jeudi 1 novembre 2012

La tache

Avant que quelqu'un parte en peur, c'est une image et "la tache" ne représente pas le trouble, mais bien le travail que le trouble demande.

Tout d'abord, j'aurais eu envie de vous faire une autre tranche de vie, mais finalement ça va attendre, elles se ressemblent toutes de toute façon, quoiqu'avec des petits changements d'une fois à l'autre comme fiston qui se lance dernièrement au beau milieu de la rue en courrant!  (une autre histoire à venir plus tard!)

En fait, j'ai pensé à ça aujourd'hui, sur ma façon que je vois un peu la situation avec le bébé et ses retards principalement au niveau du langage. Et j'ai eu envie de le partager.

Au début j'ai pensé à un endroit où on fait du ménage, mais finalement ça a évolué avec une pile de vaisselle!

Je dois avoir l'air complètement cinglée hein!

Bon! Tout ça pour dire que l'idée c'est, un - démontrer le travail que demande l'enfant avec un développement différent, deux - démontrer l'état de fatigue/panique/angoisse/désespoir qui peut atteindre les parents face à cette situation.

Alors commençons!


Tout d'abord, il y a la naissance. Et c'est là que ma pile de vaisselle entre en jeu!

Alors imaginons que chaque parent est le laveur de vaisselle. On les mets tous cote à cote et au départ, à la naisssance, ils ont tous la même pile de vaisselle chaque (je parle donc d'enfants dont aucun handicap n'est connu à la naissance).

On commence alors le lavage, tout le monde va à peu près au même rythme à plus ou moins quelques assiettes près. Évidemment chaque enfant étant différent, les choses évoluent de façon semblable mais non identiques. Au fil du lavage, il s'ajoute de la nouvelle vaisselle (étapes du développement).

Un jour, on commence soudainement à réaliser que notre pile baisse moins vite que celles des autres. On utilise tous le même savon, mais pour une raison qui est inconnue, on commence à avoir plus de difficultés que les autres à laver notre vaisselle, on frotte plus longtemps, plus fort. On se dit alors que le voisin a probablement une meilleure technique que la notre, ou sa vaisselle est différente (chaque enfant étant unique) et plus facile à laver.

Pour nous c'est normal, on ne s'en fait pas trop avec ça. Mais, un jour, on regarde comme il faut, et on constate que notre pile de vaisselle est devenue beaucoup plus grosse que les autres. La panique s'installe, qu'est-ce qui se passe? Comment va-t-on prendre le dessus? (questionnement)

On garde espoir, on se dit qu'on va reprendre le rythme et rattraper le retard en temps et lieux (déni/espoir - ah... il va débloquer tu vas voir!)

On fini, à force de voir la pile augmenter, à se décider à poser des questions, à demander des trucs. Est-ce qu'un produit serait plus efficace qu'un autre pour m'aider à laver ma vaisselle au même rythme que les autres? On nous offre alors de nouveaux produits à essayer mais on ne sait pas vraiment pourquoi c'est plus compliqué pour nous. (interventions/stimulation de départ). 

Le temps file, on continue, on essaie de faire baisser notre pile, mais le contraire se produit, la vaisselle arrive plus vite que le temps d'en laver une. Plus le temps passe, plus elle est difficile, au point même qu'on est pris avec une assiette, elle nous empêche de faire baisser la pile, on s'acharne sur celle-ci, elle a une tache qui ne veut absolument rien savoir de partir (arrêt de développement, stagnation dans une sphère)

On continue d'essayer des nouveaux produits, et on a pas trop de réponse sur le pourquoi, en même temps, on voit la pile des autres, avec une pointe de jalousie, d'envie, de frustration, de tristesse. (constatation d'une différence, recherche de réponses)

À un certain moment, on fait face à une certaine évidence. Même si on voudrait absolument tout de suite faire reluire cette assiette en particulier, on doit penser au reste de la pile, et essayer de se concentrer sur une autre.  (lâcher prise, besoin de recul)

On continue de se faire dire par certains que ça va passer, on espère qu'en tassant le "problème", ça se place seul.  La réalité, c'est que même si on fait avancer un peu le reste de la pile, on a cette assiette, à côté de nous, on la voit à tous les jours, à toutes les minutes, à toutes les heures. On essaie de ne pas y penser, mais on voudrait dont réussir à régler le problème une fois pour toute. Par le fait même, on néglige sans le réaliser tout le reste, on a pris du retard parce que notre esprit est concentré sur LA tache (la différence qui entrave le bon fonctionnement quotidien malgré elle, l'espoir qui continue d'être présent en attente de réponses)

Une journée, on se relève les manches, et on reprend le travail sur la tache. On essaie de garder espoir que ça parte pour de bon. On essaie des nouveaux produits encore une fois, on voit une petite maigre amélioration dans un coin, ça nous redonne du courage et de la force pour continuer. On essaie de ne pas trop regarder à côté, pour ne pas voir à quel point c'est facile chez les autres, peu à peu on s'est fait à l'idée de cette réalité. (acceptation)

Notre pile, on la voit, elle est rendue énorme. Là où chez les autres elle a baissé à peu près au même rythme que la nouvelle vaisselle arrive, la nôtre a pris du retard et on sait maintenant que celui-ci ne se rattrapera pas vraiment, que plutôt notre lavage a tout simplement un autre rythme, notre vaisselle était bel et bien différente des autres. (enfant différent)

On nous amène même, comme si la lourdeur de la pile déjà plus haute que les autres, d'autre vaisselle, que les autres n'ont pas à laver, eux elle est déjà propre mais nous on doit la récurer, la frotter, pas seulement avec un simple savon ordinaire, mais avec la tonne de produits qu'on nous a apporté, qui prennent beaucoup de place sur le comptoir, un peu trop même (interventions/enseignement des choses de base/qui s'apprennent seules habituellement dans le développement normal)



À travers tout ça, il y a des bons jours, où on a l'impression d'être dans une lancée, il y a des mauvais jours, où tout nous semble en arrêt complet, on est bloqué à une étape, et on attend de pouvoir poursuivre notre chemin.  On se promène alors, entre le lâcher prise nécessaire, et le relevage de manches où le courage semble être là.  On s'épuise par moment, on a même peur que la pile s'écroule devant nous, et on recommence...


Pourquoi l'image de la vaisselle? Parce que c'est une tâche que les gens n'aiment pas, mais nécessaire tout comme le développement de l'enfant.  Parce que si on déteste faire la vaisselle, on peut comprendre à quel point ça peut devenir gros la différence, comment il peut y avoir des moments de désespoir, d'envie de tout lâcher tout comme les moments de se dire qu'on va donner un bon coup pour passer à travers, de la joie, fierté quand on a ENFIN réussi à en faire reluire!


Allez dites-le que vous me trouvez un peu cinglée après la lecture de ce texte!!!

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