C'est plus fort qu'elle... une journée au magasin, un ou deux jours après l'épisode dont je ne parlerai pas, elle voit une madame et a "besoin" de parler. Elle me dit finalement, maman, maman regarde la madame elle est belle hein ? elle est gentille la madame !"

À Noël, les magasins donnent parfois des dessins pour des concours. Elle doit donc demander à tous les magasins où on va si ils ont des dessins, j'ai beau lui dire que non, elle doit le demander ELLE-MÊME.

Parfois elle me pose des questions et je n'arrive pas à comprendre et elle panique. Ce soir même j'arrive de la garderie et en tournant dans l'entrée elle me demande ce que ça veut dire "grès". Je demande de préciser, est-ce qu'elle parle de "l'engrais" ? "NOOOOOOOOOONNN maman, grès ça veut dire quoi grès. " Je réponds que je ne comprends pas de quoi elle me parle et encore "Maman GRRRRÈEEES, grès ça veut dire quoi, c'est quoi grès". Je demande où elle a entendu ça. Je pense finalement qu'elle a mal entendu un mot que j'ai dû prononcer puisqu'elle me répond "Nooooooon, Noooooon, Nooooon,  on va marcher grès, ça veut dire quoi grès". Pauvre petite puce, cri de plus en plus et les larmes lui montent aux yeux malgré que je ne peux pas répondre à sa demande.

Les questions, elle en pense encore et toujours autant. En visite chez ma grand-mère elle me montre le panneau électrique. Ça sert à quoi, il est où le panneau électrique chez nous. Elle a découvert les lampes tactiles, quel plaisir ! allume, ferme, allume, ferme... et elle a découvert les poubelles à pédale... ouvre, ferme, ouvre, ferme.

À la clinique, au magasin, ce sont les tuiles au plafond. Regarde il y a un trou là ! Regarde la bouche d'air là-bas, il y en a beaucoup hein ? Pourquoi il y a autant de bouches d'airs ? Est-ce que c'est de l'air chaud ou de l'air froid ?

On attache ou coupe les cheveux ? Armez-vous de patience.... vraiment ! Ne bouge pas. Je bouge pas. Oui tu bouges. Non c'est mes pieds qui bouge, ils veulent bouger. Sont tannants mes pieds. Elle a même découragée la maquilleuse à une fête d'enfant qui n'arrivait pas à complèter le maquillage et stressait de voir la file d'attente derrière nous.

On a acheté des exerciseurs pour enfant, dont un vélo stationnaire. Quelle ne fut pas ma surprise ? Elle est capable de très bien pédaler. Je reviens donc à mon idée initiale concernant sa difficulté avec le vélo qui est : la force que ça exige de faire avancer le tricycle, la peur du vélo a petites roues parce que ça "ballote" un peu, et surtout les stimulis extérieurs.

Les angoisses comme je disais, ça vient ça passe. On a eu les ballounes, encore et toujours, les lumières qui clignotent depuis celle qui a brûlée dans la salle de bain, la crise si je veux donner une assiette en vitre à sa soeur parce qu'elle a peur qu'elle en casse une autre (c'est arrivé deux fois). À l'halloween elle a paniqué dans les escaliers roulant, me lâchant la main, hurlant de terreur alors que tout le centre d'achat s'est probablement retourné à son cri. Elle a donc passé cette soirée particulière à avoir peur de tous les escaliers, roulants ou pas.

Le contact visuel je le trouve toujours aussi difficile. Lorsqu'elle nous raconte une de ses histoires abracadabrantes, elle nous regarde rarement. Si je lui demande de me regarder dans les yeux, elle me fait des gros yeux... et détourne le regard aussi vite pour parler en regarder derrière moi ou au plafond, la tête qui se fait aller dans tous les sens.

Elle est encore très incohérente lorsqu'elle essaie de s'exprimer d'elle-même, mais une conversation simple ça va assez bien je pense.


Bon, c'est assez pour ce soir, je pense que c'est tout de même un bon résumé de notre grande !

Notez que je ne faisais qu'un résumé des choses récentes, sans penser à un trouble, je raconte seulement comment est notre grande fille dans la vie de tous les jours !! Je n'ai aucun jugement sur ce qui peut-être particulier ou non dans ce récit.

jeudi 14 janvier 2010

Panne d'inspiration... ou des nouvelles bien ordinaires

Vous savez bien, ces moments où on ne sait pas trop quoi dire, et qu'on voudrait tout dire à la fois.

