mardi 27 avril 2010

DÉPASSÉE

Je le fais. J'OSE! Aujourd'hui.

Pourquoi aujourd'hui?

Parce que j'en ai besoin.
Parce que je suis triste.
Parce que je manque de soutien.
Parce que je me sens seule.
Parce que je me sens incomprise.
Parce que j'aimerais qu'on me réconforte.

Je ne crois pas l'avoir caché. Je ne pense pas non plus que je fais semblant ou que j'essaie de montrer une fausse image de moi.

J'ai mes forces, j'ai mes faiblessses. J'ai mes hauts et j'ai mes bas.

Ces temps-ci est un bas. Un bas assez creux comme je dis je m'y sens vraiment très seule.
Ce bas vient beaucoup de ma grande (Un mystère de plus en plus lourd). Bien entendu pas juste à cause d'elle, elle n'a pas tous les torts et j'ai les miens dans toute l'histoire de son éducation.

Mes torts?  Baisser les bras. Me sentir impuissante face à ses comportements(écrit l'année dernière:Discipline).

En fait ce n'est pas ELLE seulement. C'est un ensemble de facteur. Je pense avoir un peu le soutien de la famille mais pas ce dont j'ai besoin. Le petit coup, celui où on me réconforte... moi, pas un "bah c'est pas si pire...  change ton attitude" ... juste du réconfort, une épaule sur laquelle pleurer quand on en a besoin.  Je ne l'ai pas ça. J'écris donc ici, essayant de me décharger petit à petit de mes sentiments et ce poids.

J'écris ces lignes ce matin pendant que c'est tranquille, les deux jeunes dorment encore. Ma grande veut descendre jouer en bas. Si vous saviez comment juste ça est difficile. Finalement elle est dans le haut de l'escalier. "Pourquoi papa a pas fermé la porte de l'atelier(en chignant)?", "Avant il la fermait tout le temps, moi j'aime pas ça quand il laisse la porte ouverte".  "Maman va fermer la porte, j'ai peur je veux pas y aller dans l'atelier".  Oui... juste aller jouer en bas peut devenir compliquer. Pour une lumière, pour une porte, pour un bruit... Des jours comme hier ça va bien, d'autre jour comme ce matin je suis déjà vidée... 1hr de question de "blabla" qui n'arrête pas, de fredonnage, de chansons, de "parler trop fort", de sautillage, de chignage. 1hr seulement.

C'est ma vie ça. Je suis derrière elle pour toutes les tâches. Ramasser son jeu, aller nettoyer, va te laver les mains et la bouche, retourne c'est encore sale, va aux toilettes tu as envie. Parle moins fort. NON.

Juste elle. Ce ne serait pas si pire. J'en ai trois. Trois avec des particularités et trois interventions différentes. Trois niveaux de développement différents. Trois troubles différents. Une hypersensible au son. Une hypersensible à une image. L'autre hyperréactif.  Mais moi je ne me divise pas en trois. C'est impossible de le faire.

J'ai écrit beaucoup récemment sur les petits défis avec eux et mes sentiments face à tout ça.

http://ou-est-tommy.blogspot.com/2010/04/une-maman-stressee-la-folie-pour-la-vie.html
http://ou-est-tommy.blogspot.com/2010/03/une-petite-promenade.html


J'ai besoin de réconfort... parce que mes sentiments je les gère difficilement. Je vis une surcharge, un mélange trop gros. http://ou-est-tommy.blogspot.com/2010/03/un-peu-de-reconfort.html, http://ou-est-tommy.blogspot.com/2010/04/je-reclame.html


Plusieurs jours je discute avec l'éducatrice de Tommy qui a l'extrême gentilesse de me donner des idées. Je sais quoi faire pour m'aider avec ma grande pour certaines circonstances mais pour moi ça demande du travail. Faire des horaires, préparer des pictogrammes, une force intérieure et une constance qui ne m'habite pas du tout présentement.

Mais ce n'est pas juste ma grande. Je devrais en fait faire le travail EN TRIPLE. Trois interventions différentes... le triple du travail.

J'essaie du mieux que je peux à travers tous les sentiments qui m'habitent de garder le fort. Entretenir la maison, le terrain, nourrir les enfants, les commissions, penser à tout en sortie, l'habillage...

J'essaie du mieux que je peux à travers tous ces sentiments d'élever mes enfants. De mon mieux... avec mes défauts comme n'importe quel humain de la terre. Je ne suis pas parfaite, je n'ai pas la méthode d'éducation parfaite, j'ai mes faiblesses, mes laisser aller par moment comme TOUS les parents d'enfants "ordinaires". Croyez-moi, devoir en plus gérer les particularités, aider l'enfant, penser à tous les petits détails comme ma grande qui va se cacher pendant le début d'un film X dû à une scène avec des fils qui brisent(c'est l'horreur pour elle). Ou montrer à la minie de se cacher sur une scène noir et blanc qui lui fait peur(aucune pourquoi le noir et blanc). Aider ma grande à monter les marches quand l'angoisse lui prend. La sentir tremblante dans les escaliers roulant ou la regarder monter les marches à 4 pattes devant tout le monde... parfois en hurlant. Ramasser Tommy par terre couché sur le plancher du magasin à regarder les fans au plafond pendant qu'au même moment la minie essaie de faire un vol planer en dehors du panier d'épicerie. Surveiller la grande qui en même temps touche à tout.

