mercredi 27 janvier 2010

Regroupement de vidéos sur l'autisme

Une famille de six enfants autistes http://health.discovery.com/tv-specials/other-videos/amazing-families-vod-autism-family.htm Voici mes vidéos de sensibilisation à l'autisme :
Avril 2012


2011- MIeux comprendre le trouble envahissant du développement




2010-Autostimulation chez l'autiste


L'auto-stimulation chez l'autiste by mamaly04


Décembre 2009 - Autiste ? Enfants avant tout !


Décembre 2009 - 11 minutes dans le monde de l'autisme

Janvier 2009 - Message d'espoir - Tommy



Septembre 2011

Une série de vidéo à voir : http://health.discovery.com/videos/autism-today/





Ajout février 2011 :


Comme une bombe from Petits Trésors on Vimeo.

Ajout mars 2010 :





Voici différents vidéos fait par d'autres parents :

Ajout 2010-01-28
Detecting autism before age 2  - À voir, il y a des explications sur les signes entre enfants typiques et TED et exemples !

Watch CBS News Videos Online

Autism screening - le CHAT en vidéo, pour mieux comprendre



Ces autistes sévères qu'on croyait déficients, un superbe vidéo d'espoir !

Autisme mode d'emploi - activez les sous-titre pour la traduction



Daniel autiste - 0-4 ans



Vidéo de Stephan Blackburn - Dieu merci les autistes sont là


Dieu merci ! Les autistes sont là ! from Stephan Blackburn on Vimeo.

Autism is not sad


À voir absolument - comparaison de comportements entre NT et TED
http://www.autismspeaks.org/video/index.php - séries de vidéos sur l'autisme

L'autisme - parlons-en !

L'autisme - parlons-en! from Guylene Dhormes on Vimeo.

Images de sensibilisation

Autisme et TED - Images de sensibilisation from Guylene Dhormes on Vimeo.

mardi 26 janvier 2010

Sur pause

PAUSE !

C'est le sentiment que j'ai de ma vie actuelle.

Ce message je le partage, ça parle un peu de moi, pour faire changement !


Avant d'avoir les enfants j'avais des projets. J'avais déjà mon idée comment je voyais mon futur.

Trois enfants. (quatre était mon idéal mais pas celui du papa) Je me voyais au travail et ensuite maman à la maison après la naissance du troisième. Je me voyais ouvrir éventuellement une garderie en milieu familial.

Tout a basculé à la naissance de ma fille. Difficultés d'intégration à la garderie, ma carrière tombait rapidement sur pause, 2-3 ans plus vite que prévu.  Entre les deux premiers je n'aurai travaillé que quatre mois à temps partiel et plus du tout par la suite.

Tommy est né, et la minie par la suite.  Je n'envisageais plus nécessairement de laisser mon emploi. J'aurais aimé trouver un compromis, moins d'heures semaines et recommencer le travail un peu avant les deux ans de la minie.

Ce qui devait arriver arriva... Tommy a eu son diagnostic, les démarches de la grande ont débuté et la minie grugeait toute mon énergie restante, rendant un retour au travail à ce moment impossible.

J'ai laissé mon emploi...  ça a été difficile, je l'appréciais beaucoup et oui je l'avoue sans hésiter que parfois ça me manque.

Alors que la minie n'était pas encore née, je m'étais trouvé une passion pour la maternité.  J'ai décidé de suivre une formation d'accompagnante à la naissance et j'aurais aimé suivre cette voix. Tommy avait à ce moment 7 mois et nous étions loin de nous douter de ce qui nous attendait.

Encore une fois, la même chose que pour mon emploi s'est produit et j'ai laissé tombé. Manque d'argent, manque d'énergie, manque de temps.

Ma grande commence l'école en septembre cet année. Mon garçon devrait commencer la garderie (temps plein ou partiel ce n'est pas encore décidé) en septembre aussi. Je vais me retrouver à la maison, seule avec la minie et probablement une éducatrice 12hrs semaine.

Vous comprendrez que nous ne sommes pas non plus riche ! Notre situation financière est très ... limite... juste ce qu'il faut pour arriver.. et certains mois, on arrive pas.

Je me sens donc coupable. Je me sens coupable de ne pas amener de sous dans le foyer. Je me sens coupable d'être à la maison avec les enfants alors qu'il semblerait que la garderie serait la solution pour leur développement (en partie là ! pas totalement)  Je vois arriver septembre rapidement... et je ne sais plus. Je me sens coupable de probablement être à la maison avec la minie seule en septembre... sans autre enfant, sans revenu, à quoi bon ? Un milieu stimulant serait mieux pour elle non ?


Ma vie se dirige vers quoi ?  Je me sens sur pause. J'avais des projets, des projets abandonnés.


