jeudi 11 septembre 2008

Comment on se sent ? partie 2

Ce soir je suis assise à essayer d'écrire ce message. Je suis fatiguée. Nous passons des nuits infernales avec deux bébés qui se réveillent en alternance et ce n'est pas facile.

Comment je me sens face à nos démarches, face à ce qui nous attends ? Dépassée ! Une amie m'a dit qu'on a l'impression qu'on a une grosse montagne devant nous.

Je suis à une étape où je suis triste de constater comment le système est mal fait pour notre problématique. Je suis triste de penser que ça va prendre des mois et des mois avant d'avoir de l'aide et la confirmation du diagnostic. Ça me semble si loin tout ça.

En attendant je veux ramasser le plus de conseils possibles, le plus d'outils pour commencer à travailler à la stimulation de mon garçon. Mais dépassée je disais. Le soir à 21hr alors que les trois enfants sont enfin couchés je n'ai plus l'énergie pour le faire.

Culpabilité ! Je me sens coupable de plusieurs choses. Ne vous inquiètez pas je suis loin d'être une personne dépressive... malgré ce que les écrits peuvent parfois transmettre. Mais je me sens tout de même coupable même si je sais que je ne dois pas. Facile à dire non ? Je me sens coupable dans la journée lorsque mon garçon passe 1hr à lancer des mégas blocs seul dans son coin alors que je dois plier du linge, ou m'occuper de la petite soeur malade. Je me sens coupable lorsqu'il passe trop de temps dans sa chaise d'appoint à attendre que je m'occupe des deux autres pour pouvoir le débarquer. Je me sens coupable de ne pas avoir assez de temps pour m'assoir avec lui et lui montrer des choses... même si je sais très bien qu'il ne coopère pas... et surtout qu'il s'en fou. Je me sens coupable le soir au souper de le nourrir avec une toast, alors que c'est un de seul aliment qu'il accepte encore. Encore plus... je le disais dans le message précédent... je me sens coupable de catégoriser mon gars... de savoir son problème sans avoir de diagnostic.

Triste ! Je ne vous raconterai pas de mensonges en disant qu'il ne m'arrive jamais de verser des larmes face à notre situation actuelle. C'est normal. J'ai beau me considérer forte dans les événements, une petite déprime passagère est permise à tout le monde.. Je me sens triste de voir mon garçon ne pas évoluer et encore plus de penser que ça risque d'être long et demander beaucoup de travail. C'est triste s'occuper d'un enfant à longueur de journée qui cumule crise par dessus crise... alors qu'il ne peut pas nous exprimer son besoin. Crise parce qu'on doit lui enlever un verre qui est à sa soeur, crise de chicane pour les jouets, crise lorsque j'ouvre la porte pour aller jeter quelque chose dehors alors qu'il voudrait sortir, crise lorsqu'on rentre dans la maison suite à notre sortie, crise au réveil de sa sieste. Le pire est quand il se fait mal, on ne peut tout simplement pas le consoler. Il pleure et pleure et pleure... et ça peut durer plusieurs minutes. On doit user de stratégie pour le calmer. Ses doudous, une émission qu'il aime, faire sonner les cloches, jouer à coucou... etc.. C'est le jeu des essais et erreurs. Mais si il ne feel vraiment pas une journée, pas grand chose n'y fera.

Inquiète ! Inquiète pour les semaines à venir. Tommy commence à être un peu plus agressif face aux autres enfants lorsqu'ils le dérangent dans ses jeux. La petite soeur de 10 mois et demi n'a aucune défense contre le grand frère... et lui n'a aucune conscience du danger qu'il représente pour elle. Si elle a le malheur de toucher au jouet qu'il a dans les mains, il la pousse fort et pourrait la blesser. Si il se promène dans le salon et qu'elle est dans son chemin il peut parfois passer par-dessus elle sans se poser de questions. Il lui est arrivé quelques fois que je n'ai pas eu le temps de prévenir qu'il tombe sur elle. Je l'ai vu aussi cette semaine montrer de l'agressivité envers sa grande soeur qui était toute triste de la situation. Autant il peut être dangereux face aux enfants plus jeunes, autant il n'a aucune défense contre les enfants plus vieux qui voudraient lui faire du mal... Je suis évidemment aussi inquiète sur le fait qu'il ne mange pratiquement plus.

