vendredi 9 septembre 2011

Comment une commission scolaire peut gâcher une entrée scolaire en une étape

Pour clarifier une situation avant de commencer, je veux tout simplement spécifier que j'habite en banlieu. Pas loin de la ville, pas en campagne à des kilomètres... quoique ce que j'ai envie de dire ici s'applique à tous, peu importe la situation, handicap ou non.

Tommy débutait l'école cette semaine. Sa première journée était mardi le 6 septembre.

Avant même que cette première journée arrive, l'entrée scolaire était déjà assombrie... un peu gâchée lorsque nous avons appris que la commission scolaire avait prévu un transport d'une heure et demi, seulement pour l'allée pour se rendre à l'école. Le même trajet l'attendrait à la fin des classes pour faire une première journée de MATERNELLE de 7h00 le matin (heure d'embarquée dans l'autobus) à 16h30 (heure d'arrivée à la maison).

UNE journée. Une première pour un petit bout de 5 ans.

Il ne m'en fallu pas plus pour que je tombe dans le découragement et la révolte de penser qu'une personne attitrée au transport de mon garçon trouve NORMAL de faire faire près de 3 heures de route à un enfant de 5 ans, 5 jours semaine, une année scolaire entière.

Une première discussion a eu lieu avec le responsable du transport qui m'a dit "madame, on a de l'expérience, ça fait plusieurs années qu'on fait ça et ça c'est toujours bien passé".

Le mardi matin, j'ai discuté avec le chauffeur, apprenant que l'année d'avant un des enfants faisait près de 2 heures d'autobus seulement pour l'allée.  Je le respécifie. J'habite en banlieu de Québec, pas dans le fin fond de la campagne.

Le trajet en voiture avec traffic prend environ 35 minutes. On diminue à 25 minutes sans traffic.

"Mais madame, ça a toujours bien été".

Ah oui?  Et qu'arrivera-t-il si le chauffeur doit gérer une crise, avec dix enfants TED, en plein traffic.

"Madame, il va arrêter sur le bord de la route".

Ok oui...

Mais encore.  Le chauffeur n'a AUCUNE expérience en trouble envahissant du développement. Il ne connait pas ces enfants, alors comment pourra-t-il adéquatement gérer une crise le jour que ça arrivera?

Mais bien entendu, c'est plus important de sauver des sous, et la journée qu'il y aura un problème... on verra.

Cette journée est arrivée... bien avant mardi. Elle est arrivée le 31 août lorsque j'ai appris à seulement une journée ouvrable de l'entrée scolaire, le parcours que devrait faire mon enfant.

Et cette journée... s'est poursuivie le mardi soir, lorsqu'en allant chercher mon garçon à l'autobus, 1h30 après la fin de l'école, le chauffeur m'annonça qu'il avait vomi dans l'autobus.

Le mercredi nous avons encore fait faire le trajet à fiston. Une amie me dira avoir vu Tommy un peu amorphe après déjà 50 minutes de trajet alors qu'il en restait 40 à faire. Heureusement, nous avions la chance que le mercredi est une demi-journée alors fiston est revenu pas trop magané de sa deuxième journée.

Mon idée était déjà faite, et depuis le 31 août que je vis sur le stress des démarches entreprises auprès de la commission scolaire pour faire corriger une situation que je trouve INNACEPTABLE pour n'importe quel enfant.

J'ai pleuré... j'ai passé une soirée triste et démolie le 6 septembre, la journée de l'entrée scolaire de fiston. Je l'ai vu fatigué... et je l'ai vu VICTIME de son handicap. Il a vomi. Il ne peut pas avertir le chauffeur qu'il se sent mal, personne n'a pu le réconforter, lui venir en aide pendant qu'il était malade dans l'autobus.

Deux jours d'écoles ont passées... et la troisième s'annoncerait pire.

Après 1h33 de trajet en autobus, Tommy est arrivé à l'école, avec des intervenants, qui en embarquant dans l'autobus, ont constaté qu'il avait vomi. Le chauffeur ne s'en est même pas rendu compte. Encore une fois, personne pour venir en aide à un petit garçon qui ne peut pas exprimer comment il se sent.

L'école nous a rappelé, et en tant que victime dans cette situation, Tommy s'est vu privé d'une journée d'école, parce que le protocole exige l'exclusion 24 heures lors de vomissements.

TROIS jours... l'école était commencée depuis seulement trois jours.

La commission scolaire est avisée... et malgré qu'ils travaillent pour régler la situation je ne peux qu'être révoltée de la situation.

Lorsque je discute avec les responsables, la première phrase INNACEPTABLE qu'on me répond c'est "madame ça a toujours bien été. madame, ça va bien les autres enfants n'ont pas de problèmes avec le parcours".

Heille! Je ne pense pas seulement à mon garçon dans cette histoire. Je pense à tous les enfants passés, et ceux à venir. Je pense à ces enfants qui font ce genre de parcours depuis plusieurs mois/années.

Je pense  à des enfants HANDICAPÉS, qui ne peuvent pas exprimer par la parole leurs sentiments.

"Madame ça va bien avec les autres enfants!"

Non mais, qui êtes vous pour savoir? Est-ce que vous êtes dans leur tête? Est-ce qu'ils peuvent exprimer verbalement comment ils se sentent réellement à faire près de 3 heures d'autobus par jour?

NON. Ça va bien?  Ces enfants sont les seuls qui pourraient réellement nous le dire, mais leur handicap les en empêche. J'irai plus loin en disant que plusieurs, par leur handicap, ne peuvent probablement même pas dire "non je n'ai pas envi, ça me tente pas l'autobus", leur handicap faisant en sorte qu'ils ne savent même pas qu'ils pourraient protester.

La commission scolaire a gâchée l'entrée scolaire de mon enfant et me gâche la vie depuis maintenant une semaine.

Elle "travaille" pour régler la situation, tout en me rappelant "que ça a toujours bien été". Elle me rappelle aussi que leur mandat est d'offrir un transport adéquat aux enfants et que c'est ce qu'elle a toujours fait.

Laissez-moi en douter. La journée où ces enfants pourront parler et dire ce qu'ils en pensent réellement, nous pourrions avoir des surprises.

J'ai raccroché de ma conversation avec le responsable de ma plainte, le coeur enragé. Pour tous ces parents qui n'ont peut-être pas la force de faire une plainte, pour tous ces parents qui ne savent peut-être pas qu'il y a d'autres options possibles, mais principalement pour ces enfants qui ne peuvent même pas nous parler et nous dire comment ils vivent cette décision.


Je vous demande, lecteurs, un petit appui. Un simple petit commentaire, pour montrer à tous comment ce genre de situation n'a pas lieu d'être. Je le fais pour mon enfant (qui en passant, n'est JAMAIS malade en voiture) et aussi pour tous les autres...  Un petit geste qui peut faire toute la différence, lorsque je continuerai mes démarches dans la dénonciation de cette situation.

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