Une garderie comme mon projet initial ?  J'ai maintenant à peine l'énergie pour m'occuper de mes loups, comment ferais-je pour gérer ceux des autres entre les "probables" rendez-vous, déplacements de tout genre ?

Retourner au travail dans mon domaine? Ça exige trouver une garderie pour tout le monde, retrouver un rythme de vie qui n'était pas agréable du tout avec des horaires de fou dû au voyagement. Même si j'adorais mon travail, je n'y étais pas heureuse physiquement (problèmes de dos, maux de tête plusieurs semaines par mois, insomnie...)

Accompagnante ? Alors qu'en 2007 c'était peu connu, l'accompagnement à la naissance est devenu une vraie mode, presque tournée au ridicule (désolé si j'insulte quelqu'un ici ce n'est pas le but) alors que toutes les nouvelles mamans veulent maintenant suivre la formation et être accompagnante. J'aurais adoré recommencer ce cheminement, mais je ne suis pas certaine qu'il reste vraiment de la place dans ce marché saturé, qui exigerait une disponibilité que mon chum ne peut avoir.


Je sais une chose. Je ne peux retourner dans un travail de bureau.  Je n'ai pas l'énergie pour partir mon projet de garderie tel que désiré depuis toujours, mais j'aurais bien pris un ou deux enfants. Par contre les exigences des parents semblent aujourd'hui très élevées face à celle qui "garde" leurs enfants et je ne suis pas certaine de vouloir m'y plier pour le moment.

Je sais que je veux aider. Une des choses qui m'avait le plus attiré dans l'accompagnement à la naissance c'était le désir d'aider et d'informer les gens. De les informer pour qu'ils puissent être maître de leurs décisions.

Je suis aussi analyste dans l'âme (certains l'auront peut-être remarqué !!), raison pour laquelle je travaillais en informatique programmation et analyse !


Tous les soirs, j'écris ici, je fais des lectures la plupart du temps sur les troubles de développement. C'est ce qui m'occupe présentement.  Mes autres passions sont sur pause. Je ne me sens pas mal pour ça ne vous inquiétez pas... mais je me cherche.

J'aimerais bien trouver le moyen de repartir, de ne plus être sur pause... mais pour le moment je n'y arrive pas... je n'arrive pas du tout à voir vers quoi ma vie se dirige.

lundi 25 janvier 2010

Les doutes s'envolent



Un petit peu à la fois.


Les doutes. Vous savez, ces doutes quand on commence des démarches. Doutes à savoir "est-ce que je me trompe", "est-ce que ça va passer?" ... peu importe les doutes qui peuvent nous traverser l'esprit à ce moment.

Quand j'ai commencé les démarches d'évaluation de la minie, des doutes, il y en avait une tonne !

On parle d'une petite qui semblait bien se développer... Qu'est-ce qui se passait donc avec elle ? Qu'est-ce qui me mènait à consulter ?

J'ai fait les démarches au privé. Avec des doutes.

Les plus gros doutes que j'avais étaient concernant l'évaluation au privé. Est-ce que je "forcerais" un diagnostic malgré moi ? Pourquoi ne pas attendre au public ? Est-ce que je vais sans le vouloir influencer un diagnostic qui s'avèrerait erroné ?

La minie est embêtante, je le répète à chaque fois que je parle d'elle ici. Elle a des particularités fluctuantes.

La minie je le dis encore, n'est pas comme son frère... et donc, pour des parents avec un enfant autiste sévère, les doutes s'installent.

En novembre, alors qu'elle n'avait pas encore 25 mois, l'écart et les difficultés de la minie n'étaient pas SI apparentes pour nous. Un enfant peut très bien avoir quelques petites difficultés et les rattraper soudainement.

En novembre, la minie affichait quelques particularités... mais pas tant que ça. Les doutes étaient là...et si je faisais tout ça inutilement (et on sait qu'au privé ça coûte $$$$$)  ?

Comme j'ai spécifié dans un précédent message, des études ont démontré que les traits les plus "évidents" d'un trouble envahissant du développement apparaissent généralement entre 2 et 3 ans. Avant, les professionnels doivent se fier surtout sur le retard du langage, difficultés d'interaction et de communication.

Les traits "évidents" d'un trouble envahissant du développement, c'est un peu ce qui enlève, un à la fois, les doutes. Les doutes où on se dit "peut-être qu'on se trompe".

Pour la minie, les traits "évidents" sont apparus peu de temps après le début de mes démarches, peu de temps APRÈS SES DEUX ANS.


Les alignements

Je me rappelle de mon premier rendez-vous chez l'orthophoniste, elle me demande si la minie fait des alignements ou est attirée par les choses lumineuses, qui tournent. Je réponds sans hésitation NON.