Amusée ! Oui oui ... Malgré tout ce qui peut être écrit plus haut, c'est une petite boule de joie ce petit Tommy. Malgré que ce sont des caractéristiques inquiètantes de l'autisme, on ne peut s'empêcher d'être amusé face à certaines situations. Je repense à ma journée d'hier. Sa grande soeur lui donne des céréales et monsieur s'empêche de les aligner sur une patte de la chaise berçante. Plus tard il en trouvera une poignée plus loin pour les aligner sur les barreaux de la rampe d'escalier. C'est quand même cocasse à voir. Son jargonnage aussi. Lorsqu'il voit une image, un tissus avec des dessins quelconque et qu'il raconte à sa façon ce qu'il semble voir. Sa façon de se promener dans la maison, lorsqu'aujourd'hui il fait le "pont" et se promène comme ça pour le plaisir. Ou quand il tourne en rond autour de la table avec sa soeur en riant aux éclats. Lorsqu'on l'écoute fredonner ses chansons préférées.. ce sont tous des moments très particuliers avec un enfant comme Tommy. Il faut prendre le beau coté des choses !!!

Encouragée ! Malgré que Tommy ne communique toujours pas, nous avons parfois des moments de complicité qui sont très importants. Celui-ci adore qu'on joue avec lui, à le chatouiller, à faire des coucous, à le faire courir après sa doudou dans la maison, ou même de jouer à rapporte la doudou... hihihi. Les rires aux éclats provenant de lui ne peuvent que nous faire un plaisir immense. Les moments où il joue avec sa soeur en courant un après l'autre... ou bien lorsque nous le faisons sauter dans les airs et qu'il en redemande en faisant le mouvement de lui même et reproduit les sons.. (exemple plie les jambes et fera le son hiiiiii si c'est ce qu'on fait avant de le faire sauter)... quoi de plus encourageant pour des parents inquiets. Hier lorsque son père est arrivé il n'a eu qu'à dire son prénom pour que celui lui fonce dessus (oui oui comme un taureau), au souper papa mettait sa main pour que Tommy tappe dedans. Il connait aussi quelques signes... c'est plaisant de le voir les utiliser et ça nous encourage à une future communication avec lui, même si pour le moment il ne le fait que par jeu et sans savoir qu'il pourrait s'en servir.

Plusieurs questions de débutante



Plusieurs questions de débutante c'est le premier titre du post que j'ai fait sur le forum de la fédération québécoise. Le choc initial passé je me pose des questions, je veux des témoignages.. c'est normal, pas facile de trouver des gens qui traversent les mêmes épreuves que nous et qui peuvent mieux nous comprendre.




Le 5 septembre 2008


Alors je voulais savoir.


1. Est-ce que vous aviez des doutes pour vos enfants avant d'entreprendre des démarches ou d'avoir le diagnostic ?

2. Pour celles qui n'avaient pas de doutes comment avez-vous pris la nouvelle ? Après coup pensez-vous avoir manqué quelque chose ? des comportements qu'après coup vous vous rendez compte que l'enfant avait...

3. Pour celles qui avaient des doutes, comment vous sentez-vous ? Culpabilité, triste etc.

4. Combien de temps vous avez dû attendre pour avoir un diagnostic ? De l'aide quelconque ?


Moi dans tout ça...


1. Mon garçon nous avions remarqué très tôt (quelques mois à peine) qu'il avait des comportements différents, avant ses 1 an je disais à ma mère qu'il avait des comportements autiste mais en ne connaissant pas assez bien la condition je ne le classais pas là-dedans. À 4 mois il promenait des anneaux d'un bord à l'autre ... il a toujours été très rieur et souriant.. dans ma tête ça voulait dire que tout est beau. Dernièrement il s'est mis à fredonner les airs de musique.. avant de me renseigner sur le sujet on trouvait ça hot, jusqu'à ce qu'on apprenne que ça peut faire partie des caractéristiques. Les médecins ne nous ont pas écoutés... même un généraliste au sans rendez-vous m'a accusé de trop gâter mon gars et que c'était parce qu'il allait pas à la garderie. Bref on a rien fait... jusqu'à dernièrement.. dégradation de son alimentation qui va de pire en pire, nouveaux agissements caractéristiques (alignements des objets etc.., cligne des yeux en faisant des sons)... et après être tombé sur un médecin intelligent qui m'a poussé en confirmant mes inquiètudes. Donc je dirais oui j'avais des "doutes" mais comme je ne connaissais pas bien ça ça a retardé mes démarches et je trouve ça dommage.


