mardi 7 août 2012
dimanche 5 août 2012
La vérité toute la vérité
La vérité, c'est que j'ai peur d'embêter mes lecteurs.
La vérité, c'est que je m'abstiens d'embêter la famille.
La vérité, c'est que je n'ai pas demandé ce qui nous arrive depuis la naissance de nos enfants.
La vérité, c'est que le papa, parfois, rêve de se réveiller un matin... libre.
La vérité, c'est que parfois, je me demande comment ça aurait été dans d'autres circonstances.
La vérité, c'est qu'à travers le TED je n'ai aucune idée c'est quoi un enfant "normal".
La vérité, c'est de ne pas pouvoir démêler les deux, et de trouver ça difficile.
La vérité, c'est que je trouve épuisant la justification constante pour faire reconnaître des difficultés réelles.
La vérité, c'est de savoir que les gens ne comprennent pas le besoin de ces "étiquettes" et l'importance que ça a pour le bien-être de nos enfants dans le futur, et de se taire... parce qu'on a d'autres batailles à livrer.
La vérité, c'est d'essayer de garder espoir.
La vérité, c'est que j'essaie parfois d'imaginer mes enfants "SI", mais j'en suis incapable.
La vérité, c'est que là actuellement je suis fatiguée!
La vérité, c'est que l'inquiétude est grandissante pour le petit dernier.
La vérité, c'est que je dois gérer et vivre ça seule.
La vérité, c'est qu'on est tanné des couches la nuit.
La vérité, c'est de ne plus savoir comment m'occuper de mon petit dernier.
La vérité, ça l'air toujours plus simple dans les livres qu'en vrai.
La vérité, c'est qu'on se fâche après les enfants, et on s'en veut après.
La vérité, c'est de voir sa fille de 5 ans, qui faute de bien ressentir ses envies, se mouille parfois, et reste dedans.
La vérité c'est que cette même fillette m'a demandé pourquoi son pipi lui jouait des tours.
La vérité, c'est qu'à 6 ans, on aimerait que fiston ait une petite autonomie, comme se lever en silence le matin et s'occuper seul.
La vérité, c'est qu'en se levant on a droit à des big bang, une porte ouverte, des coups de pieds sur la chaise parce qu'il a trop de plaisir, un ordi qui a failli perdre ses touches parce qu'il voulait probablement l'ouvrir seul, jusqu'à ce qu'il découvre qu'il pouvait arracher les lettres.
La vérité, c'est qu'à tous les soirs on répète la même chose à la grande anxieuse.
La vérité, c'est qu'on trouve notre vie foutrement difficile.
La vérité c'est que les gardiennes ne se bousculent pas à la porte.
La vérité c'est que notre dernier répit remonte à tellement loin qu'on ne s'en souvient plus.
La vérité, c'est qu'on les aime nos enfants.
La vérité, c'est qu'on ne sait pas ce que le futur nous réserve.
La vérité, c'est qu'on fait fasse à l'incompréhension, parfois même entre nous.
La vérité, c'est que j'aime voir mon gars sautiller de joie.
La vérité, c'est que je trouve ça drôle de voir le bébé tourner autour de l'ilot, sourire aux lèvres avec ses objets dans chaque main.
La vérité c'est que j'ai de la peine pour le nombre incalculable de fois où il tombe depuis qu'il tient assis.
La vérité, c'est que les journées sont longues, et les soirées courtes.
La vérité, c'est que je n'oserais pas changer ma vie, ni même me plaindre parce que j'ai tout ce que j'ai souhaité. Une belle grande famille!
La vérité, c'est que même si parfois, je trouve que je n'en fais pas assez, je leur donne de mon mieux!
Prenez le tout sur une note de "confession" ;-)
Publié par Mystère... à 20 h 29 3 commentaires
Libellés : À coeur ouvert
jeudi 2 août 2012
Je me souviens
Je me souviens, même si j'avais mis le tout dans une petite boîte dans le fin fond de ma tête et mon coeur, en espérant que c'était du passé.