Deux jours plus tard ? La minie fait son PREMIER alignement, devant moi, alors qu'on travaille les demandes avec les casse-têtes. Elle tourne à l'envers chaque morceaux et les aligne. Je suis litéralement bouche bée. Surprise de la voir faire, je pense à un hasard.

Hasard qui finalement n'en est pas un. Je regarderai même un vidéo que j'avais filmé avant ce premier alignement pour constater qu'elle regroupait déjà un peu ses objets, mais c'était passé inaperçu.

Hasard qui aujourd'hui fait parti de son quotidien. Elle aligne les casse-têtes, les bonhommes, les cartes, les autos... et j'en passe.


Les maniérismes, mouvements stéréotypés etc..

Avant de débuter les démarches je n'avais pas vraiment remarqué. Je ne cherchais pas non plus de "problèmes" à ma fille donc je ne scrutais pas ce genre de choses. Les maniérismes m'ont été pointés par certains personnes lors du visionnement des vidéos que j'avais préparé pour expliquer mes inquiétudes et que j'avais apporté à l'orthophoniste. Les quelques personnes ont tous vu la même chose. Maniérismes au niveau des mains et des doigts, regard en coin et une sorte de flapping "atypique"... seulement avec sa main plutôt que le bras au complet qu'on voit dans le flapping typique du TED.

Pour moi ce n'était pas si évident si on compare à Tommy qui fait énormément de flapping et bats des jambes. La minie ne le fait pas. Par contre, aujourd'hui quand je la regarde aligner ses objets, là où Tommy ferait du flapping, elle joue avec ses doigts, les bras près du corps, lèvres pincées. C'est toujours le même regard, le même comportement lorsqu'elle termine un alignement.


Le trouble de langage

En novembre, la minie avait pour moi un RETARD de langage. Elle n'avait pas beaucoup de vocabulaire, commençait tout juste les phrases de deux mots, mais ne communiquait pas avec nous. Dans ma tête c'était un retard.

L'orthophoniste au premier rendez-vous a tout de suite remarqué l'écholalie. Oui j'avais vu qu'elle répétait, mais pas tant que ça et je mettais ça sur le dos de l'écholalie d'apprentissage. Ce n'était pas encore très clair, elle en faisait un peu, avec de la "persévération" (répéter un mot ou une phrase sans arrêt).  Le soir quand je suis revenue chez moi j'ai "allumé".  La minie répétait toujours les mots plusieurs fois. "veux veux veux" "auto auto auto".  L'orthophoniste et le neuropsychologue en viennent au même constat... elle fait de l'écholalie, persévération et a un trouble de communication évident. Son langage est stéréotypé.

En novembre, elle n'avait pas beaucoup de vocabulaire. Comme plusieurs enfants, ça a débloqué... et depuis ce temps ce langage stéréotypé est rendu ÉVIDENT. Elle répète, répète toute la journée, tout ce qu'elle entend. Elle fait de l'écholalie immédiate et de l'écholalie différée (qui je l'avoue me fait sourire régulièrement !).  Le trouble de langage est bel et bien réel.


D'autres comportements sont apparus graduellement. La façon dont elle fait rouler les voitures, la tête collée sur la table pour regarder les roues, et sûrement aussi apprécié la sensation du roulement en faisant aller l'auto en va et vient. Quand elle dessine, encore la tête collée sur la table, à regarder la mine du crayon !

Ses difficultés sociales. Les acquis qu'elle gagne et perd. Le bye bye qui est si difficile malgré que je le travaille avec elle maintenant depuis 3 mois intensivement. Je travaille l'arrivée de papa, le départ de la visite... et ça reste si dur pour elle. 


La minie a maintenant 27 mois.  Trois mois sont passés depuis le début des démarches, trois mois pendant lesquels... les doutes... un petit peu à la fois... s'envolent.



* Ne pas oublier que je parle des doutes d'un "faux" diagnostic, et non des doutes sur le futur de la minie... seul l'avenir nous dira ce qui nous attend pour elle... je ne mets aucuns doutes sur ses capacités et les grandes choses qu'elle pourra accomplir. *

samedi 23 janvier 2010

L'HIVER

Ahhhhh ce bel hiver Québécois !




 Avant d'avoir des enfants j'appréciais quand même bien l'hiver. Enfant je pouvais passer des heures à patiner au parc devant chez moi. J'adore la sensation de bien-être lorsqu'on entre d'une belle heure dehors, rafraichit par l'air pure de l'hiver.

Avec des enfants typiques, l'hiver peut devenir frustrant les premières années selon le caractère de l'enfant. Certains aimeront ça, d'autres non. Pas besoin que l'enfant ait un trouble diagnostiqué, pour que l'hiver tant aimé tourne parfois au cauchemar.