2. Je pourrais parler de mon chum. Sans avoir de doutes, il était inquiet et d'avoir un médecin qui confirme l'inquiètude l'a mis down plusieurs jours. Il a commencé ensuite à faire des recherches et après 1 semaine ça allait mieux. Mais on doit faire attention l'Internet est bourrée d'information pas toujours très rassurante.. il ne faut surtout pas se laisser tomber dans le piège.


3. C'est ici que je recherche le plus de témoignages. Depuis le début je me sens triste un peu c'est normal. Mais mon gars il est super heureux et ça je le sais. Je me rends beaucoup plus compte maintenant qu'il a deux ans l'ouvrage que ça me demande... j'ai des amies avec des enfants du même âge que les miens et caline ça fait une grosse différence. Nous sommes déjà très épuisés de réveils nocturnes qui n'en finissent plus, et mes deux derniers 15 mois d'écarts sont maintenant pratiquement à un développement équivalent. Ma minie dès qu'elle marche aura dépassée mon garçon en terme de développement. Ça me fait quelque chose de voir ça. Aussi ben pour moi je trouve que c'est comme si j'avais des jumeaux présentement, c'est plus fatiguant pour les sorties aussi... mon gars ne suit pas, ne comprends pas des ordres simples.., je dois souvent le prendre dans mes bras parce qu'il s'écrase par terre régulièrement... une bagarre l'embarquer dans le banc d'auto. Ensuite je me sens vraiment coupable. Il a des fixations (tout ce qui roule, lance les objets etc..) mais avec les tâches de la maison je ne peux pas toujours le sortir de sa bulle.. je dois le laisser faire pour pouvoir préparer les repas, m'occuper de ma minie etc.. Je sais qu'il aurait besoin de beaucoup de stimulation et je me sens dépassée. J'ai commencé mes recherches, je vais faire tout mon possible mais c'est pas évident.. nous dormons des 4hrs par nuit donc l'énergie n'y est pas toujours. Je me sens coupable de le catégoriser... d'avoir peu d'espoir .. dans le sens que je m'attends fortement à son diagnostic.. mais je me sens coupable d'y penser comme si je le condamnais.. pourtant comme je dis plus haut je sais que mon gars est heureux et non je n'ai pas peur pour le futur... ça ne me dérange pas... mais c'est le en attendant d'avoir le diagnostic je me sens "pas correct"... j'ai besoin de ça pour m'enlever mon sentiment de culpabilité face à lui. J'ai envie d'en parler à mon entourage, mais je me sens coupable de le faire.. "et si je me trompe?" .. les gens vont penser quoi ? etc..


4. on m'a parlé d'une attente très longue et je trouve ça vraiment dur... je sais que ça doit être pareil pour plusieurs d'entre vous. Le clsc dans mon cas envoie la demande la semaine prochaine.. ensuite j'appelle l'hopital pour avoir une idée de l'attente.

Les démarches.... décourageant


Les démarches pour le diagnostic d'un enfant t.e.d/autiste est loin d'être une partie de plaisir.


Dans ma région tout est pris en charge par le clsc et un seul hopital s'occupe de faire le diagnostic.


Temps d'attente ??? On m'a parlé d'un bon 9 mois.

Priorité pour certains enfants ? Aucune idée me répond le responsable du clsc.


Et moi je lui réponds. Je ne peux pas croire qu'ils vont laissé mon garçon sans aide pendant presque deux ans !! Oui oui vous avez bien lu... l'attente pour avoir un diagnostic est de 9 mois ... et le même temps d'attente pour avoir notre porte d'entrée aux services du CRDI (centre de réadaptation en déficience intellectuelle). Et en attendant ????? Bah quoi... débrouillons-nous avec nous troubles. Laissons notre enfant ne plus manger... ça l'air que ça dérange pas grand monde.


