mercredi 12 février 2014

Impuissance

Il y a de ces phases qui passent et qui viennent...

Ces temps-ci je peux affirmer que cela va assez bien avec les enfants. Tommy n'a pas eu de régression de propreté depuis Noel, les filles s'amusent bien, sont assez de bonne humeur en général, le bébé est en pleine forme.

Pourtant... il y a ces semaines où on dirait juste qu'on paye un peu pour la pause qu'on a eu...

La semaine passé le bébé s'est transformé en démon cornu le temps d'une soirée. Même le lendemain il n'était pas "lui-même". Sans être chialeux, il était difficile... à sa façon.

Depuis une semaine, il ne mange plus de fruits... plus vraiment de légumes facilement et il a même boudé son fromage. Je me suis ramassée qu'il ne dinait plus et on se bat avec pour le souper.

La grande est allée dormir chez son grand-papa. Elle était contente, heureuse, souriante... jusqu'à son retour.

Le bébé me parle souvent dans la journée, en chinois. Je ne comprends presque rien de ce qu'il me raconte. Il me suit partout, c'est un vrai petit chien de poche, mais de l'autre côté à part que je sois assis à côté de lui, il ne participe pas vraiment à des activités... pas longtemps du moins. Donc finalement, je me fais tirer un peu partout, mais je ne sais pas trop quoi faire avec lui.

Les filles ne veulent plus manger une à coté de l'autre. Même si elles le font, les deux ne sont pas contentes à leur façon. Une chigne, l'autre pleure.


C'est pour dire, qu'il y a ces périodes où on se sent tellement impuissants.

Quand la grande est partie chez son grand-papa, j'avais une minie qui avait le coeur brisée. On a tenté de faire des petits spéciaux pour qu'elle se sente elle aussi privilégiée à sa façon.

Quand la grande est revenue de chez son grand-papa, c'est elle qui pleurait. Elle a pleuré plus d'une heure en arrivant... encore un bon moment à l'heure de se coucher, encore le lendemain matin au réveil et dans la journée. Tout la dérangeait. Tommy qui jouait avec une caméra, la minie qui jouait à un jeu vidéo qu'elle n'avait pas joué depuis longtemps donc ce n'était pas normal pour la grande... Elle pleurait des "privilèges" que la minie a eu... (un seul en fait) même si elle en avait eu bien plus. Elle m'a dit que nous n'étions pas gentil à son retour alors que tout était "comme d'habitude". Mais pas pour elle... c'était juste trop.

Qu'est-ce qu'on peut faire pour apaiser ce genre de peine? Car je n'avais aucune idée et ce n'est qu'un sentiment d'impuissance qui a fait surface... tentant de la consoler du mieux que je pouvais.

Il y a en plusieurs comme ça. Le bébé qui me parle en chinois, ou bien lorsque j'essaie de lui expliquer quelque chose que je sais qu'il ne peut pas comprendre... Les repas... les milles et une tactique qu'on doit avoir pour qu'il mange un peu... Mon impression de ne pas en faire suffisamment pour lui.

Et il y a cette minie. Qui est toujours aussi fragile, qui pleure toujours autant, dont les larmes escaladent si haut que je ne sais plus comment la faire redescendre à travers ces cris qui finalement, au bout du compte, finissent par nous faire voir rouge. C'est qu'elle ne se raisonne plus et ne fait que pleurer.

Tout à l'heure, c'était parce que sa soeur la regardait. Alors qu'elle voulait supposément jouer au défi que sa soeur ne devait pas la regarder.... Et au dodo, ce sont les images dans sa tête qu'elle n'aime pas.

Après avoir tout essayé, calmement, patiemment... ça devient difficile. Finalement, je l'ai saisi... juste pour qu'elle m'entende à travers ces cris. Et ensuite... après les milles et une solution qu'elle refusait d'entendre et d'accepter, j'ai fini par l'emballer très fort dans une couverture.. un petit cocon, juste pour qu'elle cesse de crier et que son corps se calme.

Mais dans le fond.. je n'ai jamais l'impression d'aider... seulement de panser les blessures...

Bref... il y a ces moments comme ça, qui viennent et qui passent.

lundi 10 février 2014

Prévente du livre tiré du blogue - jusqu'au 14 mars

C'est le temps, si vous voulez connaître Le parcours de Tommy dans ses débuts, tout en vous offrant un livre dans lequel vous devriez pouvoir vous reconnaitre en tant que parents d'enfants différents, le livre est pour vous!