Par contre, généralement on parle du cauchemar des deux premières années ! Celle où c'est dont compliqué mettre l'enfant dans son banc d'auto avec la grosse suit d'hiver qui prend toute la place. Celle où bébé est inconfortable et arrive à peine à bouger. Celle où l'enfant ne comprends pas que garder les mitaines dans les mains est préférable pour ne pas avoir froid.


Habituellement (je dis bien habituellement), après 2 ans, l'enfant commence à apprécier un peu plus l'hiver. Commence à comprendre le plaisir de se rouler dans la neige, faire un bonhomme de neige. Apprécie les promenades de traineau.

Les parents commencent à ce moment à réfléchir aux sorties, glissades, patinage peut-être l'année suivante ?

L'enfant commence à savoir quoi faire dehors !



Cet année c'est le premier hiver "autonome" de ma grande. Celui où je n'ai pas "trop" à me battre pour l'habillage et celui où je peux la "shipper" dehors seule sachant qu'elle va savoir comment s'amuser dans la neige ! ENFIN.  Je me rappelle des années précédentes où la pauvre chouette avait peur de seulement "piler" sur un banc de neige ! Elle paniquait à chaque fois qu'elle calait dans la neige.






L'hiver dernier a été long. Je l'ai passé majoritairement à m'arracher les bras à tirer le traineau, seule activité qui nous permettait de rester dehors sans une crise après 15 minutes.

Cet hiver la minie est plus grande, j'avais donc espoir que ça se passe mieux et pour l'instant on s'en sort assez bien.

Le début de l'hiver n'a pas été sans embûches par contre. Surtout celle des bottes d'hiver. Après 2-3 tentatives avec les grosses bottes pour jouer dehors, j'ai dû me résigner à acheter des bottillons à la minie. Elle hurlait d'être prise dans les grosses bottes. Comme il ne faisait pas encore froid, jusqu'avant Noël, je n'avais pas essayé les grosses bottes pour Tommy. Horreur ! Il a hurlé AVANT même que j'aie le temps de lui essayer. Rien à faire je ne peux pas lui mettre. J'ai dû encore une fois me résigner à l'achat de bottillons.  On va laisser faire les sorties dans les plus gros froid alors ! Heureusement cet hiver je suis présentement gâtée pour la température.

Sortir dehors dans la neige avec les enfants est plus simple, par contre ils ne savent pas plus quoi faire rendu dehors. Ils sont plantés debout, à regarder partout... tombent par terre, pleurent (surtout la minie).

J'ai eu la joie, une journée où la neige était molle, de voir Tommy prendre plaisir à faire le tour de la cour, et rire quand ça calait un peu ! Une première à 3 ans et demi !

Bien entendu je ne suis pas rendue aux projets de patinage, on repassera notre tour une autre fois ! Si la santé peut nous le permettre on profitera plutôt des glissades grandement appréciées l'année dernière. (non pas eu le temps encore d'y aller!)

Cette année je suis tout de même contente de pouvoir sortir les enfants, sans trop de larmes, même si ils ne savent pas comment s'amuser.





Cette année la température me gâte au point où hier j'ai pu joindre le meilleur de deux mondes... Celui de l'air frais de l'hiver, une belle heure dehors... et des enfants plus qu'heureux lorsque j'ai pu déneiger les balançoires pour qu'elles soient utilisables ! Un bon moyen de rester plus d'une heure dehors... sans crise de larmes.






vendredi 22 janvier 2010

La minie, les rapports et la suite...


Plus d'un mois d'attente. Avec Noël, les congés, les rapports devaient arriver seulement en janvier... et ils sont enfin là !

Même si on sait déjà pas mal tout ce qu'il y a à savoir, lire les rapports et le voir par écrit officialise beaucoup de choses et permet de pouvoir commencer les démarches suite au diagnostic.

J'avais peur que les rapports ne décrivent pas bien notre situation. Probablement parce que je suis habituée aux rapports super détaillés du centre de pédopsychiatrie. Quand on paye cher au privé, on a comme une petite inquiètude d'avoir mal investit notre argent.

Finalement, j'ai 8 pages de rapport. C'est quand même complet je trouve. Ça décrit pourquoi on a consulté, nos observations, leurs observations, l'ADOS, L'ADI-R, le développement cognitif, la conclusion et recommandation. J'ai 3 pages de l'orthophoniste.

J'avoue que ça m'a un peu fessée de voir le tout sur écrit. Pour moi elle n'est pas si pire si je compare Tommy qui est autiste sévère non-verbal, mais pour eux elle a quand même une atteinte sévère.