À partir du moment où nous avons un soupcon de t.e.d nous sommes malheureusement laissé à nous même. Aucune aide si pas de diagnostic. Personne pour nous donner des trucs sur comment aider notre enfant d'ici là. Et comme toujours sur la liste d'attente en non priorité pour l'éducateur à la maison ... 9e ...



Alors quelle solution ? Le privé me répond certaines habituées. Aller chercher les services de base au privé.


Le problème... vous vous en douter bien... être riche sinon tant pis.


J'ai fait mon téléphone pour l'ergothérapie. Presque 400$ seulement pour une évaluation et ensuite 90$ par scéance. Un enfant comme Tommy nécessiterait au moins une scéance par semaine. Mais ce n'est pas tout.


L'orthophonie est l'autre service nécessaire rapidement. Apprendre à notre enfant les bases de la communication. Si un jour il comprend se dit-on parfois.


Au public. Une rencontre obligatoire au clsc. Rencontre de groupe de 2hrs à se faire dire... votre enfant à 1 an doit faire ça.. à deux ans doit faire ça.. etc.. OUI mais on le sait ça... nous sommes ici parce que l'enfant a absolument besoin du service. Mais non on doit suivre le protocole obligatoire des enfants "normaux". À la fin de cette rencontre on apprend qu'il y a encore 4 rencontres obligatoires. Encore des rencontres fait pour les parents d'enfants "normaux", alors j'ai bien peur que ce soit une perte de temps pour nous encore une fois. 1 seule rencontre avec l'enfant pour l'évaluation. Ensuite... vous savez bien... encore des listes d'attentes.


Au privé ? Je n'ai pas eu mon retour d'appel mais la majorité des cliniques ont 6 mois d'attente. Et les frais sont les mêmes.. une scéance par semaine à 85-90$ la scéance. Faites le calcul... 180$ par semaine pendant 2 ans ????


Je lisais sur le site autisme québec que le gouvernement n'a été sensibilisé qu'en 2003 sur la problématique des enfants ted. Les fonds pour le crdi ont été débloqué à ce moment. On se doute avec toute l'attente... qu'il y aurait encore beaucoup de chemin à faire.

Le défi coupe de cheveux



Oui oui tout un défi couper les cheveux à petit homme !!!! Hurlements à ne plus finir, claques... et hurlements encore.

Nous ne sommes jamais allés chez la coiffeuse avec lui... et étant donné la situation je crois que tant que je suis capable je vais lui couper moi-même pour éviter cet enfer à mesdames les coiffeuses.

Alors on s'excuse d'avance si c'est parfois croche ;)

mercredi 10 septembre 2008

Réactions de l'entourage

Ceci peut être un sujet un peu délicat. J'ai choisi de l'écrire en bref. C'est ici ma version, à vous d'en faire ce que vous voulez.

Comment réagi l'entourage face à une annonce d'un possible futur diagnostic d'autisme ?

Ce que je sais autour de moi. Comme nous les gens sont un peu triste. Les gens ont aussi parfois tendance à se sentir mal à l'aise et c'est tout à fait normal.

Et nous ? On a le choix d'en parler ou pas. Mon conjoint suite au rendez-vous me disait qu'il ne voulait pas en parler tant que pas de diagnostic. Mais en attendant les gens ne sont pas "fous" ils constatent la différence chez notre enfant. Mon garçon à son deuxième anniversaire se foutait bien du monde présent, encore plus de son gâteau et encore plus de ses cadeaux. Il a passé la journée à lancer des caillous, du sable ou boire son lait.

Finalement après la semaine fatidique du choc initial mon chum a accepté d'en parler. Pour moi c'est important. Mais je me sens tout de même mal à l'aise de parler d'une chose qui n'est pas confirmé.

Alors svp ... voici les erreurs à ne pas faire.

- Nier le fait... : "Ah ben non il est correct cet enfant-là ..., ça pas de bon sens "

- Chercher une autre cause : "Ah il est sûrement juste paresseux... "

- Accuser son grade : "C'est un deuxième c'est pour ça... il est négligé, vous avez moins le temps de vous occuper de lui"

- Accuser les parents : "C'est un enfant roi... il fait tout ce qu'il veut" , "il écoute trop la télévision etc.."

- Chercher mille et une solutions sans savoir de quoi on parle.


Oh que oui je suis consciente lorsque les gens ne connaissent pas une situation ils peuvent porter certains jugements sur notre façon de faire. Tentez d'éviter cette erreur qui est très blessante pour les parents.