J'ai une tonne d'idées qui me traversent l'esprit, des réflexions de toutes sortes, des bonnes, des moins bonnes... mais je ne sais pas comment les exprimer, il y en a tout simplement trop et il commence à manquer de place dans ma tête !

Je suis devant l'ordinateur et je ne sais même pas par où commencer, et pourtant j'en ai besoin.

Il y a maintenant 5 ans, j'avais commencé à participer à des forums de discussion.  Pour plusieurs raisons, dont mon vécu pas nécessairement "à l'eau de rose",j'ai arrêté de participer.  J'ai arrêté de raconter mes moins bons moments, je ne raconte même plus les beaux.  J'ai arrêté et je trouve ça difficile parce que maintenant je n'ai plus nul part où me confier. Nul part pour vider mon sac... qui me permet de faire de la place pour le reste.

J'ai perdu en quelque sorte ma place, puisque les récits, ce dont parle les gens avec les enfants de l'âge des miens, n'est plus de mon monde.  Je suis "à part", je pourrais recevoir des encouragements, mais "ils ne comprennent pas vraiment", ils ne le vivent pas.

À l'Halloween les gens préparaient les déguisements, parlaient à quel point leur enfant avait donc hâte. À Noël, ils partagent les photos du Père Noel, ils parlent comment l'enfant était heureux de voir les cadeaux sous l'arbre, comment il était content de les déballer.

Ils parlent des cours de piscine, des sorties au centre d'amusement. Ils parlent des débuts de la propreté, du "terrible two" et leur petit mousse qui s'affirme et veut être autonome.  Ils parlent de la complicité entre frère et soeur.

Ils parlent de toutes les choses "simples", qui pour mes enfants, sont compliquées.

Je me réjouis de mon garçon qui arrive maintenant à boire au verre - sans trop de dégâts - sous supervision. Eux parlent de leur garçon qui raconte à tout le monde les cadeaux que le Père Noel lui a apporté, dont le super pyjama Spiderman !

Je bloque... j'aurais une tonne d'exemples à donner, mais les mots n'y sont pas.  Parents d'enfants différents vous savez tout de même de quoi je parle.

À l'Halloween, la minie ne comprenait pas que je la déguisais. Elle n'avait aucune conscience de la fête. Garçon, je n'ai pas pris la peine de le faire... à quoi bon, j'aurai l'esprit à cette fête lorsqu'eux même en auront conscience.  La grande a dû travailler son angoisse durant le passage aux portes, peur des escaliers, peur que je disparaisse le 2 secondes qu'elle allait cogner.  Elle ne savait même pas comment demander les bonbons alors que j'ai dû lui réexpliquer plus d'une fois durant le trajet.

À Noël, on se demandait plutôt si les deux jeunes seraient capable de déballer eux-même leur cadeau. Aucune autre attente puisqu'ils ne sont pas conscients de la fête.

La piscine, vous avez lu dans les messages précédents le défi que ça comporte ici.

Les sorties au centre d'amusement avec jeux gonflables(je pense à proludik)... on passe notre tour. Une grande angoissée qui a peur des jeux gonflables, trop de monde, trop de bruit, trop haut, trop instable, trop.... Une minie qui est trop minie et ne serait pas capable d'y aller seule et qui a peur des glissades. Un loup qu'on risque de perdre, et devoir avertir TOUS les surveillants qu'on devra probablement aller nous-même le sortir de là (on a passé l'été dernier à avertir... on l'envoyait mais il ne ressortait pas seul !)

L'autonomie ?  HEIN ?  C'est quoi ça.  À 2 ans leur enfant commence à montrer de l'intérêt à s'habiller, déshabiller seul.  Le "je suis capable".  Ici on enseigne (deux fois plutôt qu'une) à commencer juste à PENSER à se déshabiller.  On rentre dans la maison, on montre à garçon à demander de l'aide. On prend sa main et lui montre comment détacher son chapeau, ensuite son manteau, ensuite ses bottes. Bravo Tommy ! On prend chaque petites réussittes... un jour à la foix.  La minie ?  Aucun intérêt pour le moment de sa part.

La propreté ? On repassera plus tard.