Tommy était évalué à 9 mois de compréhension, elle se situe entre 12 et 18 mois, tout dépendant de l'outil utilisé. Avec le PEP-R que j'avais simulé à la maison, je la situais à 14 mois, l'orthophoniste, sans être précise la situait à 18 et le neuropsychologue la situait à 12 mois (griffith test), bref c'est dans les environs de. L'expressif se situe dans les environs de 18 mois (orthophonie), mais reste que sa communication est très pauvre, oui elle a le vocabulaire, forme des phrases mais en terme de communication c'est loin d'être de son âge. C'est une grosse partie de l'écholalie (elle a aussi commencé l'écholalie différée il y a quelques semaines). C'est un retard sévère là aussi.

L'ADOS elle cote au-dessus du seuil critique de l'autisme pour toutes les sphères. Son diagnostic TED n'est pas spécifié... il préfèrait attendre une réévaluation avant l'école, mais elle cote autisme à l'ADOS et ADI-R. Elle a les maniérismes qui ont été noté (regard en coin, extension des doigts, flapping atypique (qui s'intensifie je trouve d'ailleurs surtout quand elle est contrariée)

Pour ce qui est de l'autonomie c'est semblable à son frère au même âge. Lors de l'évaluation de Tommy, le vineland le mettait en retard pour l'autonomie. Selon mes observations, elle est au même stade que son frère. Elle a un retard semblable à Tommy en ce qui concerne la motricité globale. L'évaluation d'ergothérapie sera à faire.

Alors c'est une étape de faite officiellement. Je ne sais pas à quoi m'attendre dans les mois à venir, je suppose que ça va se préciser. Tommy c'était pas mal plus clair. Pour la minie le portrait me semble à moi trop flou, étant donné la comparaison que je ne peux m'empêcher de faire avec son frère.

Nous entrons maintenant dans une nouvelle phase, celle des papiers, des demandes de toutes sortes. Je vais attendre impatiemment que la demande soit transmise au CRDI et prier qu'ils ne me causent pas de problème pour accepter la demande de service. Je suis comme une "pionnière". Les diagnostics TED posés par un psychologue (ou neuropsy) ne sont permis que depuis décembre. Le CRDI a donc la décision finale à savoir si l'évaluation est suffisante et fiable pour qu'ils acceptent la demande.

Par moment je trouve ça difficile avec la cocotte. Depuis le début je vous la décrit comme une enfant dont les particularités sont fluctuantes, et ça continue. Des jours elle semble vraiment réceptive et avec nous, d'autres c'est difficile.

Elle perd parfois des acquis. Comme si un apprentissage lui faisait perdre des choses qu'elle savait. Elle pointait bien, c'est rendu difficile, je dois encore plus deviner ses besoins. Par exemple, hier elle voulait des biscuits. Elle vient me voir, dit biscuits, biscuits en regardant un peu partout, me tire par la main et m'amène proche de l'endroit où étaient les biscuits. Moi je la connais, je savais ce qu'elle voulait, mais mes tentatives de lui faire le demander correctement ont échouées. Elle tournait sur elle-même, se balançait, répétait biscuit mais n'arrivait pas à rendre sa demande plus précise, ne me regardait pas et ne pointait pas en direction de la boite. Je travaille intensément le bye bye depuis des mois. Certaines semaines on dirait que c'est acquis, et la semaine suivante c'est à recommencer.



Les questionnements me traversent l'esprit. Je n'arrive pas à comprendre ce qui se passe avec ma cocotte. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi je vois son développement comme dans un film, vous savez la scène où il y a un gros plan sur la personne et que tranquillement pas vite le plan s'éloigne de plus en plus. C'est comme ça que je me sens avec une petite puce, pour qui je ne sais pas du tout à quoi m'attendre !

lundi 18 janvier 2010

Pourquoi je ne l'ai pas vu venir ?

C'est une question qui traverse l'esprit de la plupart des parents en démarches pour un diagnostic, ou qui ont obtenu le diagnostic récemment. La question mène souvent à la culpabilisation. Pourquoi je n'ai rien vu ? Pourquoi je n'ai pas remarqué l'évidence ?  On se sentira coupable du temps "perdu" à ne pas avoir été assez "vite" pour remarquer qu'il  y avait un problème.

Lorsque les spécialistes nous mettent devant les particularités de notre enfant, que les tests montrent à quel point les difficultés sont évidentes, on se sent comme si on avait été aveugle.

Pourquoi ? Pourquoi ce qu'on a pas vu nous semble si évident par la suite ?

Prenons au départ les "caractéristiques" les plus communes de l'autisme. Celles qu'on retrouve un peu partout sur Internet...  qui je l'avoue ne donnent vraiment pas le portrait global de ce qu'un TED peut être.


SIGNES LES PLUS CARACTÉRISTIQUES DE L'AUTISME :

- Il est fasciné par les objets qui tournent

Vous avez peut-être vu votre enfant être "un peu" fasciné par les objets qui tournent.  Il s'amuse. C'est un bébé. Avant deux ans, on le voit comme un petit bébé qui y a trouvé un intérêt sans que ce ne soit nécessairement envahissant.  On pense alors au cliché autisme : "ben non un autiste, il regarderait le fan tourner pendant des heures, pas seulement 5 minutes."

