mercredi 25 septembre 2013

La thérapie de la vie

J'ai lu il y a quelques temps que tous les parents n'étaient pas adéquats dans l'éducation de leurs enfants.

En fait, les propos allaient un peu plus loin mais c'est une réalité à laquelle nous faisons vraiment face dans la société, mais ce n'est rien de nouveau alors le sujet suivant suppose que vous, lecteurs, êtes des bons parents pour vos enfants.


Tous les parents se questionnent sur l'éducation qu'il donne à leurs enfants et s'ils ont "le tour". Si un enfant ne parle pas à l'âge attendu, c'est surement de la faute du parent. D'ailleurs combien de fois certains ont entendu des phrases comme :

"Tu ne lui parles pas assez c'est pour ça."

La première fois que j'ai mis officiellement les pieds dans le monde des retards et de la différence, c'est ce que j'ai constaté. Les parents allaient chercher des conseils pour savoir comment "mieux faire" mais en se culpabilisant sur le fait qu'ils ne devaient sûrement pas "bien faire" si leur enfant ne suivait pas les livres.

C'est comme ça, presqu'inévitable, à moins que nous ayons eu plus d'un enfant, que les autres aient été "dans la norme".

Une maman alors, lors de cette première rencontre dans le monde des retards, demanda à l'orthophoniste et commentait son quotidien en disant qu'elle ne passait pas beaucoup de temps à jouer avec son enfant, qu'elle s'en sentait donc coupable.

La réponse de l'orthophoniste fut simple.  D'ailleurs, tous les parents n'ont pas le "talent" de sortir des petits bonhommes et faire semblant de jouer à l'école. Faut dire que nous avons quelques décennies de passé, et la vie tient occupée.

"Vous savez, pas besoin de "jouer" avec eux pour leur apprendre des choses, lorsque vous faites la vaisselle, pourquoi ne pas l'assoir à votre hauteur, sur le comptoir et commentez ce que vous faites."

La maman, a alors réalisé, avec soulagement, que finalement, peut-être faisait-elle déjà bien les choses, parce que si elle ne s'assoyait pas avec des petits bonhommes pour jouer avec son enfant, dans le quotidien, elle est présente pour lui et lui offre tout de même du temps stimulant.


Lorsque nous mettons au monde des enfants, des livres de stimulation, d'éducation, il y en a plusieurs. Tellement que c'est peut-être pour ça qu'on s'imagine ne pas avoir le tour si ça ne fonctionne juste pas.

Par contre, des livres sur le développement de l'enfant différent, ça ne court pas les rues. L'enfant qui marche plus tard, celui qui a un retard de langage, un problème d'audition, un handicap de naissance...


Donc, c'est évident, si ce livre n'existe pas, alors c'est certain que nous n'avons aucunement le tour avec notre enfant puisque personne ne nous a dit comment faire.

Il est autiste.

On éduque ça comment un autiste?


Je n'en ai pas la MOINDRE idée!


Passé ce stade-là, on offre alors aux parents toute sorte de thérapies diverses.

Orthophonie, ergothérapie, diète sensorielle, ICI, ABA, Sonrise, zoothérapie...

Des thérapies qui coûtent une fortune et qui amènent par le fait même un horaire chargé et un stress psychologique et financier. C'est inévitable, à moins d'avoir gagné le gros lot ou d'être déjà très riche.


Mais pour notre enfant on veut LA meilleure thérapie. 

Bon, bien entendu, ici, j'ai déjà mentionné que je ne croyais pas en LA thérapie miracle mais plutôt celle qui va marcher avec votre enfant.  Pas une, mais plusieurs, pas cette thérapie mais un mélange de...


Je ne l'ai pas le livre d'instruction ni la recette miracle. Je ne l'ai pas trouvé dans les 5 dernières années même si j'aimerais en annoncer une.


Toutefois, pour ma part, j'ai mon opinion sur la meilleure thérapie qui soit. Pour tous, pour l'enfant, pour les parents, pour le corps, pour le cœur...