La complicité frère et soeur ?  J'ai une grande qui adore son frère et sa soeur, mais qui joue surtout à la maman avec eux pour m'aider quelques fois... hors de question qu'ils jouent ensemble grande se fâche. Les deux autres jouent de toute façon dans leur coin.  La complicité qu'ils ont la plus belle c'est dans le salon, les trois à tourner sur eux-même et jouer à tomber au sol, ou la course autour de l'ilot ou dans le corridor.  Ils ne se chicanent même pas... ils sont plutôt chacuns de leur coté.

Il y a ces nouvelles mamans, qui lorsque bébé a 6 mois, se demande si il va bientôt dormir un 12hrs en ligne. Ici je me demande si je vais dormir un jour POINT alors que ça fait 5 ans qu'on se lève à presque toutes les nuits (je vous épargne les détails atroces de nos réveils nocturnes).  Je me demande comment je vais faire pour régler les problèmes de dodo de la minie qui durent depuis 2 ans et 3 mois...  et j'attends les prochaines mauvaises nuits aléatoires des deux autres. Je suis réveillée deux trois heures par nuit à essayer de consoler et convaincre la minie de dormir.

Lorsque j'essaie de me confier je dois aussi gérer les "ben mon enfant fait ça aussi" venant de mamans d'enfants "typiques".  Bien sûr que je sais qu'un enfant typique ce n'est pas toujours beau et que ça a son lot de difficultés, mais pourquoi sentir le besoin de me le rappeler, ça ne change rien à mon sort, typique ou pas, on l'a pas facile !

Les journées sont, on ne se le cachera pas, très rock 'n roll.

J'ai une minie difficile, qui chigne beaucoup, qui demande de l'attention, qui ne s'occupe pas facilement.  J'ai garçon qui ne demande pas grand chose, et beaucoup à la fois par son manque d'autonomie et de coopération alors qu'il passe une grosse partie de la journée en autostimulation. J'ai une grande adorable qui par contre peut donner des maux de têtes avec ses chants sans arrêt, sa voix aigue, ses plaintes, son "sautage partout", sa petite bouche qui n'arrête pas de sortir des mots, des sons, n'importe quoi sauf du silence !!

Je prends des pauses, à la "sieste", je mange mon diner tranquille. Je fais dessiner la grande en silence ou l'envoie à ses jeux d'ordinateur. J'envoie Tommy dans sa chambre et il fera bien ce qu'il voudra.

J'aimerais en faire plus.  La culpabilité on la travaille tous les jours avec des enfants à besoins particuliers. On apprend à vivre avec nos limites, parfois plus petites les jours où notre énergie n'y est pas.

J'aimerais bricoler avec eux. J'aimerais trouver des activités pour eux. Mais les défis sont grands et je me sens parfois dépassée... sans compter tout le reste, l'entretien de la maison, les repas...

Une simple séance de bricolage est compliquée ici. On parle de surveiller pour que les deux jeunes ne décident pas de tout lancer. On parle de surveiller la minie qui a décidé que la colle ça goûtait bon. On parle d'une activité loin d'être relaxante pour une maman qui passe ses nuits debouts.

Je me réjouis des belles journées. Heureusement il y en a.  Les enfants font de petits progrès à tous les jours qui me ramène le sourire.

Je pourrais vous raconter ma journée d'aujourd'hui ou de hier ? Qui a consisté à être trop fatiguée. Mal à la tête, pas capable de faire du ménage, de même penser. Pas de stimulation de la minie, pas d'activités ou de jeux, juste le strict minimum. Jouets, consoler, nourrir, changer les couches, aller chercher la grande à la garderie, dodo.

Aujourd'hui était une journée un peu meilleure, mais encore. Ça c'est résumé à faire le lavage en retard des deux derniers jours, faire le repas, aller chercher la grande, donner les bains.  On a par contre bien fini la soirée avec une petite de "fais le ...." avec ma grande et la minie qui l'imitait.  "Fais le chien", Fais le chat... etc..

J'aurais besoin de me confier...

Confier les moments plus difficiles mais à des parents qui peuvent comprendre qu'on réussit à se relever et garder la tête haute sans prendre pitié à notre situation.

J'aurais besoin de me confier sur tous les défis qui m'attendent encore. L'inscription à l'école de la grande... qui pour moi est source de "bon je vais devoir m'armer du mieux que je peux pour prévoir les peut-être difficultés à venir avec les particularités de ma grande".  J'attends les rapports d'évaluation de la minie sans trop savoir ce que je vais y lire, et impatiente par le fait même.  J'attends de pouvoir ENFIN faire la demande au CRDI pour les services de stimulation de la minie.  Je fais des lectures sur les possibles difficultés de ma grande, j'attends donc d'avoir des réponses une fois pour toute dans son cas avec nos futurs démarches ce printemps.