Je me souviens, le sentiment, principalement à la minie puce, parce qu'à Tommy je n'étais pas consciente de ses retards et la différence avec les autres enfants, que je ressentais.
Vous savez, quand vous voyez les enfants du même âge attirer l'attention de leurs parents pour regarder un livre avec eux, pour avoir quelque chose hors de leur portée?
Je me souviens, parce que la minie suivait le même rythme que les deux grands, mais pour moi c'était simplement normal. Je me souviens aussi comment elle était quand même bonne dans certains aspects et que j'étais impressionnée.
Mais il reste, que pendant que les autres enfants progressaient, que ceux de l'âge à Tommy parlaient, commençaient la propreté, que ceux de l'âge de la minie comprennaient les consignes simples et ne hurlaient pas la majeure partie du temps, moi je me sentais à part.
Je me souviens, très bien, de me sentir seule avec mes bébés qui ne suivaient pas les livres, qui allaient de reculons plutôt que d'avancer.
Je me souviens des gens qui n'osent pas répondre, qui ne savent pas quoi dire, qui essaient de nous convaincre que ça va être ok.
Si j'écris ici sur le bébé, ça reste d'une manière très hésitante, principalement par la peur de l'image que ça peut projeter. Je jettes dans ces lignes, des sentiments que j'ose à peine dire tout haut. Parce que vous savez bien, elle s'en fait pour rien, voyons ça se peut pas, elle exagère.
J'essaie donc, de continuer à partager avec les mamans des bébés du même âge... et c'est à ce moment que je me souviens.... et que je revis ce sentiment de solitude et d'incompréhension.
Et c'est ici que je recopie donc, un message que je crois plusieurs d'entre-vous peut comprendre.
"C'est juste un chialage de fatigue!
Disons que bébé est pas mal épuisant ces temps-ci. Pas qu'il pleure tant que ça (un peu plus à cause des dents) mais plus à cause de ses fixations.
Dehors, impossible d'être tranquille, là j'ai des crises parce qu'il voit la piscine (il adore l'eau) et sinon il a une fixation sur les vélos (faire tourner les roues), la table à pique-nique, soit pour faire rouler ses autos, soit pour grimper debout dessus.
J'ai comme pu de fun moi-là à juste gérer ça.
En promenade, ben là tantôt il a pas aimé parce que j'ai fait un demi-tour.
Il a toujours 2 objets idéalement identiques dans la main, s'il en perd un l'autre "arvole" (comme ils disent) avec un cri. Il doit avoir les deux! Il veut absolument faire rouler ou placer ses objets identiques en hauteur, par exemple la table de cuisine et crise parce qu'il est trop petit ou parce que ça tombe.
Tourne autour de l'ilot de cuisine mais se plante parce qu'il va trop vite = échappe un ou les deux objets = crise.
S'il voit ma porte de chambre ouverte, crise si je la faire parce qu'il veut aller faire rouler ses autos sur le lit.
C'est un portrait assez juste de ses journées.
J'avoue que je trouve ca tres épuisant psychologiquement a gérer."
Je suis certaine que plusieurs d'entre-vous se souviennent aussi!
Publié par Mystère... à 13 h 54 1 commentaires
Libellés : À coeur ouvert, suivi de bébé
mercredi 1 août 2012
Tommy et le camp de jour
C'est une autre étape que nous fait vivre Tommy cette année avec l'inscription au camp de jour.
Comme plusieurs le savent, je suis maman à la maison. La raison pourquoi j'ai inscrit Tommy c'était pour qu'il ait des activités stimulantes quelques semaines dans l'été, autre que d'aligner ses jouets sur son lit toute la journée.
J'étais inquiète à la fin des classes sur comment se passerait l'été à la maison avec Tommy, mais finalement ça se passe très bien. On a une petite routine bien établie, il fait beau, on profite de la piscine et de l'extérieur. Quand on est dans la maison il joue à l'ordinateur, dessine ou aligne ses jouets dans sa chambre. Finalement, les journées passent vite.