Les choses à faire :

-Ne vous sentez pas mal à l'aise de poser plus de questions. Si nous avons abordé le sujet c'est que nous sommes prêts à y répondre.

- Pas besoin d'avoir quelque chose d'intelligent à dire... seulement d'offrir un soutien et une écoute est plus que suffisant.

- Vous pouvez demander des nouvelles sans hésiter.

Mon petit bonhomme sourire















Cette vie qui nous surprendra toujours

Cette réflexion vient de la première semaine suite à mon rendez-vous. Je l'ai dit qu'il se passe beaucoup de choses dans ma tête. Je me questionne sur le pourquoi de toutes ses épreuves... je me demande quand ça va bien finir ? "On a assez donné il me semble." est parfois ce que je pense.

Alors voilà !


Cette vie qui nous surprendra toujours

Le message que j'écris aujourd'hui n'en est pas un de prétention. Ce message que j'écris provient de plusieurs jours/semaines/mois de réflexion par rapport au cheminement de notre vie. Je dis notre parce que j'englobe tout le monde dans ce message. Je suis certaine que plusieurs d'entre-vous ont vécu des événements qui les surprend encore aujourd'hui. Nous avons tous une façon de voir notre vie, mais je réalise à quelle point la vie nous surprendra continuellement.

Mon cheminement commence dès ma première grossesse. J'accumule depuis plusieurs années des épreuves, des événements imprévus...

Ma première épreuve : Le tout commence à ma première grossesse. Alors que nous décidons d'avoir un enfant, je vis ma première épreuve avec une grossesse à risque, un médecin qui m'envoit promener, et des semaines difficiles jusqu'à la naissance de ma fille. Mon gynécologue qui m'avoue le jour de la naissance de ma grande qu'il ne croyait même pas que je réussirais à la mener à terme.

Ma grande fille : Ma fille est venue au monde par césarienne "d'urgence", elle était en début de souffrance foetale, a passé 7 jours à la pouponnière pour désaturation.. ses poumons n'étaient pas prêt à voir le jour. Elle avait aussi une c.i.v qui a nécessité 3 échographies dans sa première année de vie. Un bébé modèle qui ne pleurait pratiquement jamais, avec un gros problème de digestion elle vomissait régulièrement ses repas. Elle a souffert de la poussée dentaire comme jamais, j'ai passé la moitié d'une année de sa vie de 1 à 2 ans debout la nuit à la consoler et nettoyer le vomi de son repas du soir.

Ma première surprise : Alors que je croyais retourner au travail, retomber enceinte pour un écart de 2 ans et demi entre bb1 et 2... ma fille m'a réservé une surprise. Son intégration à la garderie a été un échec total. Après 1 mois de tentative à briser le coeur, la responsable mf et moi avons convenu qu'elle n'était pas prête. À ce moment plusieurs choses se sont bousculées dans ma tête. Vers ses 11 mois j'ai commencé à penser à bb2 ce qui était beaucoup plus tôt que dans mes plans initiaux. Je commençais à être prête et je planifiais le tout pour éviter la garderie à ma grande en même temps. J'ai été chanceuse, ma mère a pu garder ma fille pendant les 4 mois que je suis retournée au travail. À 11 mois j'étais loin de me douter des semaines difficiles qui m'attendaient avec sa poussée dentaire. Souvent lors de ma grossesse je disais qu'avoir su j'aurais attendu... que JAMAIS j'aurais 3 enfants rapprochés. J'ai pourtant passé au travers et j'en suis fière.

Ma déception : Alors que je voulais tenter un accouchement naturel pour mon deuxième enfant, la vie s'est chargé de me réserver autre chose. Ma grossesse s'est mal terminée et j'ai dû subir une autre césarienne "d'urgence". C'est un deuil difficile à faire, et à l'hôpital avec les souffrances de ma césarienne je songeais même à ne plus avoir d'enfants. Repasser par une autre césarienne était impensable.