J'attends...

Je cherche des trucs pour améliorer notre "qualité de vie", des stratégies pour les situations difficiles à la maison, l'habillage, les repas etc...  Je cherche mon énergie pour mettre en place ces trucs. Je cherche des solutions pour mon couple, pour du temps pour nous, pour se ressourcer, pour se retrouver.

Je cherche...


C'est difficile.  Oui je garde la tête haute. Oui je suis toute de même heureuse avec ma petite gang "un peu spéciale", mais c'est difficile.  C'est exigeant, c'est épuisant, c'est...

C'est difficile et je ne veux pas le cacher. Je ne veux pas le cacher, mais je ne veux pas faire peur au monde. Je ne veux pas inquiéter une famille déjà trop inquiète... donc je garde le silence sur tous les défis que ça apporte. Je ne veux pas être prise en pitié, je ne me considère pas si "pitoyable". Je suis fatiguée... ça va passer... un jour ou l'autre.

Alors à qui se confier ? Alors que même ce texte ne vide pas tout ce qui me traverse l'esprit et la réalité de tous les jours !  Réalité qui est la mienne, que j'aimerais partagée, mais que je n'ose pas... par peur... de faire peur ?


**Je veux juste conclure en disant... "c'est pas facile, mais c'est pas la fin du monde !" et désolé si le texte est décousu, panne d'inspiration oblige j'ai tout garoché comme c'est venu !!!! 

mardi 12 janvier 2010

Ces gens qui cherchent des étiquettes "à tout prix"

On ne le se cachera pas... nous sommes dans une ère "diagnostic". Une ère de performance et une ère où le contact social est ultra important.  On doit être "comme tout le monde".

À l'époque de nos parents :

Un enfant qui ne parlait pas, prenait simplement son temps. Il parlera à 4 ans si ça lui chante, ce n'est pas grave...

Un enfant qui bouge beaucoup, il a de la vie...

Un enfant qui n'a pas d'amis, qui joue seul,  il est indépendant...

Un enfant qui fait beaucoup de crises inexpliquées, il est capricieux, enfant roi...

Un enfant qui joue pas avec les autres enfants à l'école, il est timide...


À cette époque, c'était simple.  C'était sans stress. On laisse les enfants se développer comme ils veulent, on ne passe pas nos journées à lire des livres sur l'éducation, le développement ou comparer avec le voisin.


Aujourd'hui :

L'enfant ne dit pas papa et maman à 12 mois, il faut être inquiet...

On doit surveiller si il pointe les choses à 12 mois...

Il doit être intéressé aux amis à 2 ans au moins...

Il doit avoir 300 mots dans son vocabulaire à 2 ans et faire des phrases de 2 mots...

Il doit savoir sauter entre 18 mois et 2 ans... faire du tricycle avant 3 ans...

Il ne doit plus mettre les choses dans sa bouche à 2 ans...


Je pourrais continuer la liste si je voulais, elle est presque infinie. Où à l'époque on voyait surtout des enfants, maintenant on voit des problèmes, des retards, des inquiétudes.

À 18 mois on consulte parce que l'enfant ne dit que 2 mots. On va voir l'orthophoniste, on suit des séances intensives.

À 2 ans on songe à l'ergothérapie parce qu'il ne marche pas aussi bien que le petit voisin.


J'exagère(à peine!) vous le comprendrez , mais comme dans tout, il y a une grosse partie de vérité.  Les professionnels (généralement... le devrait du moins) sont plus alertes sur le développement de l'enfant. Les orthophonistes, ouvrez le bottin, ce n'est plus le choix qui manque aujourd'hui.

Nous, les parents d'aujourd'hui, sommes entrainé dans un tourbillon.  Nous essayons de faire le mieux pour nos enfants, mais on se perd maintenant dans le "dois-je être inquiet ou est-ce normal ?".

On partage notre vécu sur Internet, les blogs, on lit les revues qui parle de développement de l'enfant avec le bel encadré qui cite les "signaux d'alertes chez un enfant". On devrait consulter si l'enfant ne pointe pas à 12 mois et lui faire passer un test d'audition, voir une orthophoniste.