Quand j'ai inscrit Tommy, même si c'était un camp spécialisé (un must pour lui) j'étais quand même un peu nerveuse. De plus, les semaines suivant la fin de l'école allaient si bien que je me suis sentie coupable de l'envoyer la première journée. J'aurais bien pu le garder avec moi sans problème, on a du plaisir en masse!
Tommy a donc débuté le camp il y a trois semaines. Je l'avais inscrit pour deux semaines. Les journées et le voyagement se passent bien et tout le monde aime Tommy! (quelle surprise!! ;-) ) Assez que lorsque j'ai su que son intervenante n'avait pas d'enfants cette semaine, j'ai demandé si Tommy pouvait continuer avec eux.
Toutefois, la vie étant remplie d'imprévus, une intervenante absente, Tommy a dû rester à la maison hier, pour finalement faire 39 de fièvre. Par le fait même j'ai annulé sa journée d'aujourd'hui.
Tommy n'est pas totalement remis mais il va beaucoup mieux aujourd'hui. On a été prendre une marche, il a bien mangé et il s'est bien occupé comme à tous les jours. MAIS...
À un certain moment où on se préparait à sortir dehors, Tommy refusait de suivre. Je lui donne donc des choix d'activités.
Est-ce que tu veux dessiner? Non
Est-ce que tu veux jouer dans ta chambre? Non
Est-ce que tu veux piscine? Non
Est-ce que tu veux jouer ordinateur? Non
Tommy, qu'est-ce que tu veux? Je veux auto.
Tommy, qu'est-ce que tu veux faire en auto? Je veux camion. Oui.
Tommy où on va en auto? Je veux de A...
Il faut comprendre que Tommy est peu verbal. C'est à peu près le plus qu'il peut communiquer par lui-même et il a besoin d'aide pour y arriver. Mais c'est la première fois que Tommy me demande quelque chose "hors de la maison". Il peut me demander d'aller jouer dehors, un verre de lait, une feuille... mais aujourd'hui j'ai eu une grosse surprise.
Si Tommy ne peut pas me dire qu'il aime le camp avec des mots comme tous les enfants de son âge. Je crois que c'était bien ce qu'il voulait exprimer aujourd'hui. Je ne crois pas que c'était une question de bri d'horaire, pas de ce que je connais de lui. Il l'a demandé parce qu'il voulait y aller. Parce que c'est ça qu'il voulait faire.
J'ai une droit à une grosse crise de larmes quand j'ai dit que ce n'était pas pour aujourd'hui. Tommy croyait que "C'est fini A..." en pleurant à chaudes larmes.
Une autre fois dans la journée il m'a encore redemandé A... et il a pleuré. Je lui ai fais un dessin pour lui expliquer les étapes de la journée, qu'il ferait un dodo et qu'il pourrait aller au camp demain. Il a sourit, et il a poursuivi sa journée dans la bonne humeur.
Tommy ne me dira pas avec des mots "J'aime le camp de jour, maman quand on va au camp, ou merci de m'avoir inscrit au camp" mais il l'a fait, à sa façon bien à lui, et j'ai compris le message.
Publié par Mystère... à 21 h 15 1 commentaires
Libellés : On parle de Tommy, Tranche de vie et opinions
lundi 30 juillet 2012
On pense en SI
Je prends le terme penser, pour faire référence à la pensée visuelle de certains autistes (je dis certains parce qu'elle n'est pas nécessairement propre à l'autisme et tous les autistes pensent-ils en images? je n'ai pas posé la question).
Je prends le terme, parce que je fais référence à un vieux texte sur ce qu'on croit acquis lorsqu'on décide d'avoir un enfant.
Oui oui, je pense que la plupart des parents, lorsqu'ils décident de se lancer dans l'univers de la conception d'un petit être, ils ne pensent pas à un enfant malade ou handicapé. Parce que dans notre tête, la santé du bébé est déjà acquise avant même de le concevoir.
