lundi 30 juillet 2012

On pense en SI

Je prends le terme penser, pour faire référence à la pensée visuelle de certains autistes (je dis certains parce qu'elle n'est pas nécessairement propre à l'autisme et tous les autistes pensent-ils en images? je n'ai pas posé la question).

Je prends le terme, parce que je fais référence à un vieux texte sur ce qu'on croit acquis lorsqu'on décide d'avoir un enfant.

Oui oui, je pense que la plupart des parents, lorsqu'ils décident de se lancer dans l'univers de la conception d'un petit être, ils ne pensent pas à un enfant malade ou handicapé. Parce que dans notre tête, la santé du bébé est déjà acquise avant même de le concevoir.

Mais, certains découvrent à la dure, après une grossesse difficile, pendant la grossesse, après un accouchement difficile, après la naissance, quelques jours ou mois plus tard, que finalement, rien n'est acquis.

Je disais toujours aux gens que j'y croirais vraiment quand j'aurais bébé dans les bras, et même...

Pourtant, s'il y a bien une chose, c'est que quand j'ai eu mon premier et mon deuxième, et mon troisième bébé,  les nuits complètes dans les mois à venir étaient acquises, les premiers mots, les premiers pas, les premiers je t'aime, les moments complices...

C'était juste acquis, parce que quand on met bébé au monde, on pense en QUAND.

Quand il va faire ses nuits.
Quand il va marcher à 4 pattes.
Quand il va manger.
Quand il va marcher.
Quand il va dire maman.
Quand il va dire papa.
Quand il va jouer au ballon, au baseball, au soccer.
Quand il va nager.
Quand il va faire du vélo.
Quand il sera grand.


Ce serait un mensonge de dire que vous, parents, ne pensiez jamais en QUAND.


Et un jour, le monde a basculé. On a changé de planète litéralement pour se retrouver dans un univers inconnu.

Et cette journée, tout ce qui était acquis, les QUAND, on pris le bord.

J'ai pensé à ce texte suite à une discussion, parce que même si je ne perds pas espoir avec Tommy, avec le bébé, avec le futur des filles, je ne pense plus en QUAND.

Je pense maintenant en SI, oui, parfois, ça fait mal. Parce qu'on voit les gens "Ah quand mon grand va faire du vélo..."   "Quand il va aller à l'école avec ses amis..."

Et nous dans notre tête, on transforme tout en SI.  "Si mon grand fait du vélo".  "Si il apprend à nager". "Si il parle..."

Aujourd'hui, je le comprends encore plus avec un petit bébé de 14 bientôt 15 mois, parce que dès sa naissance, je pensais en SI. 

Ça peut sembler triste, défaitiste ou même coureur de "troubles" mais je me considère tout simplement réaliste.

Alors, chez moi ce n'est pas "quand bébé va parler", mais plutôt "si il parle, on espère qu'il parle, on se souhaite que...".

L'espoir est toujours là, la défaite n'y est pas, seulement, que rien n'est acquis, et les quand, ne font que très rarement parti de mon vocabulaire.






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