On voit maintenant les mamans stressées, qui ne savent plus où donner de la tête entre faire confiance à son enfant, se faire confiance ou faire confiance à tous les livres. On voit des mamans qui se comparent, qui se sentent moins bonnes parce que leur enfant ne dit pas maman à 12 mois alors que celui du voisin le dit depuis 9 mois.  On voit des mamans inquiètes parce que bébé se tient assis seul(quelques secondes du moins) à 9 mois et pas à 6 mois comme prédit dans les livres.

Pourquoi aujourd'hui les rencontres d'orthophonie sont pleines à craquées ? Que les listes d'attentes pour voir un professionnel s'allonge à vue d'oeil ?  Que le CLSC déborde de demande pour avoir l'aide d'une éducatrice pour un enfant un peu trop turbulents ?

Pour les gens de cette époque, c'est parfois dur de comprendre. Pourquoi cherchons des étiquettes "à tout prix". Certains penseront même que nous "inventont" de nouvelles maladies. 


Le nombre d'enfants diagnostiqués avec un trouble de langage a explosé. Le nombre d'enfants avec un TDAH et la médication, fait peur... Le nombre d'enfants avec un TED a augmenté. On ajoute des termes qu'on connaissait peu, dysphasie, dyspraxie, etc..


Bien entendu, il y a des failles dans le système actuel. Des enfants trop rapidement catégorisés alors que les spécialistes sont "trop dedans". Ils oublient de regarder parfois l'ensemble de la situation, un changement dans la situation familial, un stress dans la vie de l'enfant. 

Une copine de blog avait mis un article intéressant à ce sujet que vous pouvez lire à la fin de son message ici : http://luniversdelextra.blogspot.com/2010/01/article-interessant.html


Mais en dehors de ces failles, si on parle entre-nous, parents d'enfants maintenant étiquettés.

Si on expliquait pourquoi on cherche cette étiquette "à tout prix".

L'étiquette fait encore très peur pour plusieurs. Peur du jugement des gens de l'époque, qui ne comprennent pas toujours, peur de se faire remarquer, catégoriser. L'étiquette est comme le "jugement final", celui où il n'y plus de retour en arrière, plus d'espoir pour l'enfant.

C'est ce qui traverse probablement l'esprit de ceux qui digèrent parfois mal cette étiquette.

L'étiquette pourtant est aujourd'hui essentielle, dans ce monde que je disais "de performance".

Ce monde dans lequel on doit maintenant expliquer pourquoi l'enfant n'est pas "comme tout le monde". Pourquoi il n'apprend pas aussi rapidement, pourquoi sauter est difficile.

Si ces enfants n'ont pas d'étiquettes ils seront en échec dans ce monde, mal compris.

Une autre copine parlait des étiquettes de vêtements et je trouvais le parallèle intéressant.
Qu'est-ce qui est le plus important dans l'étiquette du vêtement pour nous ? La marque ? Non ! Lorsqu'on fait du lavage, on a besoin de savoir quels soins apporter aux vêtements. On ne doit pas mettre un vêtement en laine dans la sécheuse, on doit faire attention aux couleurs, à la sorte de tissu.  Est-ce qu'il va "fouler"...

L'étiquette de nos enfants qu'est-ce que c'est ? Le nom ?

NON ! C'est une liste de leur contenu pour savoir quels soins on doit leur apporter.

C'est une façon d'avoir une petite fenêtre sur leur Être, à mieux comprendre comment ils fonctionnent afin de mieux pouvoir les intégrer dans le monde "normal".  Nous aurions beau vouloir faire autrement, aujourd'hui c'est comme ça.  L'ère de performance exige.

Oui aujourd'hui on cherche des étiquettes "à tout prix", que ce soit

retard de langage
retard moteur
TED
autiste
dyspraxie
dysphasie
dyslexie
trouble d'apprentissage
TDAH
et d'autres termes que je ne connais pas nécessairement

Aujourd'hui l'étiquette est la porte vers l'aide. Vers un meilleur futur.


À l'époque :

L'enfant TED sévère était bon pour un placement.
L'enfant distrait et qui bouge beaucoup était un futur décrocheur.
L'enfant qui faisait des crises qui était opposant, est en prison.
L'enfant indépendant, est toujours seul aujourd'hui.

(encore ici j'exagère... mais encore...)

Aujourd'hui :

L'enfant TED sévère pourra peut-être poursuivre des études universitaires.
L'enfant distrait et qui bouge beaucoup est peut-être un futur athlète aux olympiques.
L'enfant qui faisait des crises et était opposant est peut-être un futur avocat.
L'enfant indépendant n'est plus seul.