Mais, certains découvrent à la dure, après une grossesse difficile, pendant la grossesse, après un accouchement difficile, après la naissance, quelques jours ou mois plus tard, que finalement, rien n'est acquis.
Je disais toujours aux gens que j'y croirais vraiment quand j'aurais bébé dans les bras, et même...
Pourtant, s'il y a bien une chose, c'est que quand j'ai eu mon premier et mon deuxième, et mon troisième bébé, les nuits complètes dans les mois à venir étaient acquises, les premiers mots, les premiers pas, les premiers je t'aime, les moments complices...
C'était juste acquis, parce que quand on met bébé au monde, on pense en QUAND.
Quand il va faire ses nuits.
Quand il va marcher à 4 pattes.
Quand il va manger.
Quand il va marcher.
Quand il va dire maman.
Quand il va dire papa.
Quand il va jouer au ballon, au baseball, au soccer.
Quand il va nager.
Quand il va faire du vélo.
Quand il sera grand.
Ce serait un mensonge de dire que vous, parents, ne pensiez jamais en QUAND.
Et un jour, le monde a basculé. On a changé de planète litéralement pour se retrouver dans un univers inconnu.
Et cette journée, tout ce qui était acquis, les QUAND, on pris le bord.
J'ai pensé à ce texte suite à une discussion, parce que même si je ne perds pas espoir avec Tommy, avec le bébé, avec le futur des filles, je ne pense plus en QUAND.
Je pense maintenant en SI, oui, parfois, ça fait mal. Parce qu'on voit les gens "Ah quand mon grand va faire du vélo..." "Quand il va aller à l'école avec ses amis..."
Et nous dans notre tête, on transforme tout en SI. "Si mon grand fait du vélo". "Si il apprend à nager". "Si il parle..."
Aujourd'hui, je le comprends encore plus avec un petit bébé de 14 bientôt 15 mois, parce que dès sa naissance, je pensais en SI.
Ça peut sembler triste, défaitiste ou même coureur de "troubles" mais je me considère tout simplement réaliste.
Alors, chez moi ce n'est pas "quand bébé va parler", mais plutôt "si il parle, on espère qu'il parle, on se souhaite que...".
L'espoir est toujours là, la défaite n'y est pas, seulement, que rien n'est acquis, et les quand, ne font que très rarement parti de mon vocabulaire.
Publié par Mystère... à 08 h 13 0 commentaires
Libellés : Tranche de vie et opinions
jeudi 26 juillet 2012
Le déclic - partie 2
Je ne pourrais même pas qualifier ceci de déclic vraiment... mais surtout d'un long cheminement.
J'avais bien remarqué des points particuliers chez la grande cocotte, que j'expliquais par le fait que chaque enfant est différent, que je n'avais pas assez "travaillé" certaines choses avec elle.
Pourtant, ça remonte à loin. Dès l'essaie d'intégration à la garderie j'avertissais la responsable que ma fille était "quelque chose", qu'elle était tough côté sommeil et dormait peu. Je me souviens de sa réponse "Ah vous savez, en venant à la garderie elle va se dépenser plus et elle va dormir".
Ma fille, ma grande, qui était déjà un bébé à multiples besoins. Elle avait déjà des peurs, des angoisses dans les nouveaux endroits, réagissaient aux sons forts. Elle a pleuré, mais tellement à la garderie. Un mois d'essais que nous nous sommes donnés à temps partiel, avec moi qui a dû retourner la chercher plusieurs fois. Elle pleure trop.
Après ce mois difficile, la responsable n'avait plus le même discours et a bel et bien avoué que ma fille était faite tough. Nous avons convenu ensemble, qu'il était mieux de laisser tomber l'intégration qui ne marchait clairement pas.
J'ai eu de la chance, parce que ma mère a accepté de garder ma fille lors de mon retour au travail, malgré les commentaires du genre "Ah ben là, laissez la pleurer elle va finir par comprendre, là elle a gagné". J'ai même eu droit aux accusations comme "C'est la maman qui transmet son angoisse à sa fille". Wow merci!