Votre enfant n'a peut-être pas eu du tout cet intérêt (comme c'est le cas de la minie). Ce n'est pas une "obligation" à l'autisme ou au TED. Certaines études démontrent aussi que les plus grands signes de l'autisme, les plus flagrants et inquiétants apparaissent pour la plupart APRÈS 2 ans.

- Il obtient des résultats inégaux dans les mouvements précis


L'enfant peut paraitre maladroit (exemple tomber souvent), avoir une démarche particulière, avoir un peu de retard au niveau de la motricité fine et global.  Puis alors ?  Je ne connais pas beaucoup de parents qui se questionnent à 18 mois sur la démarche de leur encore "bébé".  Ma minie a une démarche particulière, ça ne m'a jamais sauté aux yeux pour autant.  UN je ne m'y connais pas en ce qu'est une "démarche normale", DEUX, elle n'a que deux ans, pourquoi je me demanderais si sa motricité, sa coordination est normale à 2 ans ?  Tommy courrait et tombait beaucoup. Il est maladroit tout simplement.

- Il ne craint pas le danger

Quel danger ?  À la lecture de ce critère on pense, il n'est pas conscient du danger des marches ? de la piscine ?  La minie savait à 14 mois qu'il fallait être prudent devant des marches et Tommy aussi (je ne me rappelle plus l'âge).  La grande a 20 mois par contre se lançait dans le vide devant des escaliers, sans la conscience de la chute qui l'attendait.  On devra les ramener à l'ordre parce qu'ils vont dans le milieu de la rue. Suis-je censée savoir à quel âge c'est normal ou pas ? Les dangers ça s'apprend, alors où voir qu'il y a une inquiétude ?  L'enfant apprend comme tous les autres alors on ne s'en fait pas avec ce critère.


- Il établit difficilement des contacts avec autrui

Il est indépendant. Il est timide. Ça ne lui tente pas aujourd'hui.
Surtout pour les mamans à la maison, on ne voit pas nécessairement ce qui "cloche" autant que des enfants dans un groupe à la garderie. Il est moins sociable que les autres, il passe pour un peu peureux ou sauvage, point. À la maison ça va bien, il établit un bon contact avec maman et papa (ou pas ça dépend). On fait des jeux, on joue à coucou, on joue à la poursuite...


- Il établit difficilement le contact visuel

Honnêtement, entre nous. Combien de fois dans une journée vous êtes vous questionné sur le contact visuel de votre enfant ?  Moi, avant mes enfants et de m'y connaitre sur le sujet ? JAMAIS.  Tommy jouait avec nous, avec un contact visuel par moment, assez pour que je ne remarque pas vraiment les fois où il n'était pas là. La famille ou les amis vont le penser encore une fois timide tout simplement, ou indépendant.


- Il est hyper actif ou hypo actif

C'EST UN ENFANT !  Il est tranquille (hypo) qui va se plaindre ? Je suis certaine qu'il va avoir ses moments plus actifs dans la journée. Il bouge beaucoup ? Il a de la vie, il est heureux, de bonne humeur.


- Il s’adonne à des jeux obsessionnels

On parle ici d'aligner les objets, d'être rigide et toujours avoir le même jeu de façon répétitive. C'est une des caractéristiques qui appaitra pour plusieurs enfants, selon les études, après deux ans. Ce fut le cas pour mes enfants. Les deux ont commencé les alignements, les rigidités dans le jeu après deux ans. Avant rien n'était assez flagrant pour qu'on se pose la question. Encore ici, en étant à la maison ça parait moins qu'un enfant à la garderie. Notre enfant a ses intérêts, on ne se questionne pas vraiment sur "le problème" avec ses intérêts et jeux.

Tommy avant deux ans aimait mettre des objets un par dessus l'autre. Pas une pile parfaite, n'importe quoi sur n'importe quoi. Je ne me suis pas demandé si c'était normal.  La répétition, les alignements, les particularités sont venus après 2 ans. Il a commencé à aligner ses céréales, une céréale par barreau de chaise. Il a commencé à jouer à lancer les cailloux sur le patio pour le bruit que ça faisait, lancer le sable comme stimulation.  La minie a commencé à aligner quelques semaines après le début de mes démarches, vers 25 mois. Ses rigidités dans le jeu sont apparues vers 22 mois mais je ne me suis pas posé de questions. (elle voulait toujours jouer assise à la table... et puis? qu'est-ce que ça dérange?)