Aujourd'hui nos enfants ont de l'aide et c'est tout ce qui compte.  L'étiquette, le nom ou peu importe ce qu'on en dit, c'est la porte vers les services, vers la compréhension, vers des attentes au niveau des capacités de l'enfant.

L'étiquette est "on l'espère" signe d'un meilleur futur pour nos enfants qui en ont réellement besoin !




***Ce message est écrit par une maman qui "court" après les étiquettes depuis 1 an et demi, et qui en est fière. Une maman qui sent qu'elle fait tout son possible pour ses enfants et qui se fou bien du nom de l'étiquette qu'ils portent. Ce message est écrit par une maman qui est enfin en paix avec toutes les démarches qu'elle a entrepris et qu'elle entreprendra encore dans le futur.

lundi 11 janvier 2010

Imagination, faire semblant, imitation et le TED

Je fouille sur le sujet depuis un certains temps.  Plus je fouille plus je trouve de l'information intéressante, et plus on démêle tranquillement les termes.


Imagination :

Capacité à inventer, créer des choses.
Capacité à reproduire dans son esprit des choses que l'on a déjà vues ou perçues

Créativité :

Capacité à créer, à imaginer, à innover.

Imiter :

Tenter de reproduire ou reproduire les manières de quelqu'un le plus fidèlement possible.


Faire semblant  :

Jouer à faire semblant de  se mettre dans la peau d'une autre personne (faire semblant d'être la maman avec une poupée), c'est faire semblant de cuisiner un repas...  Dans le faire semblant, les enfants imitent ce qu'ils voient dans la vie de tous les jours... et y ajoutent par la suite leurs propres idées par la créativité, l'imagination.


Lorsque nous lisons sur le TED, bien entendu tous les clichés ressortent.  Les critères diagnostic et les exemples qu'on nous donne proviennent généralement des "bons vieux cas d'autisme classique".

Aujourd'hui nous savons que le spectre autistique est beaucoup plus large que seulement l'autisme de Kanner(classique).


Lorsque les parents consultent un professionnel pour leur enfant, le professionnel regarde certaine chose comme le contact visuel, les intérêts de l'enfant et la capacité à faire semblant.  Si l'enfant fait semblant, plusieurs professionnels de première ligne s'exclâmeront "tout est beau". 

Les parents consulteront peut-être une orthophoniste si l'enfant a un retard de langage, ou continueront un certain temps de se culpabiliser sur les comportements de leur enfant alors que le professionnel consulté a bien dit que "tout est beau".

Pour une raison X, certains en viendront à l'hypothèse TED. Par des lectures, par une personne de leur entourage, par l'orthophoniste.  Ils fouilleront sur le sujet et liront probablement que l'enfant TED n'a pas vraiment d'imagination, qu'il ne sait pas faire semblant. Ils donneront alors comme exemple l'enfant qui n'arrive pas à faire semblant qu'une banane en plastique est un téléphone.  Pour s'ajouter à ça, on dira que l'enfant n'imite pas vraiment.

Et les doutes s'installent !  Les professionnels eux même s'y perdent. 

Mon enfant a des caractéristiques TED, MAIS il est capable de faire semblant. Vous l'aurez peut-être vu faire semblant de parler au téléphone... avec une manette de télévision !  Mon enfant est capable de m'imiter lorsque je danse, ou lorsque je fais le son du cheval !

Comment alors démêler tout ça ?


Je fouille sur le sujet parce que chez moi, j'ai trois modèles un peu particuliers d'enfants "spéciaux".

Mon modèle numéro 1, autiste sévère, n'a jamais vraiment jouer normalement.  Il préfère faire tourner les roues des voitures, mais lorsqu'on lui montre à jouer au garage il arrive à nous imiter et reproduire ce qu'on lui montre.  Il imite aussi ses vidéos de danse à la télévision !

Mon modèle numéro 2, TED non spécifié, jouait à promener une poupée dans la poussette à 12 mois.  Fait semblant de parler au téléphone, semble faire parler ses bonhommes lorsqu'elle joue.

Mon modèle numéro 3, mystèrieuse depuis 5 ans, n'avait pas vraiment de jeux imaginaires avant 2 ans, pouvait par contre faire semblant de parler au téléphone à 18 mois, ne faisait pas parler ses bonhommes, mais vie dans son imaginaire à fond !  Télé imaginaire dans sa chambre, ses pieds "sont vivants" lorsqu'ils bougent trop, fait semblant de dessiner dans le vide et j'en passe.


