dimanche 3 avril 2011

Changement de saison

C'est le sujet de l'heure dans plusieurs foyers où habite un enfant TED.

Les parents en parlent entre eux, font sortir le  trop plein, relèvent leurs manches et avec une grosse dose de courage, ils vont traverser, une fois de plus, le changement de saison.

Pour certains enfants TED, le changement de saison est très difficile.

On passe des manches longues aux manches courtes.
Des bottes aux botillons.
Du manteau d'hiver au manteau de printemps.
Même chose pour le pantalon.
Un chapeau moins chaud.

Une journée où on doit remettre les bottes de neige. Une journée où il fait trop chaud.
La neige fait place à la pluie.
La neige fond.
On retrouve des flaques d'eau un peu partout.
Il fait noir plus tard.

Pour nous, personne tout à fait neurotypique, la liste décrite plus haut ce qu'il y a de plus banal. Par contre, on vit nous aussi à notre façon le changement de saison... magasinage, ne plus savoir comment se vêtir et vêtir les enfants pour une sortie... mais ça passe comme n'importe quoi d'autres.

Pour l'enfant TED qui est atteint sévèrement par les changements, c'est carrément un gros drame dans leur vie. Le phénomène de difficulté de compréhension et de "rigidités" aux changements a déjà été expliqué dans ce message.

Je considère que je fais partie des "chanceuses"... et pas tout à fait à la fois.

Je me considère chanceuse(et pas), parce que Tommy est atteint assez sévèrement pour ne pas trop réagir à ce genre de changement.

Parce que la minie elle est atteinte suffisamment légèrement pour que ça ne cause pas d'angoisse.


Ça fait étrange à dire, mais dans le cas de Tommy on voit la différence d'une année à l'autre. Sa conscience de ce qui l'entoure se développe, par le fait même certaines réactions de rigidités apparaissent. C'est une bonne nouvelle, et oui, les rigidités sont une preuve qu'il enregistre plus de données de son environnement, que sa perception s'améliore.

L'hiver dernier, Tommy refusait de porter les bottes d'hiver. Il a dû passer l'hiver en botillons "automne/hiver".  Cette année ça a bien été.

Toutefois, sans mériter nécessairement de grosses crises, je vois que Tommy réagit plus qu'avant à ce changement de saison.

Par exemple, il est habitué depuis l'automne de porter des chandails à manches longues.
Lorsqu'il me voit avec un chandail à manche courte, ou manche 3/4... il vient me voir et tire... tire encore pour descendre les manches, parce que voyons!! ça ne fait plus le même sens les manches courtes.

Pourtant, il ne réagit pas avec les manches courtes de pyjama, toutefois quand je lui mets un chandail à manches courtes, là pendant quelques secondes, il tire et semble essayer de comprendre. Heureusement, il passe rapidement à autre chose.


Le changement de saison, avec un enfant comme Tommy, nous n'y sommes pas vraiment préparer, parce que nous n'avons pas vécu ce genre de problèmes par le passé, ou rien de majeur.

Toutefois, il arrive des événements qui nous rappellent qu'il faut être prêt à toute éventualité... comme aujourd'hui.

Les mitaines que Tommy portent depuis la moitié de l'hiver sont restées à la garderie. Aujourd'hui on décide de sortir et prévoit que Tommy va jouer peut-être un peu dans la neige. Papa me demande donc d'autres mitaines.

La crise. Tommy cri "Non, non", en larmes. Il résiste de toutes ses forces pour ne pas mettre les "nouvelles" mitaines qui ne sont pas celles qu'il porte depuis plusieurs semaines. Je sais pourtant qu'à la garderie on lui en a prêté d'autres que les siennes et ça semble avoir été correct. La question se pose alors pour nous? Les nouvelles mitaines qu'on a sorti pour dépanner ne sont pas faites pareilles, pas dans le même tissu, elles sont plus serrées du poignet. Alors qu'est-ce qui dérangeait Tommy à ce point?  L'apparence? Le confort? Le type de tissu?   Finalement après une petite minute de résistance on réussit à lui mettre les mitaines, pour une durée d'environ deux minutes, Tommy se dépêchant de les enlever à nouveau rendu dehors.

Je le répète, je me considère chanceuse parce qu'on ne vit pas régulièrement ce genre de problèmes et ce genre de questionnements sans réponses avec un enfant qui ne peut pas nous dire ce qui dérange réellement.

Par contre, la description que j'ai fait ici, ce n'est qu'une infime portion de ce que vivent plusieurs parents d'enfants TED en ce changement de saison.

Ils s'arment de courage pour passer à travers cette transition, et ils se préparent déjà psychologiquement pour le changement suivant.

3 commentaires:

Anonyme

Je comprends le message que vous voulez partager, mais je ne pense pas que d'utiliser le mot autisme pour qualifier, par exemple, un enfant asperger, nuit à la cause... Un enfant asperger peut vivre tant de souffrance, car il est très conscient de ses difficultés de socialisation et il voudrait tant être accepté et ne pas toujours être puni à l'école, etc. Entre vous et moi, dans le terme "trouble du spectre autistique", il y a le mot "autisme". Car les mêmes sphères sont affectés: communication, socialisation, sensibilité sensorielle, intérêts restreints, etc. Seulement, on ajoute une fixation pour des sujets intellectuels (comme les maths, les planètes, etc.) et une habileté langagière assez développée. Il y a beaucoup plus de choses qui sont semblables que de différences, selon moi, entre un asperger et un autiste de haut niveau (parfois les spécialistes ont même de la difficulté à départager)...
Sur ce, bon mois de l'autisme (et oui) et continuez votre beau travail de sensibilisation :)

Anonyme

Justement, en fin de semaine, on sortait faire des commissions et il faisait trop chaud pour le gros manteau d'hiver. J'ai craint la crise pendant quelques minutes parce ma princesse voulait mettre son manteau d'hiver et non son manteau de printemps (et le "pire", c'est qu'ils sont presque pareil - mêmes couleurs, même capuchon, même longueur...). Finalement, je ne sais pas si c'est pcq je lui ai montré que j'amenais son manteau d'hiver dans l'auto (avec une princesse qui a le mal des transports, un manteau de back-up, c'est une précaution nécessaire), mais ça fini par passer... Soulagement!

Fofie.

Annie

Je réponds au premier commentaire même si il n'est pas au bon endroit ;) ce n'est pas grave.

C'est l'utilisation surtout dans les médias qui me dérange ... on voit le mot AUTISME partout mais sans explications supplémentaires. Je pense aux parents qui arrivent et disent mon enfant est autiste alors qu'ils ont un enfant très verbal qui semble "normal" et je pense aux gens qui ne connaissent pas ça et pensent qu'ils s'en font passer une vite... de là les commentaires qui suivent "ben voyons c'est pas ça un autiste".

Utiliser le terme : autiste-asperger comme je vois certains parents le faire je n'ai rien contre parce qu'il y a une précision de faite qui permet tout de suite de pouvoir bien expliquer la nuance que si on dit seulement autiste.

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