vendredi 30 janvier 2009

Des enfants hors normes

Tout un constat !

Voici notre petite histoire de l'été 2008.

À un peu moins de 4 ans, en tant que bonne mère qui se questionne sur l'éducation qu'elle donne à ses enfants, je commençais à culpabiliser sur les comportements de ma grande fille. Je trouvais qu'elle était de plus en plus difficile à gérer dans beaucoup de situation. Promenade dans la rue, promenade au parc, sortie au magasin. Toutes sortes de situations pour lesquelles je commençais (et me questionne encore parfois) à me questionner sur "qu'est-ce que j'ai fait de pas correct avec ma fille ?"

On va prendre une marche, elle court dans le milieu de la rue sans arrêt malgré mes avertissements, finie dans la poussette et ça ne la dérange même pas. Dans les magasins elle court, touche à plein de choses... même chose la punition ne l'atteint pas. À la maison, on doit tout lui répéter... elle a de la difficulté à manger normalement, s'assoit croche, oublie d'aller aux toilettes et j'en passe...

Je ne dis pas que je n'ai aucune responsabilité sur le comportement de mes enfants, mais parfois quand nos tentatives échouent on fini par se remettre en question. Ce que j'explique ici n'est pas non plus un moyen de me décharger de toute responsabilité.

Au mois d'août alors que j'allais consulter à la clinique pour mon garçon, Ma grande m'accompagnait. Ce rendez-vous restera gravé dans ma mémoire pour plusieurs raisons.

La grande avait apporté un crayon et une feuille pour dessiner. C'était un moyen de l'occuper en espérant qu'elle ne soit pas trop tannante dans le bureau du docteur. Le dernier rendez-vous qui datait d'un mois plus tôt, mon chum l'avait apporté et ça avait été une catastrophe, elle a pleuré tout le long qu'elle voulait partir, les bureaux de médecins ou tout ce qui y ressemble en apparence la faisait pleurer.

Arrivée dans le bureau du médecin j'ai Tommy qui s'écrase par terre devant la porte, fâchée d'avoir quitté la salle d'attente où il jouait avec des blocs. Je fais assoir la grande pour qu'elle dessine. Ça ne fait même pas une minute que je suis dans le bureau que la grande est à l'autre bout de la pièce pour me montrer les outils du docteur, et un pot avec du liquide. J'essaie tant bien que mal de parler au médecin mais elle m'interrompt constamment pour me demander "qu'est-ce que c'est ça ?" Tommy pour sa part continu de hurler... et l'examiner est tout aussi difficile. Je ramène ma grande à la chaise en lui demandant de continuer ses dessins.

Le médecin s'assoit et commence à prendre des notes. Si vous saviez, l'air sérieux du médecin m'a tellement déstabilisée... j'avais l'impression de le déranger. D'être la pire mère du monde, pas capable de contrôler ses enfants. Je pensais sortir de là avec un regard de jugement venant du médecin.

Ma grande change de chaise et commence à toucher aux choses sur le bureau, je ne m'en rends pas compte immédiatement. N'oubliez pas Tommy qui pleure toujours autant.

Le docteur me demande son nom et son âge. Il commence à lui parler. Pendant qu'il parle elle ne lèvera jamais les yeux vers lui et je me demande même si elle a écouté ce qu'il disait. Et il commence : "... tu sais si je venais chez toi et que je touchais à tes choses dans ta chambre tu n'aimerais pas ça hein?". Elle ne réagit pas et fais un petit signe de tête. Il poursuit : "Moi, je pense que tu n'aimerais pas ça. Quand tu viens dans mon bureau, moi je n'aime pas ça que tu touches à mes choses." Elle ne bronche pas, elle continue de jouer avec le cadre qu'elle a trouvé sur le bureau.

Je lui enlève finalement le cadre et la rassoit sur l'autre chaise. Deux secondes plus tard, elle est de retour et recommence à jouer avec le cadre. Je la "gronde" une seconde fois. (ou troisième ?) Elle débarque et nous sommes bientôt prêt à quitter le bureau.

Encore une fois la grande se retrouve au fond du bureau du médecin et recommence le même scénario qu'à son arrivée. Elle me demande ce que chaque chose est ... et me montre un plat avec du liquide dedans. Je lui dis de ne pas toucher que c'est au docteur, et le docteur enchérit en disant que c'est dangereux. Elle le dépose, on croit qu'elle a compris et nous continuons à discuter. Quelques secondes plus tard, elle arrive à coté du docteur et lui donne le plat... "tiens c'est pour toi". Le médecin lui demandera pourquoi elle lui a apporté le plat, mais elle continue à répéter... "tiens c'est à toi... c'est du produit etc... "

Moi pendant ce temps je me sens toujours aussi coupable. Jusqu'à ces paroles :

"Vous savez, je vous comprends d'être fatiguée avec deux enfants hors normes. Elle en vaut trois et lui aussi."

Je lève la tête et regarde le médecin directement, demandant des explications.... mais surtout ayant un poids de moins sur mes épaules.

Le médecin m'explique alors ses observations.

"Je crois que votre fille est hyperactive et votre garçon un TED." Son regard n'était plus celui du médecin sérieux que j'avais l'impression de déranger... mais plutôt celui de quelqu'un qui compatissait à ma cause... qui comprenait que ce n'est pas toujours facile.

C'est suite à ce rendez-vous que tout a commencé pour moi. Que j'essaie de moins me sentir coupable face au travail que je fais avec mes enfants et aussi qui a enclenché toutes les démarches m'amenant où je suis aujourd'hui.

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