Si un enfant TED peut alors imiter et "faire semblant", que faut-il regarder ?  Comment expliquer leur diagnostic, face aux clichés ?


Comme c'est toujours pratique de pouvoir lire l'anglais et le français, j'ai trouvé ma réponse dans des textes en anglais. 

OUI un enfant TED peut faire semblant.
OUI un enfant TED peut imiter.
OUI un enfant TED a de l'imagination.

En anglais, certains textes ont enfin démêler le tout en expliquant qu'il faut regarder :

l'imitation sociale
le faire semblant social
la capacité de se mettre dans la peau d'un autre et inventé soi-même l'histoire sans que ce soit une reproduction de ce qu'on a déjà vu.


L'imitation sociale. L'enfant apprend par exemple à manger correctement par imitation sociale.  Il voit les gens faire autour de lui et ça lui apprend à faire pareil, il a envi de faire comme les autres. Alors que pendant une petite activité de groupe les enfants joueront à faire des constructions de blocs, l'enfant TED n'y porteront pas nécessairement attention.  Il continuera son activité dans son coin sans nécessairement chercher à s'intégrer au groupe. 

Le faire semblant social, ce sont les deux petites filles qui jouent à la poupée.  "toi tu es la maman, moi je suis le bébé".  La maman soigne le bébé, le bébé fait des gazouillis, pleure.  Le jeu social n'a pas de règle écrite, ça se fait "naturellement" sans que les petites filles décident d'avance du scénario à suivre. Elles inventent l'histoire au fur et à mesure, c'est là la capacité à se mettre dans la peau de l'autre et de créer par la suite son propre scénario.


Votre enfant fait-il semblant ?

Il y a des choses à vérifier.  Est-ce que l'enfant fait réellement semblant, s'invente-t-il une histoire ou bien reproduit-il un événement qu'il a vu récemment. Une scène d'émission de télévision ?

Un exemple. Papa répare la voiture. L'enfant rentre dans la maison et reproduit les mêmes gestes que papa avec son trotteur.  Fait semblant d'enlever les roues, de laver les freins et remettre les roues. Le jeu est fini. Il n'a pas de scénario, il n'a pas "inventé" quelque chose de nouveau, il n'a fait qu'une reproduction de ce qu'il vient de voir.

Observez les jeux de l'enfant à tous les jours.  Sont-ils répétitifs ? Est-ce qu'il va jouer à faire semblant de réparer la voiture à tous les jours pendant plusieurs jours ? Est-ce le même jeu à toutes les fois, y a-t-il des variantes provenant de sa propre imagination ?

Si les jeux de votre enfant vous semblent normaux, que vous n'arrivez pas à voir la subtilité qu'il pourrait y avoir, observez alors son faire semblant social.  Parvient-il à l'âge attendu (environ vers 2 ans) a jouer socialement. Est-ce qu'il fait de petits jeux de faire semblant avec un ami ? Est-ce qu'il essaie de contrôler le jeu ? Prévoir le scénario d'avance ?  Ce sont des choses à observer.

Pour un enfant TED dont le jeu de faire semblant semble développé suffisamment on remarquera qu'il a de la difficulté à le faire socialement avec une autre personne. Il voudra plutôt contrôler le jeu. Chez certains enfants le jeu social sera source de frustrations ou d'angoisse. Le jeu social devra être simple et répétitif. Il évitera donc les jeux comme décrit plus haut (la maman et le bébé). Il pourra par contre jouer à des jeux de poursuite sans problème.

Chez mes modèles.

Petit garçon commence à faire semblant de boire dans un verre vide, ou manger.  Mais c'est en fait de l'imitation, il imite ce qu'on lui a récemment montré. Il ne le fera pas pour jouer, ce ne sera pas développé.

Petite fille fait semblant de faire boire son minou, il fait dodo, se lève debout. Mais ce jeu n'est pas développé socialement.  Les autos seront toutes alignées et feront dodo toutes en même temps (sur le dos)... pour revenir toutes alinées. Elle fera boire son minou sur demande mais si on veut faire un scénario qui demande qu'elle comprenne les règles du tour de rôle, elle ne comprendra pas et voudra contrôler le jeu en prenant tous les objets pour elle, ou restera tout simplement sans réaction devant nos tentatives.