Tiré du blogue, Derrière l'autisme est un livre publié à compte d'auteur qui vous emmene dès nos débuts dans le monde de l'autisme, en 2008, dès les premiers soupçons, les démarches diagnostics, les deuils... apprendre à vivre dans un nouveau monde. Le livre n'est pas seulement qu'une autobiographie mais aussi l'occasion de mieux comprendre l'autisme, et une façon simple et accessible de sensibiliser votre entourage. Il permet aux gens ne vivant pas l'autisme au quotidien en tant que parents, d'entrer dans notre univers complexe et mieux comprendre notre réalité.

La prévente prend fin le 14 mars 2014 et la sortie du livre est prévue quelques jours plus tard. (date officielle à confirmer).

Tous les détails de la prévente se trouve à cette adresse où vous pouvez faire l'achat en ligne via différents modes de paiements :   http://derrierelautisme.blogspot.com/2014/02/prevente-jusquau-14-mars-2014.html






samedi 1 février 2014

***** PRÉVENTE du livre tiré du blogue de Tommy - Derrière l'autisme *******

La prévente du livre débutera très bientôt alors c'est déjà le temps d'en parler à votre entourage et les encourager à se procurer eux aussi une copie. Le livre se veut un outil de sensibilisation pour les gens qui ne vivent pas l'autisme au quotidien....

Derrière l’autisme

L’histoire de l’autisme n’existe pas. Il n’y a pas qu’une histoire d’autisme mais bien plusieurs histoires. L’autisme ne sera pas raconté seul. Tous raconteront leur histoire pour aider les gens à mieux comprendre et amener la société vers une meilleure tolérance.

À la mi-mars 2014 sortira à compte d’auteur le livre Derrière l’autisme. Avec un parcours à travers lequel plusieurs parents pourront se reconnaître par sa diversité, ayant franchi trop souvent les étapes du début de vie avec des enfants différents, l’auteure, Annie Da Silva, vous offre un livre racontant son histoire qui est aussi celle de plusieurs parents. Des premiers soupçons à l’attente interminable, des doutes, au sentiment d’être démunis face à ce monde qui nous est étranger, à la résignation et l’acceptation de vivre dans un monde différent dans cette société qui ne comprend pas toujours. Elle partage son histoire avec quatre enfants sur le spectre de l’autisme, de l’enfant répondant à l’image classique de l’autisme, à la différence invisible, peu reconnue par les gens. C’est plus qu’un livre, bien plus qu’une autobiographie. C’est un outil de sensibilisation pour la société, c’est permettre aux gens l’entrée dans cet univers complexe qu’est la vie avec un enfant différent.

La prévente du livre se tiendra du 10 février au 14 mars 2014. Les gens pourront ainsi réserver leur copie pour la sortie du livre prévue le 17 mars 2014(si tout va bien!). Un rabais de 20% est appliqué pour un coût de 28$ et 5$* de frais d’envoi. Lors de la prévente, 1$ par livre vendu sera remis à la fédération québécoise de l’autisme. D’autres détails suivront lors de la sortie du livre, qui se vendra à ce moment 35$ plus 5$* de frais d’envoi.

Plus de détails suivront. Vous pouvez visiter la page facebook pour suivre l'avancement du projet et vous y trouvez d'autres extraits du livre. Via www.facebook.com/derrierelautisme

* Les frais d'envoi peuvent varier pour les régions éloignées et les livraison hors-Québec. Veuillez me contacter par courriel si c'est le cas au annie.dsa@gmail.com





mercredi 29 janvier 2014

La différence? Mais quelle différence?

Me voici me voilà, entre une publication Facebook, les corrections du livre et mes approbations des modifications qu'il reste à faire au livre et notre deadline de trois semaines!!!!

Bref, je cours, vraiment...

Mais je ne veux pas que le parcours de tommy soit négligé par ce gros projet que j'essaie de démarrer même si évidemment, je le vois par la baisse du nombre de messages. Toutefois, il y a aussi la réalité que la vie avec des enfants différents n'est pas toujours palpitante ou pleine de rebondissement! Il faut bien parfois qu'il y ait un peu de paix à travers tout ça!

En fait, c'est un peu le sujet d'aujourd'hui. Peut-être que j'en ai déjà parlé et peut-être pas, j'en perds des bouts ces temps-ci!