Le temps a filé, ma cocotte était toujours aussi insécure. Je me souviens encore une fois, d'avoir vu une journée, une maman appelé ses enfants pour qu'ils s'asseoient à la table. Un d'eux avait 18 mois, ma fille était plus vielle. Quelle ne fut pas ma surprise de voir l'enfant accourir pour aller s'asseoir. Euhhh moi je vais encore chercher ma fille, je la prends dans mes bras et je l'asseois, sinon on risque de ne pas souper. Elle ne répondait pas à ce genre de consignes à cet âge-là. Sans compter qu'elle n'avait aucune conscience du danger, et une journée enceinte de 37 semaines, j'ai dû sortir à la hâte de la piscine où nous étions, parce qu'elle s'en allait faire un vol plané dans les escaliers de béton.
Et le temps a continué de filé. Ma fille ne faisait plus de sieste à 22 mois. "Ah, avec moi elle aurait pas le choix de dormir". Merci du conseil!
Et, un hiver, je suis allée en visite chez une amie dont la fille a le même âge. Nous sommes allées prendre une marche et... sa fille SUIVAIT! WOW! Moi je rappelais, je la ramenais sur le bord... Et cette journée, je suis revenue chez moi en me demandant si c'était de ma faute, si je la sortais assez pour prendre des marches puisqu'elle n'arrivait pas à suivre.
Et le temps a passé... la propreté aussi prenait son temps. À vrai dire, elle urinait par terre et pensait que c'était de l'eau! Elle ne faisait aucun lien entre elle et le liquide par terre. Elle continuait de jouer dans son linge souillé en tappant dans l'urine, "regarde maman de l'eau de l'eau."
Et elle était toujours aussi énergique et anxieuse. Elle pleurait toujours autant en visite, elle en tremblait, tout comme elle pleurait à chaudes larmes pour ne pas monter les escaliers ouvertes (sans contremarche). "Ah ben là, faut la forcer elle vous manipule."
Et moi je me disais qu'en vieillissant ça se placerait. Mais elle avait peur des bruits, des sons, des pannes de courant, des lumières qui clignotent, des stoppeurs de porte au point de trembler quand elle en voyait un, au point de refuser d'entrer dans une pièce où une lumière avait clignoté. Elle avait peur des enfants. Elle pleurait quand ils voulaient jouer avec elle.
Et je l'ai inscrit à la garderie, et elle a pleuré. Elle a pleuré lors de la visite, elle angoissait à ce que je la quitte même si on lui expliquait que je restais près d'elle.
Et je culpabilisais de plus en plus de ma difficulté à la contrôler, partout où on allait, la voir courrir, distraite, angoissée, tremblante, isolée dans son coin...
Et un jour, je me suis sentie au plus au point, très mal à l'aise de son comportement pour la dernière fois.
Cette journée, de mon rendez-vous chez le médecin pour Tommy avec la cocotte qui m'accompagnait. Ou plutôt ma tornade! Qui aussitôt entrée dans le bureau, alors que je m'occupais de Tommy qui pleurait, elle avait dans les mains, une jar en vitre rempli d'un liquide bleu. "Mais c'est quoi ça?"
Pose ça tout de suite, viens t'asseoir. S'asseoit dans une chaise, 2 secondes, se relève, touche à un instrument, reviens dans la chaise, 2 secondes, à genoux sur la chaise, touche aux papiers sur le bureau, touche au cadre du médecin.
Et moi... j'ai envie de disparaitre, je me sens la pire mère du monde. Et le docteur me demande "elle a quel âge" et moi de répondre, bientôt 4 ans. Et le docteur de lui parler, de lui expliquer alors qu'elle l'ignore totalement, qu'elle ne le regarde pas du tout, qu'elle ne doit pas toucher à ses choses, qu'elle n'aimerait pas que lui arrive chez nous et touche à ses jouets, et elle, de s'en "foutre" totalement. Elle dépose le cadre, 2 secondes, elle le reprend.