Vous voulez relever le défi? Gérer trois particularités tout à la fois tout en devant faire l'éducation? Voir tout ce que vous n'avez pas le temps de faire parce que physiquement et psychologiquement vous êtes au bout de vos forces? Parce que vous ne pouvez pas donner plus sans y risquer votre santé?

Le vivre seule, c'est une chose. Ce n'est pas vraiment ce que je vis à la maison le problème c'est de savoir... le foutu regard...  les idées, les "elle ne les éduque pas correctement".  Parce que c'est la même chose cette année, parce que c'est MON combat... depuis tout ce temps et que ça reste encore difficile pour moi : http://ou-est-tommy.blogspot.com/2008/09/les-sentiments-du-jour.html

Non je ne suis pas parfaite. Non l'éducation que je leur donne ces temps-ci ressemble plus à du laisser aller que de la discipline. Je fais mon possible. Et vous savez quoi? Dans ces moments difficiles où je suis plus que consciente de mes torts... croyez-moi TRÈS consciente au point que ça me blesse moi-même... je n'ai pas besoin des autres. Qu'on me remette sur le nez ce qui est déjà difficile. Qu'on me juge. Qu'on utilise ma faiblesse actuelle. Qu'on utilise les particularités de mes enfants pour me reprocher des choses.

Parce que vraiment je vous mets au défi de rester sain d'esprit avec mes enfants durant une semaine. Je vous mets au défi de réussir à garder vos principes d'éducation avec ces enfants. Réussir à gérer une crise en même temps qu'un enfant debout sur la table et l'autre qui lance tout au même moment, sans flancher. Sans souffler et avoir le goût de tout lâcher. Sans couper les coins ronds... choisir de gérer la crise, débarquer l'enfant de la table en disant simplement non et ramasser les dégâts par terre parce que vous n'avez PAS LE TEMPS de gérer TROIS SITUATIONS en même temps.

Mes enfants je leurs offrent de mon mieux. J'ai passé par-dessus beaucoup de mes valeurs et j'essaie de m'améliorer, de me changer dans ma façon de faire POUR EUX(http://ou-est-tommy.blogspot.com/2010/03/parfois-ca-fait-mal.html)


Parce que je suis DÉPASSÉE et que j'ai besoin qu'on me lâche tranquille un peu, qu'on débarque de sur mon dos...  je l'écrivais aujourd'hui.  (et vous savez quoi? je sais que ça ne change absolument rien de l'avoir écrit parce que ce genre de personnes qui décident de juger jugeront toujours malgré tout...)

4 commentaires:

Lyne, mère de Tom, Lawrence, Sarafaye et Antoine

Je vous lis ce matin et je pleure... pour de vraie.... comme rare ca m'arrive... Je suis une journaliste inactive, famille oblige.... avec des enfants "différents"... et je me bats... contre l'école.... contre mon chum.... pour mes enfants... avec eux et même contre eux.... Mon état d,esprit présent... exactement comme le votre... mais bien incapable de l'écrire si simplement.... et je suis journaliste.... La maman héroïque que l'on veut que l'on soit... que l'on doit être! sinon qui d'autre??? qui n'a personne d'assez fort pour nous rattraper quand on tombe.... parce qu'on on a pas le droit.... parce que qui prendra notre place????
éceurette aigue... que personne ne veux voir...

oui, je vous comprends... Et ca me fait du bien, de vous comprendre!

Faut laisser passer le temps... vous le savez bien! Pour parvenir a se relever avec un sentiment d'échec à l'éducation, mais une légère hausse d'énergie qui nous permettra de continuer...

Allez! Laisser-vous tomber sur mon épaule. Je mettrai la mienne sur les vôtres... un court moment virtuel...

Anonyme

chere Annie!

je te comprends tellement! on dirait que tu decrit chez nous! moi aussi je trouve que les regards exterieurs ca tue...la charge de travail quotidien a abattre est enorme!et personne pour en etre conscient...le monde ne voit que nos echecs...ma phrase fetiche maintenant est :je choisi mes batailles!
ici aussi les epaules se font rares..

dis toi que tu nes pas seule a vivre cela....ton texte jaurais pus lecrire...et surement dautre se reconnaitront aussi!
merci
Christine xxx

Annie

Merci!

vieille sacoche

J'en ai juste un alors trois...je ne peux imaginer. Courage !

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