samedi 30 juin 2012

Problèmes de comportement !?!?!

Je tente le coup aujourd'hui, en délaissant mes tranches de vie des derniers mois pour tenter de répondre à quelques questionnements.

J'ai ouvert la porte en vous demandant via facebook s'il y avait des sujets que vous vouliez que j'aborde.

Pour commencer, je me permets de tout de même signaler que je n'ai aucune "formation" sur le sujet en dehors de mes expériences (que je considère tout autant valables sinon plus!) de maman, mes lectures et discussions au fil des ans.

Donc, le premier sujet qu'on m'a dit qui serait intéressant d'aborder est celui du comportement, principalement un enfant qui frappe les gens, frères et soeurs.

Ce n'est pas une question simple à répondre et il faut faire beaucoup d'observations pour arriver à cibler le pourquoi.  D'ailleurs, lors d'un problème dit "de comportement", les éducatrices font habituellement une grille d'observation sur quelques jours. Le but est de tenter de voir quand ce produit le comportement. Est-ce qu'il y a un élément déclencheur ou seulement juste "pour le plaisir".

J'ai mis "comportement" entre guillemets, parce que c'est plus complexe que ça. D'ailleurs c'était un des reproches de Brigittes Harrison sur les termes que nous utilisons pour parler d'un problème avec un enfant TED.  Elle affirme que ce n'est pas "du comportement" comme un enfant qui frapperait pour mal faire ou par agressivité.

L'enfant TED RÉAGIT, la plupart du temps à une attaque qui se produit contre lui. L'attaque est la plupart du temps sensorielle. Trop de bruits, trop de gens, une panique soudaine face à un changement. Il y a une tonne de raison qui peut faire réagir un enfant TED et évidemment chaque enfant TED réagit différemment. Certains crient, certains se replient sur eux-mêmes, certains frappent.

L'autre chose, l'enfant aime faire "RÉAGIR".  C'est-à-dire que ce n'est pas pour mal faire, mais l'enfant TED un peu plus "atteint" aime "L'ACTION-RÉACTION".  C'est quelque chose qui fait du sens pour lui, comme les alignements, les jouets qui tournent. On sait d'avance ce qui s'en vient et ce n'est pas une surprise, il n'y a pas d'innatendu.

Le comportement est le même, mais la raison du comportement est différente, donc la façon d'intervenir n'est pas la même.

Si on commence par le "plus simple", c'est celui de l'action-réaction.  À un certain moment, l'enfant à découvert qu'un comportement X cause une réaction Y. Ici on parle de frapper. Les réactions sont diverses, maman cri non, la personne qui se fait frapper cri outch, ou pleure.  Ce qui est "plaisant" pour l'enfant TED, c'est que c'est la même chose à chaque fois. Il y a toujours une réaction au comportement, ce qui donne la motivation pour recommencer sans arrêt.

C'est simple, mais avouons que c'est compliqué de dire qu'on ne réagit plus à un comportement dérangeant et potentiellement dangereux.

Une chose, il ne faut pas mal prendre le fait que lorsque vous réagissez ou le "punissez" il rit. Il rit, parce que la réaction est toujours la même à ce comportement et pour lui c'est réellement un jeu amusant.

Rendu là, il y a quelques méthodes possibles, mais encore, chaque enfant étant différent, cela dépend de son degré d'atteinte et de son niveau de compréhension.

Premièrement, on doit trouver une redirection à l'enfant si le comportement est "hors de contrôle".  Il semble avoir besoin de cette action-réaction alors on peut tenter de trouver un jeu qui comblerait ce besoin. Ce pourrait être un toutou musical par exemple.

Si l'enfant comprend assez bien, on peut faire des outils visuels expliquant l'interdiction de frapper les gens, mais la permission de frapper dans un endroit précis de la maison, un "punching bag" home-made si on peut dire.  Lorsque le comportement se présente, on évite notre réaction habituelle qui est de crier non, on irait alors par le visuel, en répétant le comportement interdit versus le comportement permis, en redirigeant l'enfant vers la bonne chose.  C'est déjà moins amusant que "je frappe, maman me cri non, je ris". 

Bien entendu, ils peuvent nous jouer des tours, et là je me sens un peu "décourageante" mais la joie de nos enfants différents c'est qu'on doit faire des essais et erreurs. Par exemple, l'explication ci-haut pourrait très bien fonctionner avec un enfant, mais l'autre enfant pourrait lui frapper la personne et aller lui-même à son coin "permis", continuant de se créer le phénomène action-réaction. Il est très important aussi que l'outil visuel soit clair et précis, parce que sinon, l'enfant pourrait CROIRE qu'il doit frapper pour aller jouer dans le coin qu'on lui a aménagé!

