samedi 14 septembre 2013

Parlons retards

C'est un sujet si simple et si tabou à la fois.

Aujourd'hui, notre vie, et l'éducation des enfants est énormément gérée par les livres. Les experts qui se positionnent sur les milles et une façons d'éduquer un enfant. Les livres sur le développement de l'enfant de 0 à 6 ans...

À l'époque, c'était plus... seulement naturel.


Aujourd'hui, on a besoin de valider, d'être rassurés, de savoir que ce qu'on fait est la bonne chose, d'avoir des arguments de béton du spécialiste xyz qui a étudié la chose plusieurs années.

Bon, ne généralisons pas mais vous comprenez certainement mon point.


Parlons maintenant RETARDS.


Vous savez, cet enfant qui ne suit pas tout à fait exactement la norme du livre que vous avez dans votre bibliothèque, ou que celui que votre ami à lu ou bien que le site Internet xyz mentionne.

Là, on veut les pitcher au bout de nos bras. Même si on est une personne, "dans le métier", ces retards qu'on a vu, et même sensibilisé certains parents, soudainement ils n'ont plus le même effet quand ça se passe "dans notre cour".


Malheureusement, c'est un sujet tabou. Un sujet difficile à aborder et où la plupart du temps les gens se dépêchent de répondre que les livres sont presque le diable  en personne et qu'ils ne font qu'inquiéter les parents sur quelque chose de juste "normal".


Jusque là, on est pas trop dans le champ. Pourtant, il faut quand même pouvoir en parler de ces RETARDS.


"Ben voyons donc! Un petit bout de 18 mois qui parle pas encore c'est pas grave, il va finir par débloquer. Maudit que les gens capotent pour rien aujourd'hui. Le mien a parlé à 2 ans pis il est ben correct!"


C'est une des réponses les plus fréquentes que j'ai pu lire au fil des ans.


"D'accord alors, je vais attendre."


Rares sont ceux qui nuancent. Qui posent des questions.

Principalement, parce qu'ils ne sont juste pas informer alors ils témoignent de ce qu'ils connaissent.


Arrivent alors, à travers les

"tu t'en fais pour rien."

les réponses différentes


"Hmmm, moi je pense qu'il est à surveiller. À son âge il a un RETARD de langage et ce serait bien de le mettre sur une liste d'orthophonie "juste au cas où".

"Est-ce qu'il fait des sons, est-ce qu'il pointe, est-ce qu'il te regarde dans les yeux, est-ce qu'il comprend les consignes?"



"RETARD, ben voyons donc, il a juste 18 mois, c'est un petit bout il a bien le temps. Caline on peut tu laisser les  enfants être des enfants. YA rien qui presse!"


Nous sommes là, parents d'enfants différents, à intervenir du mieux qu'on peut, sans trop en mettre à la fois. Juste informer.

Mais c'est un sujet difficile à aborder, parce qu'accepter de parler d'une différence, d'un retard ou d'un écart avec "la norme", c'est tabou.

Si NOUS, les parents d'enfants différents on en parle, alors nous sommes juste un peu parfois zélés parce qu'on imagine des problèmes partout.


Certes, tous les enfants n'auront pas un trouble éternel...  Toutefois, en 2013, avec les ressources qui existent, je crois que de bien informer et conseiller les parents est un devoir. On fait de notre mieux, par la suite c'est à eux de voir s'ils sont prêts à nous entendre.


Malheureusement, le déni prend parfois le dessus.  Seulement de reconnaître que "peut-être", l'enfant ne suit pas une courbe "dans la norme", sans mettre de côté la réalité que pour certains enfants c'est annonciateur de "plus gros", c'est difficile.  C'est plus facile d'accuser les livres, la société trop exigeante, la grand-mère trop "poule".

Pour plusieurs, c'est juste inconcevable de croire que ça peut leurs arriver. À eux. Parce que ça n'arrive qu'aux autres. Vous savez, le sœur de l'amie de l'amie, elle fait bien pitié, mais "mon enfant moi il est correct".


C'est un sujet extrêmement difficile à toucher parce que les parents ne sont pas toujours prêts à l'entendre.  C'est une des questions que j'ai vu fréquemment d'ailleurs.

Comment aborder les inquiétudes face à un enfant avec les parents.


Malheureusement, il n'y a pas de solution miracle. On ne peut absolument pas leur lancer en pleine figure qu'on croit que leur enfant a un problème. Ça ne se fait juste pas et surtout, ils risquent de vous en vouloir. Que vous soyez un parent, un bon ami ou un éducateur. 

On peut parler avec le parent, prendre des nouvelles, demander ce que lui pense. Un éducateur peut lui arriver avec une liste d'information. Laisser les parents réfléchir au tout et leur proposer des solutions.  Le parent peut refuser de voir la réalité à ce moment et ils doivent cheminer. Même si on peut essayer de les aider.

Je dis souvent que la subtilité est parfois plus efficace. Parler d'un petit voisin, d'un texte lu dernièrement sur Internet sur un sujet précis. Parler d'une dernière trouvaille comme une brochure sur le développement du langage.  Des petites choses qui permet aux parents de réfléchir. S'informer sans que ce leur soit imposé.


Mais, parler retards, c'est difficile, et tabou.

1 commentaires:

Anonyme

D'habitude il n'y a pas que le retard de langage qui fait penser qu'il y a un problème, il y a aussi d'autres signes. Je trouve que les garderies ne sont pas compétentes pour cibler un problème chez un enfant, à part de dire, dans mon groupe, la plupart des enfants parlent. Chaque enfant et ces chères dames ont une idée de la normalité qui est parfois dangereuse. Je déplore le manque de formation de ces personnes qui avancent aussi des choses fausses. Aller parler d'autisme pour un simple retard de langage et ce sont des familles qui viendront encombrer les listes d'attente alors que d'autres en ont besoin. Et si on commençait simplement par le médecin qui conseille une orthophoniste... au lieu d'aller directement pointer sur la liste d'attente du pédopsychiatre. L'orthophoniste, elle, pourra distinguer si l'enfant a peut-être des problèmes d'audition ou autre. Malheureusement, les orthophonistes sont peu disponibles, ce qui fait que trop d'enfants attendent sur les listes de l'hôpital, parfois pour rien. Je déplore aussi le manque de sérieux du contrôle médical et le trop de liberté qui est donné aux écoles et aux garderies pour pointer une difficulté. Comme le disait récemment une émission radio sur le TDAH, les professeurs ne sont pas des médecins et n'a pas à vous orienter pour que votre enfant obtienne tel ou tel diagnostic. Quant à la normalisation des enfants, c'est dangereux! Mais c'est dans une génération qu'on s'apercevra que cette politique-là ménera au contrôle social et à des dérives. Bien entendu, je ne parle pas des enfants véritablement TED. Je voulais savoir dans quelle mesure la détection précoce permet d'identifier des enfants véritablement TED. Je pense que la plupart du temps ce sont les parents qui s'en aperçoivent.
La détection précoce oui, mais pas par des gens qui n'ont pas les compétences requises. On sait malheureusement ce que ça a donné pour nous et l'argent qu'il a fallu dépenser pour rétablir la vérité. En tout cas, bon courage!

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