Grande fille a une imagination débordante, qui vient beaucoup de l'imitation directe. Ses jeux sont répétitifs et obsessionnels par moment.  Peut mener à des crises si on dérange son scénario prévu d'avance. Ne joue pas avec un autre enfant à des jeux de faire semblant sociaux (ou très peu). Jusqu'à tout récemment une petite fille qui lui demandait de jouer à la poupée menait à une crise de larmes et d'angoisse pour grande fille. Elle se tient donc loin des petites filles de son âge parfois "trop entreprenantes". Elle préfèrera les casse-têtes seule, les jeux de construction ou les dessins. Si on lui offre un cadeau comme une maison de petshop, elle nous demandera le fonctionnement. Elle ne comprendra pas ce qu'elle doit faire avec ce nouveau jeu dont les règles ne sont pas écrites ni claires. Un jeu qui demande à ce qu'elle imagine elle-même tout le scénario.
Si on joue socialement avec elle, elle sera portée à reproduire le scénario qu'on a nous-même inventé. Elle prendra plus plaisir à placer les objets que jouer avec.

Avoir un enfant autiste... (4)

Avoir un enfant autiste c'est...

La fierté de le voir réussir à boire presque-sans-dégâts-avec-aide dans un verre ordinaire.

C'est la joie de voir petit garçon sautiller (litéralement!!) jusque dans sa chambre à l'heure du dodo.

C'est la fierté et les émotions qui nous viennent de voir garçon suivre sa petite routine de salle de bain avec beaucoup de succès ! 

vendredi 8 janvier 2010

PISCINE !! (partie 3 - la minie)

Pour la minie, le titre reste le même, mais disons que les piscines ne l'intéresse pas beaucoup.

Son plus grand défi c'est l'EAU.

Ça ne fait que quelques mois (disons fin de l'été?) que la minie ne hurle plus lorsque c'est l'heure de prendre un bain. Ce qui était source de plaisir pour les deux grands, était source de pleurs pour la minie.

Vers 4-5 mois, lors de notre visite à la piscine intérieure nous avions tenté d'amener la minie dans la piscine qui était - ne vous inquiétez pas - assez chaude, mais ce fut une vraie catastrophe. Petite puce semblait au départ bien dans mes bras, mais lorsque j'ai voulu la mettre dans les bras à son papa, ça été LA crise.

À son premier été de baignade nous avons réussi à mettre la minie dans le petit bateau qui flotte (ou auto ou autre..), mais essayer de la baigner dans nos bras, on oubli ça. Ce fut par contre de courte durée.




Les barboteuses et jeux d'eau ? Même chose.

Je trouve ça très dommage, à la barboteuse, alors que je vois les mamans avec leur bébé dans l'eau, la minie reste attachée dans la poussette à attendre que le temps passe. J'ai les bras pleins à surveiller les deux autres et à gérer leur propre difficulté à aller dans l'eau ou à courrir autour de la piscine !  Toutes les occasions qui se sont présentés je les ai pris pour essayer la minie dans l'eau, mais ce ne fut que des hurlements.



Cet été, avec les crises qu'elle me faisait déjà dans le bain, je ne m'attendais pas à grand chose.  Je ne l'ai pas forcé. Elle n'a jamais voulu embarquer dans la petite barboteuse maison que j'avais acheté juste pour elle. Elle devient raide et cri pour ne pas s'asseoir.

Dans les grandes barboteuses, cet été je l'ai gardé sur le bord. Je lui mouillais les pieds, elle s'amusait avec ses bonhommes près de nous. Au moins je n'avais pas la tristesse de la voir seule dans la poussette.

J'ai essayé à quelques reprises de l'amener marcher dans la barboteuse... la petite puce est effrayée, elle regarde dans le fond, on dirait qu'elle a peur de tomber. Je la motive en lançant des jouets qu'elle doit rattraper... ça lui change les idées mais l'angoisse est trop forte pour elle.
Lorsque nous sommes allés chez la mamie des enfants, j'espérais au moins faire descendre la minie dans les premières marches, voir si elle aurait plus confiance.  Approcher la piscine est difficile, elle cri "eau eau eau" et recule.  On commence doucement. Assis dans la première marche, debout, assis dans la deuxième marche, debout, assis dans la troisième marche.  Puce pleure un peu donc on ne force pas.

Plus tard dans la journée, quelle ne fut pas notre très grande surprise de voir la minie... aller s'asseoir seule dans l'eau.







La piscine restera probablement un très grand défi pour la minie, comme cela l'est pour sa grande soeur.

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