- Il éclate de rire sans raison valable

C'est un enfant, encore là dans le jeune âge, comment peut-on juger de  ce qui est drôle ou pas pour eux ? Il rit dans des situations étranges, c'est seulement mignon mais surtout IL RIT... quoi de plus plaisant. Et on pense au cliché... "Un autiste qui rit ? Qui est de bonne humeur ? Ben non il devrait se balancer dans un coin."


- Il semble être sourd

Personnellement je n'ai pas vraiment remarqué. Non il n'était pas avancé au niveau des consignes, répondre à son nom, mais je mettais ça sur le compte du "il est un peu en retard, c'est pas grave, ça va débloquer". On le croit indépendant. Il est occupé, ça ne lui tente pas de répondre, il n'a pas entendu... Pour la minie, c'est fluctuant et encore une fois ce n'est pas un critère absolu et obligatoire dans le TED.

- Il résiste aux caresses


Non. Mes enfants ne "résistent" pas aux caresses. Je n'aime pas ce critère qui comme pour les dangers n'est pas assez précis. L'enfant TED peut être très affectueux (même trop, toujours chercher le contact), il peut ne pas rechercher le contact sans réagir ou il peut mal réagir si on essaie d'avoir un contact avec lui.  Tommy et la minie était dans le "sans réagir".  Je ne vois pas pourquoi je me serais posé de question à 18 mois à ce sujet, moi non plus je n'aime pas faire une colle à n'importe qui !

- Il fait des crises de larmes, est désemparé sans que l’on sache pourquoi

Ah ! Ça oui !  C'est un enfant, il a des peines, on ne comprend pas toujours pourquoi. Il fait des crises imprévus. C'est un enfant un peu plus difficile, ça va passer ! (se dit-on)


- Il résiste aux méthodes conventionnelles d’enseignement, présente des anomalies du langage (écholalie, absence de langage)

Oui, mais rare qu'on le réalise avant 2 ans et peut-être plus tard selon le sévérité du diagnostic de l'enfant. On remarque un retard de langage (comme plusieurs enfants normaux). On remarque qu'il ne s'intéresse pas aux mêmes choses que les enfants de son âge. (il est un peu différent sans plus).

La minie répétait (en écholalie) mais à 18 mois, ce n'était pas assez prononcé pour que je puisse douter que ce n'était pas de l'écholalie d'apprentissage.  (écholalie d'apprentissage = bébé de 11-12 mois qui répète les mots qu'on lui apprend. Écholalie non fonctionnelle = "c'est quoi ça ?" réponse du bébé = "quoi ça")


- Il semble insensible à la douleur

Ici ça peut être aussi le contraire. Il peut réagir trop fort à un simple frôlement. La pensée qui a dû traverser l'esprit des parents concernés ? Il est fait tough (pour un enfant insensible) ou il est "moumoune" (pour un enfant hypersensible) !


- Il résiste aux changements de routine

Mes enfants ne sont pas très rigide aux routines. Je réalise par contre que ça peut être très subtil et on ne s'en rend pas toujours compte, puisque nous avons nous-même des routines. Qui sont les premiers à instaurer la routine, bain, histoire, dodo ? Ce sont les parents. On la refait jour après jour. On ne pense pas la changer, donc avant qu'on réalise que l'enfant réagit mal si on y déroge ?

La minie est celle qui semble le plus réagir aux routines. Du moins à 14 mois et encore jusqu'à 20 mois c'était ma constatation. Par contre, je ne trouve pas que c'est SI envahissant que ça et quand on lit encore une fois sur le sujet, on tombe sur des exemples parfois terrorisant, qui nous fait dire "Ah non c'est pas ça ici !"


- Il préfère s’isoler

Il préfère jouer seul. Il est autonome c'est agréable non ? Encore une fois en sortie, il est seulement timide, plus gêné que les autres enfants. Il ne connait pas la grande tante là-bas donc préfère se tenir à l'écart. Qui ne reconnait pas l'enfant tout à fait "normal" d'un ami ?


- Il exprime ses besoins par des gestes

On dit dans la documentation TED, que l'enfant a un retard de langage qu'il ne remplace pas par le langage non-verbal ! Et ici on dit qu'il exprime ses besoins par des gestes !  Vous êtes mêlés vous ? Moi oui. Je comprends la nuance après beaucoup de lecture, mais ce n'est pas le cas des parents qui commencent tout juste à se renseigner sur le sujet.

Un enfant TED aura un retard au niveau de l'acquisition du pointage.  Il a un retard de langage(ou pas, encore une fois c'est variable). Lorsqu'on parle qu'il exprime ses besoins par des gestes, c'est surtout qu'il nous utilise. Il nous prend la main, la pose sur la poignée de porte par exemple pour aller jouer dehors. Ou nous pose la main sur l'interrupteur pour qu'on ferme la lumière. Il exprime son besoin par un geste NON CONVENTIONNEL.