Lorsqu'une journée, nous constatons la différence de notre enfant, elle nous fesse, pas à peu près. Elle nous dérange, elle envahit nos vies, on jalouse ceux qui ont des enfants qui se développent comme les autres, on déteste ceux qui semblent se plaindre "pour rien" selon notre regard qui n'est plus vraiment objectif mais teinté de notre deuil de l'enfant "rêvé". C'est comme ça et ce sentiment peut nous suivre longtemps, car notre enfant ne rattrape jamais totalement les autres, sa différence, même si l'écart se replace avec le temps, est toujours présente et fait partie de nos vies à temps plein.

Pourtant, il vient un temps où la différence n'est plus. En fait, à la maison, dans notre quotidien, il n'y en a pas de différence.

Chez nous la différence n'existe plus. Si je l'ai vécu à fond au début, dans les deuils, dans les inquiétudes, dans les questionnements et surtout la recherche de réponses et d'aide, aujourd'hui, ce que je vis est normal.

Mes enfants ne sont pas différents à mes yeux, que ce soit Tommy qui ne parle pas vraiment, ou le petit dernier dont le langage tarde à bien se former, des difficultés d'attention à rendre fou de la minie ou l'impulsivité et l'anxiété de la grande. Est-ce différent? C'est plutôt notre normalité, et plusieurs parents, après quelques années, en viennent à ce constat.

Chez nous, c'est vraiment officiel. Je ne jalouse plus vraiment les autres, la tolérance est revenue, et mes enfants sont seulement eux. Pas différents, pas anormaux... juste normaux dans ce qu'ils sont. Parce que je suis qui moi pour juger de la normalité ou l'anormalité.

Le petit dernier a des difficultés de langage, mais si c'est une "différence" notable comparé aux autres enfants, dans la réalité, dans son développement à lui, c'est tout à fait normal. C'est ainsi que depuis quelque temps, après avoir vécu des déceptions, du stress, j'ai juste appris à accepter que leur différence est leur normalité à eux, que leur développement est normal dans leur différence. Alors ils progressent, un petit pas à la fois, à leur rythme bien à eux.

dimanche 26 janvier 2014

Un jeu dangereux dont les parents sont les pions...

Je sais que ma présence ici se fait un peu plus rare, disons que mon livre demande énormément de travail et de préparation pour sa sortir d'ici à peine quelques semaines.

Je prends tout de même une pause de contacts, courriels, correction et maintien de la page du livre pour faire un petit retour que je crois inévitable.

Les derniers articles concernant, encore et toujours, les services pour les autistes et la petite guéguerre du "on veut notre part du gâteau".

Tout à commencé ici : 

Hausse fulgurante des cas d'autisme

Une réponse a rapidement été faite par différents intervenants dans le milieu de l'autisme concernant la nécessité des services en place présentement offert aux enfants d'âge scolaire.

Une méthode d'intervention nécessaire

Bon en fait, évidemment, les médias n'ont peut-être même pas totalement conscience (ou peut-être au contraire que oui) qu'ils sont la planchette d'un jeu qui se joue déjà depuis quelques années...

et nous, je commence à croire que nous en sommes les pions.

En fait, on se fait juste déplacer un peu partout au bon vouloir des joueurs, peu importe ce qu'on peut bien vivre ou croire.

Mais c'est un jeu dangereux qui se joue. Nous avons mis des années à pouvoir recevoir des services pour les enfants autistes. Le choix a été porté sur l'intervention en bas âge puisque les spécialistes croient que c'est le meilleur âge pour intervenir et celui où les enfants absorbent le plus les apprentissages.

Ce n'est pas faux. Est-ce que cela signifie que les "autres" n'ont rien besoin? Pas du tout, cela signifie seulement que nous avons dû faire des choix et le choix s'est porté sur les touts-petits.

Il manque de services, c'est un fait. Un gros fait. Mais le jeu actuel qui se joue est celui de couper les services au touts-petits pour en répartir un peu partout, sans vraiment demander l'opinion des parents qui le vivent.

Comme par hasard... (AHA!) dans les mêmes jours suivant la sortie ou plutôt la reprise de la petite guéguerre que joue certains "spécialistes" concernant les services pour l'autisme, on voit passer des articles concernant l'efficacité et le caractère miraculeux de la formation aux parents, offert par un certains groupe en particulier. Hmmm...  le même qu'il y a 5 ans, presque jour pour jour. La même petite guerre, la même tentative de juste mettre dehors un service au profit d'un autre. Parce que le jeu qui se joue, même s'ils le disent "pour le bien des parents", en fait, il est principalement pour le bien des poches de quelqu'un.