On arrive à jaser un peu, elle se ramasse au fond, encore une fois la jar dans les mains, qu'elle donne au docteur, qui lui demande pourquoi elle a touché à ça et elle de demander "mais qu'est-ce que c'est?".
Et moi de demander au docteur qu'est-ce que je peux faire pour ma fatigue, alors que je suis sur le point de quitter le bureau après notre discussion sur le risque de TED pour Tommy. Et lui de me répondre, "mais ne cherchez pas trop loin, avec les enfants que vous avez, il y a de quoi être fatigué, ils en valent deux chaque". Et moi, le malaise commençant à se dissiper, de demander pourquoi au médecin, qui m'explique que ma fille a très fort probablement un TDAH (il s'y connait puisque c'est une de ses principales clientèles et il a eu des formations sur le sujet). Elle est faite comme ça, c'est pas votre faute.
Et moi, je suis sortie légère du bureau, avec un docteur compatissant à ma cause.
Mais ça aurait dû s'arrêter là. Et j'ai commencé à en parler, à lire sur le sujet.
J'en ai parlé à l'éducatrice de la garderie qui a eu comme réaction "*soupir*". "Vous savez, je n'osais pas trop vous en parler mais il y des petites choses particulières chez votre fille".
Et lorsque Tommy a commencé les démarches d'évaluation, on a parlé de la grande, parce qu'ils demandent comment va la fratrie. Ben la fratrie m'a mis au bord de l'épuisement. Ah oui? Pourquoi? Et on a recommandé que le CLSC vienne observer à la maison et à la garderie.
Et j'en ai parlé encore, et des gens m'ont dit que ça leur faisait penser à leur enfant diagnostiqué Asperger. Et moi de lire un texte sur le sujet, et le faire lire à ma mère qui pleure en le lisant.
Et ce sont par la suite trois longues années de batailles qui se sont enchaînées, pour tenter de faire reconnaitre cette particularité chez la grande. Pourtant, malgré qu'aujourd'hui le diagnostic soit posé, je sais que je n'ai pas réussi à convaincre réellement les personnes "spécialisées", parce qu'elle est trop un gros mélange de tout... On en restera donc au "déclic" d'un mystère qui ne sera peut-être jamais officiellement résolu.
Publié par Mystère... à 21 h 18 0 commentaires
Libellés : la mystérieuse
mardi 24 juillet 2012
Le déclic - partie 1
Je ne sais plus si j'ai déjà abordé le sujet tel qu'aujourd'hui. Il me semble en avoir déjà parlé par-ci par-là dans d'autres sujets mais sans aller en profondeur vraiment. Je ne suis plus certaine...
Le déclic. Tout le monde l'a eu un jour, que ce soit par un médecin qui a émis l'hypothèse, et l'idée qui fait son chemin avec des "flash" de souvenirs, que ce soit après une période de déni, ou bien que le déclic vous est venu par vous-mêmes.
J'aimerais d'ailleurs si ça vous le dit, vous lire à ce sujet dans les commentaires ou sur la page facebook!
Aujourd'hui, j'avais donc envie, dans un moment de nostalgie, de vous parler du déclic qui s'est fait sur les hypothèses de TED chez les enfants.
Commençons donc par le début, avec Tommy parce que c'est lui qui a commencé cette grande aventure.
Tommy était un bébé "comme les autres" à mon avis bien personnel. Je savais qu'il avait un retard au niveau du langage et j'avais même questionné quelques médecins à ce sujet.
On m'a dit que c'était un garçon, que les garçons sont moins vites, plus paresseux.
L'autisme, je ne connaissais pas. Tout ce que j'en connaissais c'était un vieux souvenir d'un film avec un enfant qui faisait tourner des assiettes et qui criait assez fort. Je connaissais ce que je lisais sur un forum, à vrai dire, pas grand chose, seulement surtout le désarroi de la maman qui faisait les démarches pour son enfant, qui parlait de l'automutilation et de jouer avec ses doigts devant ses yeux. D'aimer les choses qui tournent et lumineuses.