À 9 mois, la minie me prenait la main, l'ouvrait et me mettait un jouet dedans pour me le montrer. Mon garçon a ce moment qui avait 2 ans,  ne faisait AUCUN geste. Alors c'était impressionnant pour moi de voir la minie insister pour me donner un jouet. Elle partageait, pourquoi je m'en ferais avec la façon dont elle partageais ?



Alors vous avez vu la liste DE BASE... qui se promène partout sur Internet. Une liste assez de base, pour que plusieurs parents d'enfants TED (non nécessairement autiste) ne soient pas certains du futur diagnostic de leur enfant. Une liste où TOUT peut être expliqué par autre chose qu'un trouble.

La liste ne parle pas de degré. La liste ne parle pas des nuances et subtilités dans chacunes des caractéristiques. La liste ne décrit pas le petit TED de haut niveau, qui a développé un assez bon langage, n'a pas de retard de développement apparent.

Alors pourquoi vous n'avez rien vu venir ?

Parce que quand vous regardez votre enfant, vous voyez UN ENFANT. Un enfant qui est un être unique, qui peut avoir ses petites difficultés comme n'importe quel autre enfant. Un enfant qui va "débloquer" avec le temps.

Vous n'avez rien vu venir... parce que vous n'étiez pas renseigné, parce qu'on ne peut pas tout savoir. L'enfant n'arrive pas avec un guide d'utilisation. Il n'arrive pas avec un "check engine". C'est à nous d'y voir et sans connaissances suffisantes, tout s'explique par le développement d'un enfant "normal", un peu différent.

Vous n'avez rien vu venir, parce que vous aviez en tête le "cliché" bien connu.

Vous n'avez rien vu venir, parce que si on se fie à la liste plus haut, elle est loin d'être complète.

Je pourrais y rajouter une tonne de choses, et les expliquer autrement un à la fois.

Les troubles de sommeils  - je connais plusieurs amies dont l'enfant normal à des troubles de sommeil

Les troubles d'alimentation - il est juste un peu difficile, ça va passer avec le temps

Le flapping et autre maniérismes - ça peut arriver après 2 ans. Ici ça s'est intensifié après 2 ans. De plus, le flapping peut être très normal chez un bébé d'un an lorsqu'il est content. Certains autres maniérismes comme ceux de la minie sont trop subtils et comme on ne passe pas notre temps à scruter tous leurs gestes, on ne les voit pas jusqu'à ce que ça s'amplifie, ou qu'on nous pointe dans la bonne direction.

et j'en passe.

Quand je passe en revue dans ma tête les souvenirs de mes enfants, OUI j'ai remarqué toutes les choses qui font leur diagnostic. Comme n'importe quel parent, NON je n'ai pas mis ça sur le compte d'un trouble sérieux, mais celui d'un enfant qui se développe tout simplement un peu hors de la norme.

J'ai culpabilisé lors des démarches de mon garçon. Je n'ai pas culpabilisé lors des démarches de ma fille.

Aujourd'hui je sais. Je sais que nous sommes des parents qui avons des enfants avant tout. Des enfants en qui- je ne le répèterai pas assez-on a eu confiance.

samedi 16 janvier 2010

Vous souvenez-vous ?

Vous souvenez-vous de ce temps où tout était plus facile ?


Je m'en souviens, quelques fois, lorsque je regarde mes photos, mes vidéos.

Je me souviens de ce temps où j'étais dans l'ignorance.

Je me souviens de ce temps où pour moi tout était temporaire. Ce temps où les particularités de mes enfants étaient normales et de passages.

Je me souviens de ce temps où je ne me questionnais pas autant.



Et vous ?

Alors en souvenir aujourd'hui de ce temps qui me semble maintenant si loin, et qui ne reviendra jamais, voici quelques photos !



La photo de tous les espoirs.
Celle où on ferme les yeux et on essaie d'imaginer le bébé en devenir. Son apparence, sa couleur de cheveux, ses yeux...




Le grand jour qui arrive. La fin d'un chapitre.



Le début. Celui où on s'apprivoise.
Où on apprend à connaitre le nouveau membre de la famille. Celui où on commence à rêver sur les premiers sourires, les premiers rires, les premiers pas..
(la minie à ses premières heures)



Le moment où notre bébé n'est plus, où on constate comment elle grandit.
(grande soeur pour la deuxième fois dans cette photo précise)



Ces moments où on contemple notre famille.
Ces moments où le futur ne peut qu'être beau pour eux. Où tous les espoirs sont permis.
Ces moments où on les imagine jouant ensemble plus vieux (se chicanant aussi parfois).
Ces moments où on rêve des futures sorties familiales... le vélo, le patin...
(une des rares photos des trois enfants ensemble)

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