La vie, n'est-elle pas déjà un grand monde d'apprentissage? Chaque jour, chaque minute, on apprend. Sans avoir un livre devant nous, sans être sur un banc d'Université, il n'y a rien, mais strictement rien qui remplace l'apprentissage de vivre, tout simplement.
D'ailleurs, la pratique et la théorie ce sont deux choses hein!

Nous, on est dans la pratique, à fond, à 200%, et la théorie, elle peut bien dire ce qu'elle veut, mais de vivre, rien ne peut remplacer ça.


Il y a maintenant 5 ans, je l'ai attendue cette thérapie. Celle qui allait me dire "comment faire" avec mon fils.  Je ne l'ai peut-être pas attendue très longtemps, mais en attendant, j'ai utilisé mon instinct et j'ai appris à connaitre mon fils. Mes enfants. Pas avec un livre, mais en vivant avec eux. 

J'ai eu alors la thérapie qui est venue, un baume sur un cœur blessé qui se sent souvent coupable de ne pas assez en faire, malgré l'instinct qui pourtant lui crie très fort par-dessus, voulant se faire entendre, qu'il est encore là, bien présent, et qu'on peut s'accrocher à lui, que lui, il ne nous quittera pas.

Malheureusement, le besoin de thérapie est si fort, que l'instinct on le met de côté, parfois de façon tellement dramatique que l'enfant et la famille paye au change, parfois, on l'écoute, mais on ne sait pas trop si on devrait.

La thérapie est venue et a quitté.  Je l'ai encore attendue, avec le stress, l'impatience...  et encore... une autre fois, mais là, aujourd'hui je ne vis plus cette inquiétude.

En fait, j'ai repassé par toutes les étapes plus d'une fois pour chaque enfant. Cette impatience, ce besoin de réponses, parce que je n'ai pas le bon livre d'instruction à la maison.  À chaque fois, j'ai été déçue, même avec le bébé, lorsque j'ai consulté l'orthophonie et l'ergothérapie il y a un an. Plusieurs milliers de dollars plus tard, un gros trou dans le portefeuille et le stress financier dans le plafond, et finalement, je suis ressortie totalement déçue.

Les thérapies, je ne dis pas qu'elles ne sont pas efficaces, elles donnent des trucs, des trucs de vie, et ceux-là je les avais déjà.


En fait, on a tout ce qu'il faut dans le quotidien pour faire la meilleure thérapie qui soit avec notre enfant, si on prend le temps de s'écouter, se faire confiance et de regarder autour de nous.

L'an dernier, quand le bébé avait un an, des petits amis ont commencés à venir jouer à la maison avec lui. Les amis de la grande qui prennent un plaisir à amener le bébé glisser, se balancer, courir, faire des châteaux de sable. Et ça, ça ne coûte absolument rien.

J'ai assisté plus d'une fois à des heures et des heures de thérapies pour en venir aujourd'hui à ma constatation. Vous comprenez que je ne veux aucunement rabaisser ni imposer une idée, simplement faire réfléchir sur ce que la vie nous apporte déjà, gratuitement, comme stimulation du quotidien. Sans se ruiner, sans courir partout, sans stress.

C'est une voie que j'ai choisi et au fil des ans, je ne crois pas qu'elle m'ait déçue elle. Jamais. Pas d'attente, juste de vivre et profiter de tous les moments qui se présentent.

Mon bébé n'est plus stimulé "professionnellement", je ne suis même pas stressée d'attendre les heures de thérapie qui devraient venir dans le futur, parce que tous les jours, il vit la meilleure qui soit, avec nous, avec les amis, avec ses sœurs....


Passez la tondeuse, grimpez des collines, faites des courses dans le corridors, passez la balayeuse, allez au marché, prendre une marche, aller au parc, allez regarder les animaux à l'animalerie, mangez une crème molle en famille, comptez le nombre de places de stationnement entre votre voiture et l'entrée du magasin, regardez les nuages dans le ciel, les avions qui passent et les oiseaux dans les arbres. Jouez à "écoute qu'est-ce que j'entends"...

Ça ne coûte rien.

Ça ne guérit certes pas, mais la thérapie la plus essentielle à mon avis pour les familles d'enfants différents et pour les enfants, c'est d'apprendre à vivre. Tout simplement.






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