À un certain moment, je me suis un peu tannée de ne pas avoir de réponses et surtout aucun soutien des médecins. J'avais même questionné un médecin un peu avant ses 2 ans sur mes inquiétudes concernant son alimentation qui se dégradait pour me faire répondre que j'avais seulement à arrêter de le gâter et de l'envoyer à la garderie que ça règlerait le problème.
Par la suite, j'ai eu une discussion vers ses 2 ans avec une personne d'un forum qui m'a envoyé le test de dépistage CHAT. Tommy évidemment échouait le test et le papa tombait en état de panique de voir le mot AUTISME écrit sur le titre du test. Moi j'essayais de le rassurer que ce n'était pas ça puisqu'il ne répondait pas aux critères que j'avais de l'autisme. Il riait, souriait. Je me souviens TRÈS bien de cette journée-là.
J'ai commencé à en parler, à ma mère, j'observais des comportements comme Tommy qui aimait le reflet du soleil sur le plancher. Il regardait les stores, voyait que ça déplaçait le reflet, mais il ne s'y attardait pas plus de 2-3 minutes. Voir moins. Je discutais ce jour-là avec ma mère qui était témoin de la scène et je disais que ça ne pouvait pas être de l'autisme, un enfant autiste aurait fait ça durant des heures non?
Suite au test CHAT j'ai appelé le CLSC pour des démarches, orthophonie et éducatrice spécialisée. J'ai rencontré le travailleur social qui n'y connaissait ABSOLUMENT rien aux enfants. Il a parlé de TED (euhhh??) disant que l'éducatrice spécialisée s'occupait de voir le comportement de l'enfant que parfois ils dépistent certains troubles, mais que ce n'est pas le cas de tous les enfants. De toute façon dans ma tête il n'est pas autiste un autiste ça ne rit certainement pas autant et ça ne joue pas à coucou avec papa et maman.
J'en parle même à l'éducatrice de garderie de ma fille, qui me parle de TED-NS????
Ok il peut avoir un TED? mais certainement pas autisme.
Et cette journée dont j'ai déjà parlé ici est arrivée. Un médecin, au sans rendez-vous, parce que Tommy pleure beaucoup et que je veux m'assurer qu'il n'a pas mal aux oreilles. Je lui parle de sa grève de la nourriture, de ses pleurs, qu'il ne parle pas.
Le médecin me regarde "d'autres choses avec ça?". Il osculte mon garçon qui pleure et pleure. Et à un certain moment, il me revient avec le risque de TED. Un médecin... à l'écoute, pour une fois, qui voit bien le problème avec notre garçon. Il m'explique qu'il faut vraiment que je fasse les démarches au plus vite, que ça presse.
Il me parle vaguement du TDAH fort probable chez ma grande (j'aborderai le sujet dans un autre message je manque de temps!).
Moi, je sors de ce rendez-vous le sourire aux lèvres. Une brique de moins sur les épaules. Je ne suis pas folle, mon gars a quelque chose, ma fille n'est pas juste mal élevée.... C'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher de sourire de sentir que j'aurai des réponses... et je garoche cette nouvelle, le sourire aux lèvres au papa qui lui se prend la tête à deux mains en annonçant que le médecin m'a dit qu'avec notre situation il est fort possible que la minie puce (qu'il n'a pas vu cette fois-là) ait peut-être aussi un petit quelque chose, vu les risques génétiques de ces troubles.
C'est à ce moment que j'ai commencé à chercher, que je me suis inscrite sur des forums et que j'ai commencé mon entrée dans ce monde mystérieux et compliqué du trouble envahissant du développement. Et c'est au fur et à mesure de mes recherches que j'ai compris que l'autisme, ce n'était pas seulement de faire tourner des assiettes.
Publié par Mystère... à 15 h 09 4 commentaires
Libellés : On parle de Tommy