Je sais aussi que ça n'aide évidemment pas le phénomène lorsque c'est un enfant qui reçoit le coup, c'est un peu difficile de lui faire comprendre qu'il ne doit pas réagir. À ce moment, on doit tenter de faire comprendre que faire pleurer ce n'est pas acceptable. Encore là, tout dépendant du niveau de compréhension de l'enfant. Il doit être en mesure de comprendre de courtes explications sur le fait qu'on ne doit pas faire pleurer. Tout ça en visuel toujours.

Pour continuer dans toutes ces explications que je sais compliquées, il faut penser à la généralisation du comportement. C'est-à-dire que pour la plupart des enfants TED, si on leur apprend à boire dans un verre à la table de la cuisine, il se peut qu'il ne sache pas comment le faire dans le salon. C'est la même chose pour l'apprentissage de ne pas frapper. Chaque pièce est pour lui nouvelle, donc si on lui a montré à ne pas frapper lorsqu'on était dans le salon toute la journée, il pourrait très bien frapper comme ça lui plait rendu dans sa chambre.  Il n'a pas généralisé l'apprentissage dans sa tête il a plutôt fait l'association suivante :  "frapper dans le salon = interdit".  On doit donc lui montrer partout, toujours avec l'outil visuel et la redirection si possible.  On se donne du temps, on y va une étape à la fois. On consolide un bon comportement à un endroit avant de changer et de généraliser celui-ci.

Ceci s'applique aussi à l'enfant qui frappe par réaction. Il réagit à un problème et son moyen de défense est de frapper. On lui offre comme expliqué plus haut une façon approprié de gérer son problème tout en pensant à le généraliser. La différence c'est le temps d'observation pour cibler exactement pourquoi il en vient à frapper pour par la suite travailler à lui faire comprendre comment il se sent et ce qu'il peut faire.


Bien entendu, pour continuer à pitcher des explications que je ne sais même pas si c'est suffisamment clair, je dois aussi parler du frappage, comme n'importe quel enfant, parce que ça existe aussi. Par exemple, Tommy est fâché contre sa soeur et une fois de temps en temps il veut frapper par frustration. Nous en sommes au non, et on l'asseoit. Mais ça ne se présente pas régulièrement chez nous.

Ce qui est compliqué c'est de faire comprendre à l'enfant l'innaceptable du comportement. Là où un enfant "typique" peut comprendre que lorsqu'on le punit, s'il reproduit l'acte, il retourne en puntion, le lien ne se semble pas se faire clairement dans la tête de l'enfant TED. Bref,  il frappe, il est puni. Il recommence.La punition précédente est associée au comportement précédent. Il ne fait pas le lien que s'il refrappe il aura la même punition. Et encore plus loin, il ne fait pas le lien que s'il a frappé Jean la première fois et que là il frappe Jacques, c'est la même chose! Encore et toujours le support visuel est là pour aider à faire ce lien. Le comportement = punition. Il doit le voir pour le comprendre. Mais la punition qu'est-ce que c'est en fait? On parle d'un temps d'arrêt sur un coussin dans un coin calme. On reprend le visuel, on réexplique le comportement interdit.

Si l'enfant frappe par réaction aux autres (exemple veut ravoir un jouet mais ne sait pas comment le demander) on fait du modelage, on montre à l'enfant comment se comportemer de façon adéquate en le dirigeant nous-mêmes.

Je trouve que le sujet de frapper est complexe parce qu'il laisse beaucoup d'ouverture. Premièrement sur la cause, mais aussi sur comprendre que frapper est mal dans toutes les circonstances-frapper le bras c'est la même chose que frapper une jambe et c'est la même chose que frapper avec un objet. Pour nous c'est simple, pas pour eux.


Je vous laisse digérer ce texte... et surtout me laisser vos commentaires plus précis sur le sujet...  et j'ai envie de m'excuser... de ne pas avoir de réponses plus simples!






2 commentaires:

Anonyme

Wow! Super texte merci!! Si les intervenants du CRDITED étaient ne serait-ce que le quart concis et pertinents comme tu l'es dans ton texte, je n'aurais pas l'impression d'y perdre mon temps. Depuis ton texte, j'essaie d'observer d'avantage, mais j'ai donc l'impression que ça me prendrait 3 paires de yeux!

Et, je trouve que ton texte donne un bon exemple que les cas "légers" peuvent être aussi compliqués à gérer que les cas plus "lourds" pcq il y a le doute sur la capacité de comprendre. Quand tu sais que ton enfant ne comprend pas, tu peux appliquer la "formule" que tu décris si bien. Mais quand tu ne sais pas, quand tu penses qu'il comprend peut-être, tu es tout le temps entrain de jongler avec la punition classique ou la "reprogrammation" en ne sachant jamais trop si tu ne responsabilises pas assez ton enfant pour ses actes ou si tu le traumatises pcq il ne comprend pas ce qui se passe.

Encore bravo!

Fofie.

Anonyme

Merci pour ce texte très éclairant
Ça me donne des pistes pour mon ptit gars tout juste diagnostiqué TED
Merci pour votre blog!
Nous vous en sommes infiniment reconnaissant

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