Malheureusement, plus le temps passe, plus je crois que le danger de ce jeu est une perte de services dans le futur... et c'est tout, sauf souhaitable, mais j'ai le sentiment que ça s'en vient, tout en espérant me tromper.


Il y a près de cinq ans, quand Tommy a commencé à recevoir des services de ICI, j'en avais besoin. Pas pour le comprendre ni pour le réorganiser, mais pour avoir le sentiment qu'on pouvait lui apporter un petit quelque chose dans sa journée, une présence, un contact, une interaction un peu en dehors de son monde.

J'avoue que je viens tout juste de lire un article citant des parents qui disent avoir préféré la voie de la formation de parents, pour ne pas la nommer, les formations SACCADE. Ils disent, et là, je prends une bonne, très grosse respiration, que de par leurs valeurs ils ont choisis de respecter leurs enfants dans leur autisme et qu'ils voulaient comprendre et intervenir selon la structure interne de l'autisme, là où, grosse respiration..., le ICI ne respecte pas l'autiste et qu'ils tentent de modifier et éliminer les comportements autistiques.

Bon... premièrement, je les inviterais ces parents à venir voir ce qui se passe dans les foyers et observer le travail des éducatrices en ICI. Car, mettre tout le monde dans le même bateau, c'est ce que je déteste le plus... Des mauvaises expériences, il y en a. Des bonnes, il y en a. Je pourrais même dire que j'ai vécu les deux. Le ICI a bien été avec notre garçon, il était très heureux de ses éducatrices qui le respectaient PARFAITEMENT dans son autisme et qui y allait à son rythme. Est-ce que le programme a fait des miracles? Non. Miraaaaacle, au secour, je déteste ce mot.  De l'autre côté, j'ai le petit bout de moins de trois ans qui a fait une petite séance de ICI quelques mois à l'automne. Là où ça se passait bien avec Tommy, là où j'étais très à l'aise, ce ne fut pas le cas avec le petit bout. Il n'aimait pas, c'est difficile et je n'ai pas le sentiment que cela va répondre réellement à ses besoins. C'est comme ça. Est-ce que je vais lancer des roches au service maintenant? Non.

D'accord, le point de vue est donc des parents de demander à avoir le choix. Malheureusement, non, le jeu ne se jouera pas de cette manière. Pas de la façon que la petite guerre se joue à vouloir prouver que l'ICI est là, POUR RIEN. Parce que c'est le discours qu'ils tiennent en clamant haut et fort qu'il faut donner le choix aux parents.

Hmmm... il est où mon choix si leur désir est de retirer les services, que j'aurais le choix de refuser si je le veux. Car le message que le gouvernement entendra et clamera haut et fort, c'est qu'on leur a dit que les services n'étaient pas efficaces.

Bon, premièrement, une chose au clair. Les services ne sont pas miraculeux et leur taux réel d'efficacité ne peut être prouvé. C'est un fait. Mais les éducatrices en garderie ont aussi besoin de cette présence des éducatrices spécialisées qui offrent les services du ICI.  Je rappelle une chose, les parents diront alors, ben moi j'aime pas, ça se passe pas bien etc. etc. Alors je dirai, rien ne vous oblige de continuez dans cette voie, et mieux encore, vous laisserez ainsi la place à quelqu'un qui pourrait en bénéficier.

Présentement, ce qui est malheureux, c'est que si les parents veulent suivre une autre voie, celle-ci est couteuse. Car, dans leur discours journalistique, ils ne disent pas que les fameuses formations sont hors de prix, et tout ça, sur le dos des parents dépourvus qui ont besoin d'aide. Désolé, mais le prix ne se justifie pas par la "qualité" du service....  D'ailleurs, ils clament que ce qu'ils offrent est meilleur. Pourtant, il y a 10 ans maintenant que c'est ce qu'ils clament, et pourtant, je n'ai vu aucun chiffre, aucun miracle...  Je les attends moi ces preuves et là, ensuite, nous pourront parler.

Bon alors, comme je disais, non par hasard, différents articles apparaissent sur le "miracle" de ces fameuses formations. Je déteste le mot miracle. Alors, un des exemples que j'ai entendu qui m'a tellement fait sourciller, c'est que les dames sont arrivées, ont fait un beau dessin à un petit garçon qui hurlait et refusait toujours de se faire couper les ongles, et par miracle, il s'est laissé faire, du premier coup!

Bah ouais, quoi! C'est aussi simple que ça!