Mon grand garçon : Mon garçon qui dès la naissance après seulement 2hrs de vie, ne s'endurait pas, ne savait pas comment s'endormir, avait besoin de réconfort. Un premier mois difficile à comprendre les besoins particuliers de mon garçon. Des maux de ventre, des intolérances alimentaires lors de mon allaitement, des crises... Mon grand bébé dans un corps de grand garçon de 2 ans

Ma deuxième surprise : À force de réflexion. Moi qui lorsque je voyais des filles enceintes de bébés rapprochés me disait que JAMAIS je serais capable. Que j'admirais pour leur courage et leur force que je n'avais pas. Jamais je n'aurais cru prendre la décision d'avoir un troisième enfant seulement 6 mois après la naissance de mon deuxième enfant. On m'aurait lit mon futur 1 an auparavant je n'aurais pas cru personne.

Encore des déceptions : Mon garçon qui se réveille encore la nuit passé 1 an. Ma grande qui dort mal et se réveille aussi la nuit. Ma grossesse qui se passait bien jusqu'à l'annonce que ma minie en route a un problème à un rein. Encore me suis-je dit. Comme si je n'avais pas le droit à cette grossesse parfaite.

Un choix difficile : Attendre un troisième enfant qui aura 15 mois d'écart avec le deuxième et moins de 3 avec le premier est une grossesse décision. Jamais je n'aurais cru avoir 3 enfants en 3 ans. Jamais je n'aurais cru avoir 3 césariennes. Repasser sous le bistouri une troisième fois alors que la blessure de la deuxième n'était pas tout à fait réparée. J'ai fait ce choix mais non ce n'était pas un choix facile.

De pire en pire : Un troisième bébé, n'aurais-je pas mérité d'avoir un troisième enfant modèle ? qui dort bien, qui est facile ? . Jasmine est loin d'être un monstre, mais passé ses 6 mois elle est devenue un bébé difficile. Elle se réveille la nuit plusieurs heures. Elle passe une grosse partie de sa journée à chigner. Elle est ma petite vite.. qui a 9 mois et demi je cours déjà partout après elle dans la maison, que je dois surveiller sans arrêt pour éviter un accident. Je suis fatiguée ! Mon garçon qui se réveille encore parfois la nuit et qui à 2 ans a le développement d'un enfant d'un an et qui régresse sur certains points tel que l'alimentation. Alors qu'on compte les jours à espérer que tout aille mieux, qu'on puisse enfin se reposer... une autre "surprise" m'attend.

La petite dernière surprise (pour le moment) : Je me rappelle avoir lu les messages de filles avec des enfants différents. À avoir eu beaucoup de compassion pour elles, à les trouver fortes, les admirer, à me questionner sur ma propre force s'il advenait le cas qu'un de mes enfants soit différent. Je me doutais déjà que mon garçon était différent. Je n'ai pas de réponses encore, j'ai seulement un médecin qui m'a confirmé que je dois maintenant entreprendre les démarches nécessaires afin de savoir ce qui nous attends pour le futur. Mon garçon est à risque élevé de TED. Ma grande est à risque de TDAH. Ma plus jeune pourrait être à risque si le médecin ne s'est pas trompé pour ma fille (à suivre l'année prochaine).

Comment je me sens ? Je ne me sens pas différente. Je chemine dans tout ça depuis plusieurs années maintenant. Mais je suis surprise de la force que j'ai. Cette force que je crois que nous avons toutes, mais que nous le saurons seulement le jour où elle sera mise à l'épreuve. Je suis surprise de tout le cheminement que j'ai fait depuis plus de 4 ans. Je suis surprise du déroulement des événements.

Mon résumé à moi :

J'ai traversé une grossesse à risque.
J'ai subi 3 césariennes.
J'ai eu 3 enfants en moins de 3 ans.
J'ai passé plus de nuits blanches que le corps peut en supporter.
J'ai des enfants à besoin plus particuliers.
J'ai entrepris des démarches pour mon garçon qui est à risque d'un diagnostic de TED. J'envisage l'école à la maison pour mes enfants advenant le cas qu'ils sont différents.

Une personne m'aurait dit à l'époque tout ce qui m'attendait, j'aurais probablement eu peur... j'aurais parlé d'une personne comme moi comme étant quelqu'un de courageux, qui en a beaucoup sur le dos, j'aurais compatis à sa cause. Et le plus surprenant là-dedans ? Je suis maintenant cette personne. Je suis fière de ce que j'accomplis tous les jours et non je n'ai pas peur du futur.

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