Alors, je peux rajouter que les éducatrices qui sont passées chez moi, certaines d'entre elles avaient ces formations, celles supposément miraculeuses. Et vous savez quoi? Ma fille hurlait pour ne pas se faire couper les ongles, et malgré le magique petit dessin, je peux vous dire que nous avons mis plusieurs semaines avant d'arriver à couper quelques ongles sans qu'elle hurle.

D'ailleurs, je peux vous dire que j'ai aussi fait des petits dessins sur sa nouvelle panique de la balayeuse après qu'un jouet y est été avalé. Je peux vous dire que malgré le dessin, et bien d'autres que j'ai fait, non, yen a pas de miracles et cette petite continue tout de même de crier quand on part la balayeuse, et dans plusieurs autres situations de la vie courante.


La réalité. Je ne le dirai jamais, il n'y en a pas de méthode miracle. Ca n'existe pas. Et les parents oui, devraient avoir le choix, mais ce n'est pas le jeu qui est joué actuellement. Car on ne veut pas donner le choix, on veut choisir à leur place... Aujourd'hui, je dirais même que je serais pour les formations, je suis une des premières à les recommander. Bien avant de référer à une ergo ou une orthophoniste. Car je crois que de comprendre l'autiste et surtout de le respecter avant de vouloir le "sauver", c'est ce que les parents ont besoin d'entendre. Toutefois, même avec les formations, même avec le fait que j'ai toujours respecté l'autisme de mes enfants et que je n'ai jamais eu la moindre envie de les "guérir", ni de retirer les retirer de l'autisme, parce que ca fait partie d'eux, malgré tout, les services, j'en aurais eu besoin. Parce que je ne peux pas tenir le fort seule, car j'avais les bras plein, car les petits dessins ne changeaient absolument rien au petit bout de 3 ans qui tournait des heures entières autour de la table, car l'autisme vient avec des comorbidités que parfois les petits dessins ne peuvent pas changer, car la petite criait de ne pas se faire couper les ongles car si elle ne comprenait pas les limites de son corps, elle a aussi une hypersensibilité à ce niveau, et les formations aux parents, à moins d'y mettre les plusieurs milliers de dollars qu'ils coûteraient, ne donneront pas toutes les réponses...

Travailler ensemble plutôt qu'un contre l'autre...  si seulement...



Notez qu'il est tard et que je ne prends pas le temps de relire tous les mots noircis sur cette page qui était blanche au départ. C'est écrit comme ça a sorti... et peut-être même que c'est un peu n'importe comment!

lundi 20 janvier 2014

Il va être autiste ce bébé-là!!!!!!!!!!!

-- Il va être autiste ce bébé-là!!!! Je suis sûre qu'il est autiste.

Ça, c'est ce que je me fais crier par la tête depuis quelques semaines.

C'est que la petite minie est très fragile ces temps-ci, dans sa phase plus intense, plus de crises, des cris stridents à percer les tympans, incapable d'arrêter, plus impatiente, plus cernée... 

Le plus difficile pour elle c'est de partager son espace. J'ai l'impression que la fatigue, plus la demande d'être au milieu de 20 enfants toute la journée cinq jours semaines rendent son besoin d'espace encore plus large. La bulle prend, beaucoup de place.

Mais le problème, c'est que cette puce-là a toujours été têtue, obstineuse, et les larmes et les cris l'emportent toujours à la fin.

Là, elle veut de l'espace, mais elle veut prendre son espace n'importe où.  D'ailleurs, ce n'est pas d'hier. Elle cri si je sors le lapin car elle a peur qu'il mange les jouets, elle hurlait quand le chien passait trop proche de ses jouets, disons que les animaux hors cage ne sont pas prêts de se repointer dans notre foyer.

Elle veut de l'espace, mais le bébé lui, il n'est plus si bébé, et il bouge plus, il dérange les jouets, il veut observer ses jeux et parfois les bousiller.

Mais le bébé, il comprend pas. Lui, il sait pas qu'il dérange la géante bulle de la minie. C'est ainsi que depuis quelque temps, elle nous crie par la tête.

"Il va être autiste ce bébé-là!!!! Il comprend rien, il brise tout le temps mes jeux. Il comprend rien ce bébé-là".

Et hier, c'était une autre crise monstre, car elle avait classer des lettres sur le réfrigérateur, et le bébé lui a passé devant et a tout lancé par terre.

La cohabitation bébé et minie se veut ardue et le pauvre petit loup commence à pleurer lorsqu'elle lui crie après.

dimanche 19 janvier 2014

L'autisme différence et l'autisme handicap

J'ai pris une décision dernièrement. En fait, sur un coup de tête, une journée comme ça j'y pensais.

Je refuse d'utiliser le terme "autisme" pour des personnes qui sont "trop" fonctionnelles à mon avis à moi.

Pourquoi? Ce n'est rien contre personne et je ne cherche surtout pas à me faire d'ennemis ici. Vraiment, c'est pas le temps pour ça!

En fait, pour moi, mes filles ne sont pas autistes dans le sens qu'on l'entendait il y a 40-50 ans, et dans la tête des gens, c'est encore cette image qu'ils ont de l'autisme. D'ailleurs, je me sentirais mal à l'aise (c'est mon choix) car elles sont dans le spectre très haut... très léger, et chez nous, j'ai un autiste...

Il y a deux sortes d'autisme. Je le savais déjà, mais je n'y avais pas encore pensé de cette façon.

Quand j'aborde le sujet des filles, j'explique qu'on parle du spectre de l'autisme, que c'est large... et je parle beaucoup de la pensée autistique. Ce qui je crois se rapproche plus que de "l'autisme" dans le sens lourd. La pensée autistique c'est cette façon de penser, pas tout à fait comme les "neurotypiques" mais sans qu'on parle d'un handicap. On parle des Hugo Horiot, des Jacobs, qui sont supposément la preuve que nous n'avons pas à mettre beaucoup d'efforts de stimulation pour que les autistes aillent loin dans la vie.

Je dirais plutôt qu'ils sont la preuve de cet autisme, qui n'est pas l'autisme handicap, mais qui est l'autisme différence. Cet autisme qui malheureusement mène aux débats fréquents sur l'autisme est une façon d'être et de penser.

Peut-être, pour ce type d'autisme. Peut-être pas pour l'autisme handicap.

Je reviendrai à mon exemple de lunettes dans un prochain texte, gracieuseté d'une conversation avec une connaissance à moi suite à ma dernière entrevue à la radio. Seulement, c'est comme si on me disait que je suis handicapée puisque je porte des lunettes. Ouf! Si on est handicapé seulement avec ça, alors il y a un sacré nombre de personnes dans la population qui sont handicapés. Je ne suis pas non plus différente, je porte seulement des lunettes. Pourtant, il y a ces gens, qui ont besoin de lunette, et qui sont vraiment handicapés. Les handicapés visuels. Ils ne sont pas aveugles, mais pas loin, et il y a ceux qui portent des lunettes, mais que si on leur enlève, ils ne voient presque rien et risqueraient de faire un accident. Eux, sont peut-être légèrement handicapé par la situation.

Bref, dans tout, on peut reprendre l'exemple du spectre de l'autisme et les lunettes, cet exemple qui s'est vraiment pointé par hasard lors d'une banale conversation sur "leur différence ne parait pas", me semble le meilleur. (j'y reviendrai, j'ai même très hâte de vous le présenter celui-là).

Pour moi, c'est de même avec l'autisme. Le spectre est large, mais l'autisme, totalement fonctionnel, avec peu ou presque pas d'adaptation, c'est comme le fait que je porte des lunettes mais j'arrive à m'en passer sans foncer dans les murs. Dans le spectre, il y en a qui sont un peu plus loin, qui ont besoin de plus, mais ils vivent plus l'autisme différence et c'est là qu'ils défendent leurs droits de personne et non d'handicapés. Malheureusement, comme on parle "d'autisme", on croit qu'ils sont tous handicapés, ce qui n'est absolument pas le cas.

De l'autre côté, on a l'autisme handicap, et on est qui pour oser leur dire qu'ils vivent seulement une différence? Je vais aller me comparer avec un handicapé visuel? Hmmm, pas certaine. Pourtant, n'est-ce pas un peu semblable? Nos yeux sont "défectueux" seulement à des degrés différents.

Encore une fois, on ne s'en sort pas, il y a toujours cette tension dans le monde de l'autisme entre la différence et le handicap. Alors moi, j'ai pris la décision qu'il y avait plutôt deux autismes, comme je le vis au quotidien. La différence et l'handicap. Les deux méritent autant qu'on en parle, vraiment. Toutefois, d'une façon un peu différente, parce que dans le quotidien, ça ne se compare pas toujours.

Je ne suis pas juge des autres, je ne suis juge que de mon propre vécu.... et d'un peu tout ce qui circule un peu partout.

C'est court, j'élaborerai peut-être un jour... mais je reviens sur mon sujet des lunettes, très bientôt, traitant de l'autisme différence cette fois-là.

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